L’Europe est aujourd’hui hémiplégique, car elle dispose d’une monnaie unique sans véritable budget ni fiscalité.

Or un budget commun, alimenté par des ressources fiscales propres, lui permettrait de souscrire des emprunts communs, l’autorisant à développer des politiques conjoncturelles et des stratégies d’investissement dans les filières d’avenir au bénéfice de tout le continent.

Non seulement son budget, actuellement alimenté par des contributions des Etats-membres est ridiculement faible, à 1 % du PIB de la zone, mais il nourrit des contestations et des incompréhensions dilatoires entre Etats-membres (avec des remises aux plus réticents), mais l’UE, en créant le marché Intérieur a vu ses ressources propres s’effondrer (logiquement) avec la disparition des droits de douane.

Ce porte-à-faux entre une monnaie puissante et un budget contraint est à la source du Pacte de Stabilité basé sur les critères « aveugles » du Traité de Maastricht, afin que le cours de la monnaie ne soit pas hypothéqué par le laxisme dépensier des uns au détriment de la rigueur des autres. Il en résulte un clivage intra-européen grandissant entre les pays « frugaux » du Nord et les pays « laxistes » du Sud, la France ayant intégré cette seconde catégorie.

Face à une telle distorsion qui menace la monnaie unique et partant la construction européenne, il apparaît nécessaire :

  • de clarifier le partage des compétences entre l’UE et les Etats-membres, en ne déléguant à l’Union que les compétences assurant à ses peuples une valeur ajoutée réelle en matière d’amélioration de la compétitivité économique de la zone, d’amélioration de leur niveau de vie, et de protections sociales, démocratiques, commerciales et sécuritaires à la mesure des menaces internationales ;
  • de réformer le Pacte de Stabilité au profit d’un accompagnement différencié par Etat- membre des réformes structurelles et des stratégies de développement économique et sociale des Etats-membres ;
  • de doter l’UE de ressources propres consistant notamment en des fiscalités et taxes nouvelles neutres sur les conditions de concurrence intra-européennes, écologiques ou appliquées aux échanges internationaux en fonction de conditionnalités sociales ou environnementales, ou d’intérêts stratégiques communautaires. Cette perspective, longtemps avancée par la gauche française, est en passe de trouver un débouché dans la suite de l’accord historique du 21 juillet 2020 sur la relance de l’économie européenne par un emprunt communautaire basé sur de futures ressources propres.

Chapitre 6, avant-propos | La « Pax europeana » : un engagement d’identité et d’indépendance

Chapitre 6 | 6.1  En finir avec les ambiguïtés européennes de la France

Chapitre 6 | 6.2  Assumer le bilan de la construction européenne

Chapitre 6 | 6.3  Développer une « Europe à options » dans le cadre des Traités actuels

Chapitre 6 | 6.5  D’une Europe des appels d’offres à une Europe des choix industriels

Chapitre 6 | 6.6  Vers une Europe des convergences sociales

Chapitre 6 | 6.7  Investir dans la jeunesse européenne

Chapitre 6 | 6.8 | Une Europe qui protège dans un monde dangereux

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