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Territoires de Progrès défend la social-démocratie et l’Europe à Paris.

La crise du Covid-19 nous plonge dans une introspection quant au sens et à la redéfinition de notre modèle de société et de l’engagement collectif. Elle nous a appris :

> Que la politique de santé publique doit sortir de sa logique purement comptable.

> Que les professions les plus essentielles à notre vie collective sont paradoxalement les moins bien payées.

> Qu’il est risqué de dépendre de l’étranger pour des secteurs aussi stratégiques que les médicaments, les réactifs chimiques et autres matériels.

> Qu’il est possible de diminuer très rapidement les facteurs de pollution et de destruction de la biodiversité.

Heureusement, cette crise a mis en valeur les vertus civiques et humaines des Français, celles des soignants totalement engagés au risque de leur propre santé, mais aussi de tous les citoyens dits de la deuxième ligne qui ont fait tourner le pays, sans lesquels notre vie quotidienne aurait été un enfer.

Enfin, quels que soient les manques qui sont apparus en termes de préparation et de prévention, nos gouvernants ont fait preuve d’une rapidité de prise des décisions faisant face à une situation d’une complexité hors norme.

Mais de quoi demain sera fait ? Nous souscrivons pleinement à l’injonction du Président de la République sur la nécessaire cohésion nationale, et à celle du Premier Ministre qui rappelait devant la représentation nationale « l’objectif de compter sur le civisme de chacun »

C’est donc bien l’implication de la société qu’il faut repenser de fond en comble. Les récentes crises sociales le montrent, ainsi que les attentes répétées des citoyens vis-à-vis de l’urgence climatique, une nouvelle relation au travail demandée par une jeunesse en quête de sens plutôt que de carrières verticales. Car si l’engagement autour des idées reste fort, il revêt des formes variées, prend corps aussi bien dans des entreprises que dans des associations, et suscite de nouvelles relations aux autres. Les responsables politiques ne peuvent plus être en décalage avec les désirs d’engagement des citoyens. Il leur appartient de créer une offre, plus mobilisatrice pour l’engagement.

Cela commence par la clarté sur le projet de société et la vision de long terme proposés, et sur la méthode pour parvenir à les défendre.

La reconstruction ne pourra pas se bâtir sans un nouveau contrat social reposant sur la triade “État-Partenaires sociaux et Territoires” capable de faire émerger des consensus et des compromis lorsqu’ils sont nécessaires. Elle implique de rompre avec la culture de la confrontation. Alors comme certains de nos voisins européens, les responsables publics pourront tirer profit des réseaux sociaux, des technologies, de l’intelligence artificielle, plutôt que les subir ; en somme il s’agit de bénéficier de l’énergie qui foisonne à travers le pays plutôt que se battre contre elle.

La crise fait émerger trois priorités : la justice sociale, la solidarité et l’environnement, auxquels il faut ajouter la renaissance d’une Europe unie et forte.

La Justice sociale s’adresse d’abord à la correction des inégalités qu’il faut prévenir plutôt que guérir. Elle repose sur l’impératif d’assurer l’éducation dès l’âge de trois ans, de fournir des efforts en faveur de la formation continue. Elle suppose de prendre à bras le corps la question de l’inégalité entre les hommes et les femmes, terriblement remise à l’ordre du jour par les semaines de confinement. 

La solidarité que nous devons assurer est d’abord inter-générationnelle. Elle concerne les professions les plus vulnérables, comme les agriculteurs, les artisans, les petits commerçants.

Un environnement restauré où l’humain apprend à respecter la terre, son seul vrai patrimoine. La crise sanitaire nous a montré combien vivre dans des villes presque sans pollution pouvait être réalisable. Mais la bataille pour le climat doit avancer avec nos partenaires européens.

Dans l’immédiat pour éviter d’amplifier la catastrophe sociale provoquée par la pandémie, nous devrons donner la priorité aux mesures destinées à la relance de l’économie, dans le strict respect de la sécurité sanitaire des salariés. L’effort demandé devra être partagé par l’ensemble des acteurs qui contribuent à la production.

Mais demain, tous ces programmes de justice sociale, de solidarité, de préservation de l’environnement devront être financés, et nous ne disposons pas de beaucoup de marge de manœuvre s’agissant du recours à l’impôt. Pour un certain temps encore, l’environnement économique mondial nous permet d’avoir recours à l’endettement. Plus tard, il faudra se pencher sur de nouvelles réformes fiscales et un examen critique des dépenses.

Surtout, pour reconstruire nous devons changer d’état d’esprit. Nous sommes à l’heure de choisir entre la défiance, la complaisance dans l’envie permanente d’en découdre, empêchant ainsi tout changement de modèle de société, ou la recherche du consensus et du compromis, moins vendeur sur les réseaux sociaux, pour se donner une chance de construire enfin un modèle social plus juste.

C’est pourquoi nous appelons les forces vives ouvertes, constructives, qui partagent nos ambitions de renouveau social, à se réunir dès maintenant, et à faire entendre leurs voix, à Paris, comme dans tous les territoires de France et d’Europe pour bâtir les havres de paix où nos enfants pourront s’épanouir. 

Par Hélène Roques, Déléguée “Territoires de Progrès” Paris, Alex Menu (1,2,3,4è), Okba Merabet (5è), Daphné Joseph-Gabriel (6è), Samuel Teichman (7è), Maxime Baduel (12è), Benjamin Igranaissi (13è), Claire Blettery (14è), Olga Trostiansky (15è), Arnaud de Gontaut Biron (16è), Lea Nedweed (16è), Julien Vieira (10è), Jean-Marc Pasquet (11è), Adrien Lavayssière (19è), Béatrice Faillès (18è), Aurelia Caruso (19è), Florence de Massol (20è), Deniz Boy (20è), Mohamad Gassama (20è).

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1 réponse
  1. Jacques Baldet
    Jacques Baldet dit :

    Cet appel au sursaut des forces constructives est un texte qui témoigne d’une grande cohérence à la fois dans son diagnostic de la situation post-covid et dans la définition des objectifs prioritaires de notre mouvement.

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