Au moment où la liberté est mise en danger par des terroristes fanatiques, il faut nommer l’indésirable sur notre sol : l’islam radical. Après des années de déni, voire de complaisance électoraliste, le président de la République a pris le parti du courage, de la clarté et de la responsabilité en désignant l’ennemi. La France républicaine ne peut pas devenir une mosaïque de communautés, religieuses, ou sociales. Elle veut rester une République de citoyens libres et égaux en droits et en devoirs.

Pour nous, le choix est donc clair : il est celui de la République. La laïcité en est le cœur, garante de notre liberté de conscience et de notre unité nationale. Loi de liberté et d’apaisement, la loi de 1905 séparant les églises et l’État a renvoyé la foi à la sphère privée et exclu les églises du champ politique.

Mais force est de constater aujourd’hui qu’une entreprise politique dévoyant l’Islam voudrait imposer une loi religieuse factieuse en rupture avec nos valeurs laïques, démocratiques, d’égalité entre les hommes et les femmes et de neutralité éducative.

Ce combat pour la laïcité n’aurait jamais dû être abandonné à la droite

Face à cette dangereuse entreprise, la République est en état de légitime défense. Il s’agit aussi de protéger de cette emprise l’immense majorité de nos compatriotes musulmans qui vivent en paix dans la citoyenneté française alors que les islamistes voudraient les séparer de la Nation.

D’ailleurs, ce combat pour la laïcité n’aurait jamais dû être abandonné à la droite et moins encore aux ambiguïtés de l’extrême droite. Aussi, en soutenant l’initiative du président la République, il ne s’agit pas d’imposer des contraintes particulières aux musulmans de France. À cet égard, nous devons veiller à ce que tous les cultes soient mis sur le même plan et que la République tienne ses promesses notamment à l’école, creuset où se construisent, dès le plus jeune âge, l’émancipation et le respect du bien commun. On ne peut donc qu’être inquiet de l’explosion des écoles hors contrat et de la scolarisation à domicile quand elles traduisent la volonté d’extraire les enfants de l’esprit scientifique, de trier dans les connaissances et d’interdire certaines disciplines sous prétexte qu’elles contreviennent au dogme. Une école hors contrat ne peut s’ouvrir sans qu’on ait au préalable contrôlé les compétences des enseignants et des dirigeants, puis s’assurer du respect des programmes et de leur neutralité philosophique et politique.

À cet égard, les mesures envisagées par le président de la République doivent être soutenues et mises en œuvre sans faiblesse, à commencer par la décision historique d’imposer la scolarisation obligatoire dans des structures scolaires à partir de 3 ans.

La République, c’est aussi la liberté de conscience et donc la liberté de culte, pourvu qu’elle ne trouble pas l’ordre public. Les lieux de culte ne peuvent pas être des foyers de remise en cause de la République et des valeurs de notre société démocratique. Le contrat de confiance entre l’État républicain et les cultes doit reposer sur la clarté, la transparence et l’équité notamment pour ce qui concerne les lieux de culte.

L’État serait ainsi en droit de s’assurer que ces bâtiments ne sont pas des lieux de conspiration contre la République. Cette disposition entraînerait d’elle-même un contrôle de la formation et de la nomination des imams de France, tel que l’envisage le président de la République.

Mais une loi ne fait pas tout. Encore faut-il que nos concitoyens de confession musulmane ne se sentent pas exclus de la communauté nationale car il ne peut y avoir de lutte contre le séparatisme politique sans une lutte tout aussi exigeante contre toutes les formes de “séparatisme” : social, territorial, culturel, de cadre de vie, et d’accès à l’emploi. L’égalité des chances est la meilleure arme contre les tentations de séparatisme.

Aussi, après le courageux discours du président de la République, nous souhaitons un débat serein, dans la réaffirmation claire de nos principes républicains. Nous y prendrons toute notre part.

Tribune originale parue dans “Marianne“, 9 oct. 2020

Signataires, membres du Comité exécutif de Territoires de Progrès :
Gilles Savary, délégué général et ancien député PS
Yves Durand, président du conseil national, ancien député PS (59)
Laurent Bonnaterre, délégué national adjoint, maire de Caudebec-lès-Elbeuf
Aude de Castet, déléguée nationale adjointe, conseillère municipale
Muriel Vergès Caullet, actuelle conseillère régionale Bourgogne-Franche-Comté
Nawja El Haïté, déléguée nationale adjoint, adjointe au maire (91)
Bernadette Laclais, ancienne députée PS et maire de Chambéry (73)
Felix Meysen, secrétaire général adjoint, collaborateur politique
Jean-Marc Pasquet, haut fonctionnaire
Hélène Roques, déléguée aux questions sociétales et déléguée Paris
Véronique Hamayon, haut fonctionnaire

Les députés signataires, en double appartenance avec Territoires de Progrès :
Eric Alauzet, député (LREM) du Doubs

Christophe Arend, député (LREM) de Moselle
Francis Chouat, député (LREM) de l’Essonne
Françoise Dumas, députée LREM du Gard
Pascale Fontenel-Personne, députée (apparentée MoDEM) de la Sarthe
Alexandre Freschi, député (LREM) de Lot-et-Garonne
Anne-Christine Lang, députée (LREM) de Paris
Michèle Peyron, députée (LREM) de Seine-et-Marne
Sophie Beaudoin-Hubière, députée (LREM) de la Haute-Vienne
Pierre Venteau, député (LREM) de Haute-Vienne
Jean-Michel Mis, député (LREM) de la Loire
Monica Michel, députée (LREM) des Bouches-du-Rhône
Yves Daniel, député (LREM) de Loire-Atlantique
Anne Brugnera, députée (LREM) du Rhône

Cécile Rilhac, députée (LREM) du Val-d’Oise


2 réponses
  1. Le Métayer-Morice Donatien
    Le Métayer-Morice Donatien dit :

    Tout mon soutien à cette tribune, le citoyen et l’éducateur que je suis se retrouve pleinement dans vos propos, la France est une république laïque. Et il est de la responsabilité de tous ceux et celles qui la cherissent de défendre ses valeurs, ses principes inaliénables afin que nous fassions société.
    Donatien Le Métayer-Morice

    Répondre

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