La victoire de Joe Biden au terme de l’élection présidentielle américaine la plus tumultueuse de ces dernières décennies est d’abord une délivrance de la plus affligeante présidence que se soit donné le pays de Jefferson et de Lincoln.

Elle constitue un sursaut démocratique réconfortant après 4 interminables années de présidence Trump qui n’ont cessé d’enchainer les provocations diplomatiques, de fracturer la société américaine et de flatter ses vieux démons du racisme, de la misogynie et de la violence civile.

Il lègue aux USA des inégalités et un chômage record, un déclin de l’influence américaine dans le monde ainsi qu’une altération profonde du « rêve américain » et des valeurs qu’il porte depuis la Déclaration des droits et la fondation de la première grande République moderne.

Donald Trump, en pratiquant ostensiblement un gouvernement du mensonge, du complot et des fake news sur les réseaux sociaux a considérablement déprécié l’image de la démocratie, au risque de contaminations durables des opinions publiques d’autres grandes démocraties comme la nôtre.

La victoire de Joe Biden, et celle tout aussi importante de Kamala Harris comme première vice-présidente américaine, dépasse l’enjeu d’une élection présidentielle américaine : elle représente un immense soulagement pour tous les démocrates de la planète.

Elle démontre l’importance du vote et de la participation en démocratie, chaque suffrage exprimé en faveur de Joe Biden pouvant s’estimer décisif de sa victoire, dans un contexte de mobilisation record de l’électorat américain.

Elle constitue une satisfaction pour la gauche sociale-démocrate en difficulté en Europe.

Elle remet en selle la lutte contre le réchauffement climatique par le retour des USA dans l’Accord de Paris.

Mais les résultats de cette  élection témoignent aussi de l’audience considérable des forces du cynisme, de la division et du mensonge au sein de nos vieilles démocraties et traduit un déplacement des clivages politiques fondamentaux vers une opposition entre démocrates universalistes et nationaux-populistes identitaires, qui n’épargne pas la France.

– Gilles Savary, délégué général de Territoires de Progrès

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