Dès son lancement le 1er février 2020, Territoires de Progrès a souhaité avant tout ancrer son action dans une réflexion de fond et la production d’idées. En parallèle de sa structuration et de la mise en place d’instances provisoires, le mouvement a ainsi multiplié les productions écrites visant à préciser son positionnement social-réformiste au sein de la majorité présidentielle. Nous souhaitons que l’adhésion au mouvement s’opère sur la base d’une ligne politique claire et des propositions générales et territoriales concrètes pour le pays.

Aujourd’hui, un an jour pour jour après la tribune “75 soutiens de Macron appellent à la création d’un pôle de gauche dans la majorité” (JDD, 19 octobre 2019) et un mois après notre première rentrée politique en présence de six ministres et de parlementaires, Territoires de Progrès rend publique sa pré-plateforme programmatique “Construire la République de la qualité de la vie pour tous” (chapitres ci-dessous). Le samedi 19 septembre dernier, Gilles Savary, délégué général et Hélène Roques, déléguée aux questions sociétales en avaient déjà présenté les grandes lignes directrices. Ces réflexions programmatiques, qui vont continuer à être enrichies via différents groupes de travail thématiques, complètent aussi notre socle de positionnement social-démocrate qui s’est renforcé au fil de ces mois à travers nos communiqués, prises de parole et tribunes diverses.

A ce stade, la version longue de cette pré-plateforme (l’équivalent d’un document word de 70 pages) comporte 6 grands chapitres (ci-dessous) comme “Le choix du réformisme écologique plutôt que la rupture autoritaire : agir local et agir global !”, “une société de solidarité, de respect et d’égalité des chances”, “la «Pax europeana» : un engagement d’identité et d’indépendance“.

Dans une démarche participative, Territoires de Progrès invite ses adhérents, partenaires sociaux-démocrates et toute personne le souhaitant, à faire part de leurs avis et réflexions dans les commentaires des chapitres sur le site www.territoiresdeprogres.com, par mail : IdeesTdP@territoiresdeprogres.com, ou dans le cadre de prochaines visio-conférences et réunions locales dédiées à cet effet.

Cette plateforme doit désormais être complétée par des propositions et prises de position à échelon essentiellement territorial, selon le principe de décentralisation, différenciation et déconcentration que nous portons dans notre ADN politique.

C’est cette nouvelle plateforme enrichie qui sera présentée lors de notre Congrès constitutif (décembre 2020 ou janvier 2021, fonction du contexte sanitaire) et qui sera soumise aux votes des adhérents. Dans cet objectif, et comme indiqué lors de sa rentrée politique, Territoires de Progrès lancera donc sa première campagne d’adhésion le vendredi 23 octobre, avec un appel à cotisations de 30 euros (10 euros pour les étudiants) au titre de l’année 2020.

Sommaire de la plate-forme

Chapitre 1 | Notre positionnement politique général

  • Faire face au national-populisme à l’extérieur et à l’intérieur du pays
  • Assumer le réformisme social et la culture de gouvernement de la gauche
  • Moderniser la social-démocratie et donner sa juste place à l’exigence écologique

Chapitre 2 | Une République plus démocratique et plus inclusive

  • Réaffirmer fermement nos principes républicains
    – Retrouver le consensus républicain
    – Une école d’aujourd’hui, pour une République de notre temps
    – La laïcité : loi fondamentale du vivre-ensemble républicain
  • Adapter nos institutions aux nouvelles aspirations démocratiques
    – Redonner un réel pouvoir au Parlement
    – Impliquer les partenaires sociaux dans la transition écologique
    – Pour une décentralisation de pleine responsabilité
    – La participation, enrichissement de la démocratie représentative
  • Reconquérir les territoires par un réinvestissement territorial de l’Etat
    – Reconquérir nos quartiers d’habitat social
    – Renforcer la présence territoriale des grands services publics et des réseaux d’infrastructures nationaux
    – Redynamiser le territoire à partir des solidarités villes-campagnes
    – Les réseaux de petites villes, objectif prioritaire d’une nouvelle politique nationale de coopération et d’aménagement du territoire
    – Réarmer nos espaces ruraux

Chapitre 3 | Le choix du réformisme écologique plutôt que la rupture autoritaire : agir local et agir global ! 

  • Dépasser les excès du productivisme et du consumérisme
  • La transition écologique par les incitations et l’innovation plutôt que par la punition
  • La France à l’initiative d’une Organisation mondiale de l’environnement
  • Des contrats territoriaux de développement écologique et climatique pour mobiliser l’intelligence et la diversité locales
  • Choisir des batailles prioritaires en matière d’écologie

Chapitre 4 | Une économie de l’avenir, forte de son respect des exigences sociales et environnementales 

  • Réaffirmer le rôle de stratège économique et technologique de l’Etat
  • Poursuivre les réformes structurelles de l’économie française en y introduisant la dimension environnementale et écologique
  • Flexibiliser l’économie et mieux former aux métiers pour sortir de la fatalité française du chômage de masse
  • Impliquer la démocratie sociale dans la transition écologique
  • S’adapter au contexte du travail post COVID-19
  • Prendre la mesure des enjeux sociaux du télétravail

Chapitre 5 | Une société de solidarité, de respect et d’égalité des chances 

  • La protection sociale : une exigence de cohésion nationale
    – Pour une protection professionnelle universelle
    – Le grand âge et la dépendance : nouvelle composante de la société contemporaine
  • Garantir la soutenabilité de notre système de santé
  • Combattre toutes les discriminations, dans le respect des principes républicains
  • Faciliter l’autonomie de notre jeunesse
  • Retrouver la dignité de l’asile

Chapitre 6 | La « Pax europeana » : un engagement d’identité et d’indépendance

  • En finir avec les ambiguïtés européennes de la France
  • Assumer le bilan de la construction européenne
  • Développer une « Europe à options » dans le cadre des Traités actuels
  • Aller vers les solidarités budgétaires et fiscales
  • D’une Europe des appels d’offres à une Europe des choix industriels
  • Vers une Europe des convergences sociales
  • Investir dans la jeunesse européenne
  • Une Europe qui protège dans un monde dangereux

Conclusion | Construire la République de la qualité de vie pour tous

Les associations caritatives qui œuvrent sur le terrain font état d’une progression alarmante de la pauvreté et de la précarité, confirmée par tous les indicateurs disponibles.

On estime qu’un million de nos compatriotes sont en situation de décrochage du fait des conséquences directes de la crise sanitaire.

Ce sont comme toujours les plus fragiles et les plus précaires, qui sont rarement les plus véhéments et les plus revendicatifs, qui sont les plus immédiatement et les plus durement touchés.

A la demande des associations caritatives et de plusieurs parlementaires, dont la députée Fiona Lazaar, le Gouvernement en a pris conscience et a annoncé l’imminence d’un plan national contre la précarité qui doit constituer, dans les circonstances actuelles, une grande Cause nationale.

Le caractère exceptionnel de la période que nous traversons doit nécessiter des mesures de solidarité nationale tout aussi exceptionnelles.

Un autre effet, plus inattendu, de la crise sanitaire est l’accumulation d’épargne privée estimée à environ 70 milliards d’euros, essentiellement au bénéfice des ménages les plus aisés de notre pays.

De la même façon qu’a été mis en place un emprunt COVID cantonné, et afin de secourir les nombreuses familles que la crise sanitaire menace de déclassement social irréversible, nous en appelons à une contribution solidaire exceptionnelle consistant en un « centime additionnel » de l’impôt sur le revenu d’affectation spéciale au financement des mesures d’urgence sociale qui s’imposent.

Ce dispositif fiscal d’un centime par euro payé*, proportionnel à l’impôt, serait fléché vers un fonds “Fraternité” destiné en priorité au financement d’actions à destination des jeunes précaires.

La Fraternité, inscrite au frontispice de notre République, y trouverait tout son sens.

*Un contribuable qui paie 3000€ d’impôts par an paierait donc 30€ supplémentaires.

– Gilles Savary et le Comité Exécutif de Territoires de Progrès

Lundi prochain, 19 octobre, Territoires de Progrès rendra publics de nouveaux et larges extraits de sa pré-plateforme programmatique que nous avions introduite le 19 septembre dernier à l’occasion de notre rentrée politique.

Après l’intervention du président de la République ce matin, les choses sont nettes. La République a un ennemi clairement nommé : l’islam politique qui n’est pas une religion mais un projet politique de destruction de la société. Enfin, Emmanuel Macron rompt avec la complaisance de certains responsables politiques qui, au nom d’une prétendue lutte contre les discriminations, renoncent à faire vivre partout la République. 

La République, c’est d’abord la laïcité qui protège la foi tant que la foi ne s’impose pas à la loi, et garantit surtout la liberté de conscience.

La République doit protéger nos compatriotes de confession musulmane au même titre que les croyants des autres religions et les non croyants. C’est pour eux aussi que l’islam radical doit être combattu avec la plus grande fermeté. 

Mais pour que la République soit respectée, elle doit tenir ses promesses. Promesse d’émancipation et d’égalité : égalité des chances et de dignité en étant intransigeante sur l’égalité femmes/hommes. 

Le président de la République a eu raison de mettre l’école laïque au coeur de la reconquête républicaine. Territoires de Progrès sera en première ligne de la reconstruction du Pacte républicain en participant activement à l’élaboration de la loi annoncée aujourd’hui. 

Face à cet acte de courage républicain du président de la République, tous les Français doivent se rassembler pour condamner tout racisme, notamment à l’égard de nos compatriotes musulmans.

Les menaces de mort proférées contre Madame Marika Bret, la directrice des ressources humaines de Charlie Hebdo, qui la contraignent à vivre cachée et sous protection policière, sont intolérables dans notre pays.

Elles constituent une atteinte inacceptable à sa personne, à la liberté d’expression et à la République. En cette circonstance révoltante, nous exprimons à Marika Bret et à Charlie Hebdo l’expression de notre admiration pour leur esprit de résistance et de notre totale solidarité.

Le climat menaçant qui entoure encore les personnels et journalistes de Charlie Hebdo démontre que cinq ans après le massacre qui a bouleversé la France, des visées séparatistes potentiellement terroristes ou criminelles sommeillent encore dans le pays.

Elles justifient le projet de loi contre toutes les formes de séparatisme qui menacent le Pacte républicain. Il ne s’agit pas de déclarer de nouvelles guerres de religion, mais de faire valoir la légitime défense de la République. On ne transige pas avec les valeurs de la République. Leur défense est de la responsabilité de chacun d’entre nous. 

Par Gilles Savary, Délégué général et le Comité Exécutif de TdP. Co-signataires, Emmanuelle Wargon, ministre du Logement et plusieurs de nos parlementaires dont Eric Alauzet, Christophe Arend, Stéphanie Atger, Sophie Beaudoin-Hubière, Anne Brugnera, Lionel Causse, Emilie Chalas, Francis Chouat, Françoise Dumas, Pascale Fontenel-Personne, Alexandre Freschi, Véonique Hammerer, Xavier Iacovelli, Anne-Christine Lang, Monica Michel, Patricia Mirallès, Catherine Osson, Michèle Peyron, Rémy Rebeyrotte, Cécile Rilhac, Laurianne Rossi, Pierre Venteau et Jean-Marc Zulesi.

Le plan de relance du gouvernement est d’une ampleur sans précédent, mais il est exposé, comme les relances de 1975 et de 1981 à profiter tout autant aux pays producteurs de biens de consommation courante qu’à la France plus spécialisée dans les biens d’équipement.

La réussite de la relance française doit passer, autant que possible par des incitations directes à consommer français.

Certains secteurs ont été mis à genoux par le confinement à l’image de la restauration indépendante. 

Si celle-ci va bénéficier de mesures de baisses de charges, en plus des mesures de chômage partiel et de soutien à l’emploi des jeunes, encore faut-il , comme tous les secteurs d’activités, qu’elle retrouve des clients alors que l’afflux de touristes étrangers est sans doute durablement tari. 

Territoires de Progrès propose, qu’à l’approche des fêtes de fin d’année, une grande opération  « Consommer français » distribue massivement aux salariés 50 millions de tickets restaurants à 10 euros, utilisables également dans les cafés plusieurs jours par semaine.

Cette disposition qui a été mise en place avec un succès incontestable par nos voisins britanniques a le mérite de la simplicité et surtout d’un impact rapide et universel sur l’ensemble des territoires et des centres-villes. De l’autre côté du Channel, la fréquentation des commerces de centre-ville a ainsi bondi de près de 27% pendant la période de mise en œuvre.

Territoires de Progrès appelle de ses vœux une transposition de cette mesure en France pour soutenir la reprise du secteur de la restauration et des cafés, ainsi que son éventuelle extension au bénéfice du secteur du spectacle quand la crise sanitaire autorisera sa reprise.

Par Jean-Marc Pasquet avec Bernadette Laclais, Hélène Roques, Gilles Savary et Muriel Vergès-Caullet | 10 septembre 2020

Logo Territoires de Progrès

Le plan de relance «France Relance» rendu public par le Gouvernement constitue un effort public national sans précédent depuis l’après-guerre qui s’inscrit dans un retour des politiques keynésiennes.

Doté de 100 milliards d’euros sur trois ans, financés à 40 % par un emprunt européen «historique», il traduit à la fois une rupture de méthode et de fond :

  • Fruit de négociations approfondies avec les partenaires sociaux et les collectivités territoriales à travers la mission Cazeneuve, il traduit un retour bienvenu à la concertation en vue de la  mobilisation de toutes les forces vives et des corps intermédiaires du pays, pour sa réussite.
  • Cet effort financier public considérable à fort effet de levier sur l’investissement privé s’inscrit dans une conversion structurelle volontariste de notre économie aux objectifs climatiques et écologiques qui en mobilisent 30% du budget.

Il fait suite à un effort sans précédent de l’Etat en faveur des ressources des ménages pendant la période de confinement à travers la mise en place du dispositif de chômage partiel le plus généreux de la planète et le soutien aux ménages en difficulté.

Il allie donc une politique de soutien social à la demande à une politique de soutien des entreprises et de réorientation écologique de l’investissement qui lui confère les caractéristiques d’une politique simultanée de la demande et de l’offre.

Par ailleurs, son volet social, à travers notamment des dispositions de lutte contre le chômage et la grande précarité et un plan jeunes sans précédentet son volet territorial à travers un partenariat  financier avec les collectivités locales et les territoires et leurs tissus de petites entreprises introduisent une dimension microéconomique de nature à soutenir le redressement de l’ensemble du pays, au-delà des grands secteurs d’activités impactés par le COVID-19.

Il signe le retour de l’Etat stratège et de la dépense publique dans une politique de redressement national équilibrée, adaptée aux contraintes de notre époque, qui vise à concilier relance économique, verdissement accéléré de l’économie, soutien des populations les plus exposées à la crise et reconquête de notre compétitivité sans hausse d’impôts pour les ménages.

C’est un pari pour l’avenir du pays qui nécessitera une mobilisation de l’ensemble de la Nation et de sa volonté à surmonter collectivement la pire crise économique depuis celle de 1929 qui nous avait précipité dans la Seconde Guerre Mondiale.

Il appartient désormais aux Français de le relever, notamment en mobilisant leur 100 milliards d’épargne privée pour contenir le chômage et en assurer le succès sans dommage pour notre système social.

– Gilles Savary, Délégué national “Territoires de Progrès | Jeudi 3 septembre 2020

Le plan #FranceRelance dessiné par Olivier Sampson pour le Gouvernement

Le plus long sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’histoire de l’Union européenne a finalement accouché d’une décision historique. Pour la première fois de son histoire, la Commission européenne va emprunter 750 milliards d’euros et les mettre a disposition des Etats membres les plus touchés par la crise en emprunts (360 milliards) et en subventions (390 milliards). Il s’agira d’une dette européenne conjointe et solidaire, remboursable sur 30 ans par la Commission européenne, qui appelle un pas en avant supplémentaire de l’UE vers des ressources propres. Les eurobonds réclamés par la gauche française lors de la crise des dettes publiques de 2011 se concrétisent.

Il s’agit d’une manifestation de solidarité sans précédent entre les Etats excédentaires et les Etats déficitaires de l’UE, qui ne constitue pas une mesure d’assistance humiliante et restrictive de souveraineté, mais ne nous dispense pas de réduire l’écart économique et budgétaire avec les pays du nord pour qu’elle s’inscrive durablement dans la politique économique et budgétaire de l’UE. La performance politique de cette décision tient au fait qu’elle nécessitait l’accord unanime des 27 Etats membres. Par cette décision, la construction européenne change de dimension politique et économique ! A la différence de l’après-guerre et du plan Marshall, elle assume et finance sa relance économique en toute indépendance et démontre sa valeur ajoutée face aux sirènes nationalistes et souverainistes.

Cet accord historique nous consolera un peu du Brexit qui en a sans aucun doute facilité l’issue. 

Gilles Savary, Délégué Général

Nous prenons connaissance avec un sincère intérêt de la démarche de Laurent Joffrin, convaincus que le pays a besoin d’une offre politique de Gauche profondément renouvelée, enrichie de nouveaux enjeux, mais dans la lignée constructive des partis sociaux-démocrates de nos voisins européens.

« Territoires de Progrès » s’est précisément constitué le 1er février dernier à Pantin autour de Jean-Yves Le Drian et Olivier Dussopt sur ce constat, mais aussi sur la base d’un ancrage territorial dans la plupart des départements de France, à Bruxelles et auprès des Français de l’étranger.

La modernisation de la République contre les populismes et l’exigence d’égalité contre les corporatismes et les discriminations constituent, avec la transition écologique, nos principales priorités politiques. 

Un jour viendra ou les socio-démocrates qui ne veulent pas revenir à la schizophrénie politique, aux dénis et aux tabous idéologiques, ainsi qu’aux fausses synthèses entre faux amis qui ont empoisonné la mandature de François Hollande et précipité le naufrage de la Gauche, devront se réunir en une grande confédération social-réformiste.

Elle ne pourra toutefois s’envisager que dans la clarté des idées et des intentions.

C’est pourquoi, nous suivrons avec attention l’initiative de Laurent Joffrin, son positionnement par rapport au Gouvernement, sa ligne politique, et surtout le “teasing” des mystérieux ralliements politiques qu’il annonce pour l’an prochain à la veille de l’élection présidentielle.

Pour notre part, nous rendrons publique notre plate-forme politique en septembre, en complément des nombreuses productions disponibles sur notre site web et qui précisent déjà notre positionnement.

Gilles Savary, Délégué Général

La déclaration de politique générale du nouveau Premier ministre Jean Castex a tenu ses promesses. Territoires de Progrès salue d’autant plus ce projet gouvernemental progressiste, écologique et républicain qu’il comporte bon nombre d’aspirations et idées qui ont prévalu à la création de notre mouvement.

Il s’inscrit certes dans le « nouveau chemin » tracé par le président de la République, mais avec une tonalité territoriale et populaire affirmée, à la limite de la transgression du conformisme politiquement correct en vigueur.

Sa ligne fermement républicaine et laïque, basée sur l’égalité des chances par l’école et un constat lucide des renoncements de l’autorité et du droit, est de nature à ressouder la cohésion nationale si elle se traduit aussi fermement dans les actes du Gouvernement.

Sans surprise, la priorité de Jean Castex est de faire face à la crise économique et sociale qui s’annonce en conjuguant une politique d’accompagnement social de l’emploi et une politique de relance économique, représentant un effort financier exceptionnel de 100 milliards d’euros, en rupture assumée avec quatre décennies de tentatives de rationalisation budgétaire des politiques territoriales.

L’effort d’accompagnement annoncé pour aider les jeunes à surmonter leurs difficultés nées de la crise sanitaire et de la dégradation du marché de l’emploi constitue un acte de justice et de solidarité particulièrement louable et sans précédent.

L’écologie croissante, aspiration fortement portée par notre jeunesse, trouve une place affirmée dans les mentalités et les orientations des politiques publiques, ce qui constitue un engagement jamais atteint jusqu’alors.

Pour autant, s’il s’inscrit dans le cap de redressement économique et de réactivation de la mobilité sociale tracé par le président de la République, le discours du Premier ministre montre que le « nouveau chemin » de la mandature repose sur un revirement de méthode bienvenu en faveur de la mobilisation des territoires et de la réhabilitation du dialogue social.

Fort de son expérience d’élu local, où gauche et droite ont l’habitude de travailler ensemble dans les structures intercommunales et de dépasser les postures d’appareil et les oppositions systématiques de la scène politique nationale, le Premier ministre en appelle à un nouveau modèle de développement, décentralisé et ascendant, qui complètera utilement la tradition centralisatrice et verticale de la gouvernance française. La création d’un Commissariat au Plan doit bien concourir à faire confiance à l’intelligence et aux capacités propres des territoires.

Cette approche audacieuse, en rupture avec des années d’abandon des territoires à la sélection naturelle des marchés de l’immobilier et de l’emploi, esquisse une réconciliation attendue entre la République et ses territoires.

Elle annonce une réorganisation profonde de la décentralisation institutionnelle, de la présence territoriale de l’Etat, et des solidarités entre territoires urbains et ruraux, qui méritera d’être précisée pour en éclairer l’ambition et les moyens.

Territoires de Progrès sera un acteur enthousiaste et exigeant de cette remobilisation nationale par les territoires de vie.  

La longue interview télévisée du Président de la République, en ce 14 Juillet très particulier, lui a permis de sortir de la communication de crise de ces derniers mois pour remettre l’action gouvernementale en perspective et éclairer le pays de ses intentions.

Il a eu raison de rappeler que les mesures d’amortissement économique et social de la crise sanitaire prises par son gouvernement, notamment de chômage partiel, d’étalement et d’exonération de charges, d’accompagnement des petites entreprises et des ménages les plus modestes, n’ont pas connu d’équivalent dans le monde.

Il faut rendre hommage à l’administration française et aux collectivités locales d’avoir fait preuve d’une efficacité et d’une rapidité d’exécution exceptionnelles dans leur mise en œuvre.

S’il a réitéré la nécessité de donner la priorité absolue à la lutte contre la crise économique et sociale qui est devant nous et, en particulier, de mettre en place des mesures exceptionnelles de protection de l’emploi et de relance économique, il a su situer son propos dans une vision d’avenir et une volonté de tirer parti de cette période pour réorienter profondément le modèle économique français.

Le Président a inscrit son projet de redressement économique de la France dans l’accord franco-allemand du 18 mai dernier qui imprime une orientation historique, plus volontariste et plus solidaire, à la politique économique européenne. Il convient de lui associer l’appui décisif de la BCE, capital pour le succès de la relance européenne et française, dans un monde déstabilisé par le bras de fer entre la Chine et les USA. 

Ce faisant, le Président s’est clairement éloigné d’une conception libérale pour épouser une approche plus volontariste en matière écologique et plus classiquement keynésienne en matière économique, basée sur une politique active de l’emploi, un soutien des filières d’avenir, et un accompagnement de la transition écologique des secteurs traditionnels.

Il a, en particulier, annoncé un projet de soutien à la jeunesse d’une ambition sans précédent.

Pour autant, il inscrit ce virage de la politique gouvernementale, dans le projet de société de sa campagne électorale 2017, consistant à dépasser les blocages corporatistes de la société française, par une promotion de la valeur travail, du mérite, de la mobilité sociale, et de la réussite personnelle, sans en négliger lucidement les résistances qu’il va devoir affronter.

Il a eu raison de ne pas éluder la responsabilité de l’Etat dans la mise en place d’un système de retraite plus juste et financièrement durable, qui suppose cependant la réussite préalable de la relance économique du pays.  

Sur la méthode, son discours, qui fait suite à l’accord de revalorisation des professions de santé du «Ségur de la santé» augure d’un retour bienvenu des partenaires sociaux, de la concertation et de la participation, dans la gouvernance publique du pays.

Par ailleurs, il a tenu à rappeler que son action était guidée par l’acquis des Lumières et des principes républicains de l’Etat de droit, sans faiblesses vis-à-vis des dérives anglo-saxonnes de la démocratie d’opinion et de tout esprit de lynchage public.

Sur un ton spontané et décontracté, non exempt d’autocritique, le Président de la République a invité le pays à saisir l’opportunité d’un changement de modèle de développement dans la continuité de son projet de société et de notre modèle social, et a tenu à exprimer sa confiance dans l’avenir du pays.

Nous jugerons sur pièce des actes que cette profession de foi implique, dans laquelle une gauche social-démocrate, constructive et responsable, peut se retrouver.

Nous restons en particulier en attente du rôle qu’il entend impartir aux collectivités locales et aux territoires dans cette nouvelle impulsion politique.