En prenant connaissance du nouveau gouvernement, Territoires de Progrès se félicite de la promotion de Jean-Yves le Drian, numéro 2 du gouvernement, et d’Olivier Dussopt, qui ont présidé à sa création, ainsi que des responsabilités éminentes renouvelées à Florence Parly et Olivier Véran.

Avec la nomination de Barbara Pompili à la Transition écologique, d’Elisabeth Borne au Travail, de Brigitte Bourguignon à l’Autonomie, d’Emmanuelle Wargon au Logement, d’Eric Dupond-Moretti à la Justice, de Julien Denormandie à l’Agriculture et d’Annick Girardin à un nouveau ministère de la Mer, particulièrement bienvenu, mais aussi de personnalités de droite à la fibre populaire comme Roselyne Bachelot ou Gérald Darmanin, la nouvelle équipe dessine un Gouvernement d’intérêt national plus que partisan. Nous saluons aussi les missions de citoyenneté et de porte-parolat confiées respectivement à Marlène Schiappa et Gabriel Attal.

Pour autant, Territoires de Progrès sera attentif au discours de politique générale du Premier ministre.

Nous attendons une association étroite des partenaires sociaux à la mise en œuvre d’une politique volontariste de protection de l’emploi et de relance économique pour affronter la crise économique et sociale qui est devant nous.

Nous attendons de ce gouvernement, à la fois qu’il réaffirme les valeurs de lutte contre les inégalités et les discriminations, mais aussi de laïcité et de respect de l’autorité publique qui constituent les conditions de notre liberté et le cœur du Pacte républicain.

Nous attendons qu’il tienne la promesse présidentielle de rééquilibrer les pouvoirs par une nouvelle étape de décentralisation associée à un réinvestissement de l’Etat et des services publics essentiels sur les Territoires.

Nous souhaitons qu’il associe à une grande ambition écologique pour le pays une politique publique d’accompagnement économique et social des transitions écologiques et énergétiques afin qu’elles constituent un espoir pour tous, plutôt qu’une crainte pour les salariés des secteurs qui y sont les plus exposés.

Au-delà du casting, c’est dans sa capacité à reconquérir la confiance des Français dans leur démocratie que l’on pourra juger de ce nouveau gouvernement.

A lire | Article CheckNews sur la présence des ministres issus de la Gauche

Comme on pouvait s’y attendre, le second tour des élections municipales 2020 enregistre une abstention supérieure au premier tour de mars 2020 et sonne comme une véritable alarme démocratique s’agissant de l’élection de l’élu préféré et le plus proche des Français. On ne peut que regretter que des modalités de vote à distance n’aient pu être organisées afin que le scrutin soit plus clairement représentatif de toutes les strates de l’opinion. Pour autant, on doit se féliciter que la démocratie ait pu s’exprimer au niveau électoral, comme elle a continué à le faire au niveau parlementaire pendant toute la crise sanitaire.

Le climat particulier qui a entouré ces élections n’a finalement pas constitué la prime au sortant attendue. Ces élections se caractérisent au contraire par de nombreux changements d’équipes municipales, au-delà de tout pronostic. Mais ce scrutin marquera les annales des élections municipales par la poussée électorale spectaculaire des écologistes dans les grandes villes et par des victoires emblématiques comme à Lyon, Strasbourg ou Bordeaux. Ces élections municipales traduisent un regain de fortune à gauche, mais valident surtout, après l’élection européenne de 2019, la montée en puissance électorale d’EELV et ses prétentions de leadership à gauche.

Il en ressort aussi que l’électorat a valorisé des partis qui proposent une vision claire, appuyée sur des valeurs reconnaissables.

La République en marche subit sans surprise une nette déconvenue en payant le prix fort de son exposition aux responsabilités, de sa jeunesse, mais aussi de ses incohérences tactiques et de ses divisions. Malgré un scrutin qui ne leur est pas favorable, le Rassemblement national et La France Insoumise ne figurent pas dans ces élections à leur étiage électoral national. Au total, ces élections locales confirment leur vocation de contre-pouvoir, mais y ajoutent une recomposition du paysage politique à gauche. Elles constituent un message écologique envoyé à l’exécutif, et nul doute qu’il lui faudra en tenir compte.

Enfin, ces élections confirment et traduisent politiquement le fossé sociologique et les fractures territoriales qui séparent dans notre pays les grandes villes des zones périurbaines et rurales.

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Les protestations anti-racistes, parfaitement légitimes, provoquées dans le monde et en France par le décès de George Floyd dans des conditions révoltantes, prennent un tour politique dans notre pays, à la fois peu scrupuleux de sa mémoire, et particulièrement inquiétant pour la République.

Nos forces de l’ordre, sévèrement mises à l’épreuve depuis les attentats de 2015 et par une cascade de manifestations spontanées, refusant toute règle d’encadrement et émaillées de violences urbaines sans précédents, deviennent le bouc émissaire des événements de Minneapolis.

Cet amalgame, que certains éléments que l’on veut croire minoritaires traduisent aujourd’hui par une indignation qu’ils n’ont pas manifesté dans le passé pour des crimes antisémites particulièrement odieux, est choquant parce que l’antiracisme ne peut pas être sélectif, et parce qu’il condamne injustement, en bloc et sans nuance, les gardiens de notre sécurité collective et des lois de la République.  

Si nous devons être particulièrement exigeants et fermes sur le comportement et l‘éthique professionnelle de nos forces de l’ordre dans l’accomplissement de leur mission, cela ne saurait se traduire par une suspicion systématique et un opprobre général à leur encontre, et encore moins par leur démotivation au service du pays face à la montée des comportements agressifs et violents.

La difficulté de leur tâche exige notre vigilance mais aussi notre respect et le soutien de la Nation.

La Révolution française nous a enseigné que la Loi est la règle commune qui libère et protège, et que nul ne saurait s’affranchir de son respect qui est garant de la paix civile et du vivre ensemble, au premier chef nos forces de l’ordre, mais aussi tout citoyen quel qu’il soit.

A défaut, notre société serait livrée à la jungle de l’arbitraire et à la soumission des plus faibles à la loi du plus fort.

En ce moment de fractures françaises, ne perdons pas de vue qu’il n’y a pas de République libre sans l’exercice d’une Autorité  publique.

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Territoires de Progrès, mouvement social-démocrate et européen autour des ministres Jean-Yves Le Drian et Olivier Dussopt, poursuit sa structuration territoriale avec la désignation d’une déléguée de Paris, de deux responsables de secteur, et des premiers responsables d’arrondissement.

Hélène Roques, Déléguée de “Territoires de Progrès” à Paris, Benjamin Igranaissi, responsable Paris Centre et Sud, Jean-Marc Pasquet, responsable Paris Nord et Est, et les responsables d’arrondissement représenteront le mouvement auprès des Parisiens et défendront les valeurs de progrès, solidarité, urgence climatique et exigence démocratique.

Nos référents présentent une diversité de parcours personnel, d’expérience politique et de vie professionnelle. Ils porteront donc des regards complémentaires sur les chantiers à mettre en œuvre pour faire vivre ces valeurs mais aussi sur leurs facteurs de succès et d’efficacité.

Nous sommes tous animés par une grande détermination de servir la collectivité autour d’un projet progressiste clair. Rejoindre Territoires de Progrès permettra de trouver les ressources nécessaires pour se préparer à renouveler l’offre politique.

C’est pourquoi nous publions ce jour un texte collectif, un « Appel au sursaut des forces constructives » afin de partir à la rencontre de celles et ceux qui partagent nos ambitions de renouveau social.

Des premières réunions thématiques seront organisées tout au long du mois de juin et jusqu’au Congrès du mouvement prévu à la fin de l’année pour finaliser son organisation à travers un processus démocratique. 

📲 Contact : Hélène Roques | 06 17 61 14 34 | heleneroques@territoiresdeprogres.com | https://territoiresdeprogres.com/delegation-paris/

Yves Durand, président du Conseil national de Territoires de Progrès et ancien député du Nord, se félicite des conditions du retour à l’école et au collège de nombreux élèves dès mardi prochain. Tous les personnels de l’Education nationale se mobilisent pour réussir la reprise progressive et prudente des cours après plusieurs semaines d’enseignement à distance. Il reste dès maintenant à organiser la rentrée de septembre pour personnaliser le parcours scolaire de chaque élève, notamment ceux qui ont décroché pendant le confinement, et accompagner les enseignants dans leur difficile mais nécessaire tâche.  

Confiance dans l’école de la République et dans tous ceux qui la servent ! Qu’ils en soient remerciés.

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La prochaine étape de déconfinement présentée par le Premier Ministre est une bouffée d’oxygène pour les Français. Elle augure d’un retour à la normale pour l’été si la régression de l’épidémie se confirme. 

Les Français par leur discipline, comme le Gouvernement par son sang-froid, auront permis de traverser cette épreuve avec dignité et esprit de résistance. La gestion maîtrisée et progressive du déconfinement ne doit pas démobiliser notre vigilance et nos précautions sanitaires. 

Si notre mémoire reste habitée des deuils de nombreuses familles, notre attention doit désormais se porter sur celles et ceux de nos compatriotes qui vont payer le prix fort du Covid-19 en perte d’activités, d’emplois et de ressources. 

Nous devons être aussi solidaires sur ce front comme nous l’avons été sur celui de la maladie.

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Lancé le 1er février 2020 à Pantin (93), Territoires de Progrès, mouvement social-démocrate et européen autour des ministres Jean-Yves Le Drian et Olivier Dussopt, franchit une nouvelle étape avec la désignation de ses instances provisoires et de ses premiers délégués régionaux et départementaux.

Autour de Gilles Savary, son délégué national, le Comité Exécutif de Territoires de Progrès compte 26 membres, en majorité des binômes, dont plusieurs sont également délégués régionaux ou départementaux. Son Conseil politique, présidé par Roland Ries, maire de Strasbourg, regroupe des personnalités élues issues de la gauche.

Un Congrès fondateur se tiendra à l’automne 2020-hiver 2021, précédé fin août-début septembre d’un événement de rentrée.

Complémentaire au Manifeste constitutif, notre dernière tribune « Pour un pacte de renaissance national », publiée jeudi soir sur ce nouveau site Internet, recueille déjà 163 signatures dont de nombreuses personnalités issues de la société civile et des territoires, d’actuels et anciens élus, mais aussi de 19 parlementaires LaREM (Saïd Ahamada, Frédéric Barbier, Julien Bargeton, Sophie Beaudoin-Hubière, Bernard Buis, Françoise Cartron, Francis Chouat, Xavier Iacovelli, Jean-Marie Fiévet, Fabien Gouttefarde, Anne-Christine Lang, Frédéric Marchand, Jean-Baptiste Moreau, Bruno Questel, Cathy Racon-Bouzon, Stéphane Travert, Stéphane Trompille, Pierre Venteau, Jean-Marc Zulesi).

Indépendant de La République En Marche, loin de tout soubresaut parlementaire, Territoires de Progrès s’affirme, au sein de la majorité présidentielle, comme un mouvement constructif et vigilant, soucieux de faire entendre sa propre tonalité et de rappeler son attachement aux valeurs de la social-démocratie.

Fort de la présence et de l’expérience d’actuels et d’anciens élus territoriaux, Territoires de Progrès est en train de préciser son positionnement politique et socle d’idées actuellement nourri et décliné via différents groupes de travail.

Début juillet, un premier livret de propositions thématiques #RéinventonsLaFrance (Pacte républicain & justice sociale | social-démocratie | Écologie | Éducation & Culture | Solidarités & économie sociale | Progressisme | Europe & multilatéralismes | Économie, innovation & technologies | Territoires) sera adressé au président de la République, au Premier ministre, au Gouvernement, aux parlementaires, aux organisations territoriales, syndicales et patronales, entre autres.

> Quel est notre positionnement politique ?

« Nous sommes issus de diverses familles de la gauche républicaine, démocrate, sociale et écologiste. Élus en fonction, anciens ministres, parlementaires ou élus locaux, responsables associatifs ou issus de la société civile, nous nous sentons dépositaires de la culture de gouvernement et de l’engagement européen dont nous avons hérité de nos grands anciens, et nous sommes animés d’un esprit constructif au service du pays et de l’intérêt national.

Nous avons appelé à voter Emmanuel Macron en 2017 pour faire échec aux populismes de tous ordres et de toutes origines qui déstabilisent nos vieilles démocraties, véhiculent des discours démagogiques et menacent les fondements pacifiques de l’ordre international d’après-guerre. Dans les circonstances présentes, nous ne regrettons pas ce vote républicain qui a déjà manifesté des résultats positifs pour le pays et pour l’Europe, avant que la crise du Covid-19 n’en contrarie la dynamique.

Nous aspirons à incarner et défendre les valeurs d’une social-démocratie moderne, libre, indépendante, et ouverte au progrès humain.

Nous sommes résolument républicains et attachés aux biens communs de notre République, mais nous sommes aussi attachés à la modernisation de la vie politique et syndicale, sur la base d’un renouvellement des élites, d’une culture de compromis, et d’une plus grande ouverture à la participation des classes populaires et de la société civile à la vie de la Nation.

Nous estimons qu’une plus grande décentralisation, clarifiée dans ses compétences et ses moyens, assumée dans ses responsabilités, plus proche des citoyens et plus étroitement associée à la définition et à la conduite des politiques publiques doit en constituer la voie d’accès privilégiée, dans l’unité imprescriptible de la République.

Indépendants du mouvement La République en Marche, nous en appelons à un virage social, écologique et industriel de notre modèle de développement, sur la base des enseignements majeurs de la crise sanitaire du printemps 2020, en formulant le souhait d’y entrainer l’Europe. »

Alors que les pharmacies commencent à être alimentées en masques sanitaires et qu’un foisonnement d’initiatives solidaires d’achat et de fabrication par les collectivités et les associations en faveur des habitants entoure la production de masques à travers le pays, un minimum de coordination et de transparence doit accompagner le déconfinement pour assurer l’accès des plus démunis à cet accessoire devenu indispensable, quand ce n’est obligatoire.

Nous en appelons à ce que l’on évite une « foire aux masques » ainsi que des spéculations malvenues, par un contrôle des prix, ainsi que des distributions ciblées aux populations en difficulté sur l’ensemble du territoire national en s’appuyant sur le réseau des CCAS (centre communal d’actions sociales), des MSA (mutuelle sociale agricole) et des CMS (centre médico-social).

Si les Collectivités territoriales à vocation sociale ont un rôle déterminant à jouer dans la distribution des masques, il appartient à l’État de veiller scrupuleusement à éviter pénuries et abus sur l’ensemble du territoire.

La stratégie de déconfinement présentée par le Premier ministre devant l’Assemblée nationale a le mérite du pragmatisme. Progressive, décentralisée, sélective, évaluable et prudente, elle reste étroitement asservie à l’objectif sanitaire, même si elle vise à prévenir le pays d’un « effondrement » économique et social dans un contexte international et européen de déconfinement souvent plus précoce qu’en France.

Ce faisant, cette stratégie choisit de solliciter la responsabilité individuelle et le sens de l’intérêt collectif plutôt que la coercition et un dirigisme excessif de l’État, même si elle les place sous conditions de contexte sanitaire et de réversibilité.

Sa réussite dépend désormais pour une large part des bonnes volontés coopératives de nos concitoyens et des collectivités locales, par-delà de leurs sensibilités politiques.

La confiance et la transparence manifestées par le Premier ministre à l’égard de la représentation nationale dans l’annonce de dispositions qui ne sollicitent pas de textes législatifs, constituent un appel à la cohésion des forces politiques du pays face à l’épreuve que nous traversons.

Nous nous félicitons particulièrement de l’annonce de la distribution de masques gratuits par les services sociaux et les associations caritatives aux populations défavorisées dont nous avions rappelé l’importance ce matin dans un précédent communiqué.

La crise sanitaire du coronavirus constitue incontestablement un événement hors norme qui s’imprimera dans le cours de nos sociétés et, comme toutes les crises de cette rare ampleur, qui constituera une rupture cognitive, idéologique et politique majeure.

Elle ne fera pas l’économie d’une sérieuse introspection sur nos systèmes sanitaires ainsi que sur le sens et la redéfinition de nos modèles de société.

Si la métaphore de la guerre, employée par le Président de la République, a un sens, c’est celui d’abord de nous révéler que, à l’instar d’une agression militaire sur notre sol, elle fait un nombre considérable de victimes, qu’elle nous menace tous, qu’elle sollicite un combat collectif, mais aussi qu’elle exacerbe nos inégalités de conditions et d’efforts, qu’elle a ses rationnés et ses profiteurs,  ses arrières et son front,  et que, comme toujours, ce dernier est tenu par les enfants du petit peuple qui y exposent leurs vies : en 1914, le petit prolétariat rural, en 2020 les personnels de santé, de nettoyage, de collecte des déchets, de caisses, de services à domicile, d’EHPAD, de convoyage des malades et des défunts, de maintien de l’ordre public, etc.

Comme une guerre, cette crise débouchera sur un champ de ruines économiques et de graves difficultés sociales.

Les Français sont d’autant plus désemparés face à ses ravages, qu’ils ont longtemps été entretenus dans l’idée d’être un phare du monde et ont longtemps cru à la supériorité de leur système de santé, classé le meilleur au monde par l’OMS en 2000.

Ils réalisent amèrement qu’ils ne font guère mieux que toute autre nation comparable, malgré le plus haut niveau mondial de prélèvements obligatoires.

Ce qui étonne le plus dans ce contexte, c’est l’ingénuité de certains étonnements : on découvre qu’une gestion trop exclusivement budgétaire de l’hôpital ne fait pas une politique de santé publique, mais aussi que nos dépenses de santé sont pourtant parmi les plus élevées du monde.

> on découvre qu’il est plus confortable de vivre dans un pavillon de province entouré d’un écrin de verdure que dans un logement de cité populaire à Aubervilliers ou une chambre de bonne parisienne.

> on découvre un système de valeurs inversé où les professions les plus essentielles à notre vie collective, qui ne se réduisent pas aux professions de santé, sont aussi les moins bien payées.

> on découvre que l’on ne produit pas tout en France ni en Europe, y compris dans des secteurs aussi stratégiques que les médicaments, les réactifs chimiques  et les matériels de santé.

> on découvre que la surpopulation de la planète, la déforestation et la sur-mobilité démultiplient les risques de pandémie mondiale.

> on découvre que nos villes confinées et nos véhicules immobilisés ne polluent plus.

Après les précédents du Sida dans les années 80 et du H1N1 en 2009, on a la confirmation planétaire qu’il n’y pas pire crise à gérer qu’une crise sanitaire provoquée par une maladie virale inconnue aux remèdes inconnus.

Certes, toute crise charrie ses prédicateurs et ses visionnaires rétroactifs dont seule l’excessive timidité, ou de pieuses amnésies, expliquent qu’ils ne nous aient pas prévenus du risque et de ses solutions avant qu’il ne survienne.

Certes, une telle catastrophe prête à l’humilité et nous invite à accorder pour l’avenir une plus grande attention aux quelques rares alertes de scientifiques, de philosophes, de militaires ou d’acteurs de la mondialisation qui nous avertissaient que nous y étions exposés.

Mais, malgré tout, elle a témoigné de vertus civiques et humaines des Français que l’on croyait définitivement enfouies sous l’individualisme, que ce soit l’admirable abnégation des professionnels de santé et de certains services essentiels, ou la profusion des solidarités qui se manifestent dans l’épreuve.

Et puis, n’en déplaise aux fâcheux ou aux opportunistes de malheur, on a incontestablement assisté à un sursaut de l’État particulièrement réconfortant et spectaculaire du sommet à la base des administrations, que ce soit dans les moyens mobilisés, la rapidité d’exécution des décisions, l’assouplissement des procédures, malgré des conditions de travail très dégradées.   

Mais au sortir du confinement, on va découvrir très vite qu’il n’y a pas d’argent public définitivement magique et qu’à l’urgence sanitaire va succéder une urgence économique moins morbide, mais tout aussi impérieuse.

Le Président de la République et la quasi-totalité des gouvernements ont décidé de faire face à la crise sanitaire “quoi qu’il en coûte”, mais ce “quoi qu’il en coûte” ne sera pas transposable à la gestion de la crise économique, car c’est l’économie, in fine, qui paye le “quoi qu’il en coûte”, à moins que l’on ne recoure aux vieux subterfuges de l’inflation pour les uns ou des dévaluations pour les autres, pour faire payer le peuple.

Des économistes se réjouissent que l’on en revienne à un moment keynésien quasi pur, en préconisant des dépenses publiques sans compter.

Nous devrons assurément revoir nos hiérarchies sociales de rémunérations et revaloriser très significativement les salaires en fonction d’une échelle d’utilité sociale des métiers.

Nous devrons en trouver le financement en resserrant l’échelle des revenus et par une fiscalité plus juste sans pénaliser le financement de l’investissement productif.

Nous devrons introduire de nouvelles règles d’imposition du capital selon qu’il est ou non réinjecté dans l’économie.

Nous devrons envisager un nouveau mode de vie et de nouveaux outils multilatéraux et européens d’intervention contre les atteintes humaines aux équilibres écologiques et climatiques de la planète.

Il faudra revoir nos priorités de santé publique et procéder à une réforme de notre système de santé qui, en dépit de sa formidable adaptabilité à la crise, a montré des limites malgré un niveau de dépenses comparable à celui de l’Allemagne.

Il faudra redéfinir les fondements de notre souveraineté sanitaire, mais aussi industrielle et militaire, à l’échelle nationale comme à l’échelle européenne.

Mais revaloriser les salaires et soutenir notre demande intérieure bénéficiera largement aux pays étrangers tant que nous ne disposerons pas d’une industrie capable de satisfaire à l’essentiel de nos besoins de consommation. Il faudra ne pas lâcher la proie pour l’ombre, et persévérer également dans une politique de l’offre indispensable au rétablissement d’une plus grande indépendance industrielle qui commençait tout juste à manifester quelques résultats avant la crise.

Si l’on doit tirer des enseignements utiles de l’Allemagne ou des Scandinaves à cet égard, c’est que notre redressement économique nécessitera un large consensus, ainsi que la mobilisation de la nation pour la réussite de nos entreprises, plutôt qu’une résurgence aveugle et revancharde d’une lutte des classes autodestructrice.

Ce qui nous distingue vraiment de l’Allemagne et de la plupart des autres pays développés, c’est un climat politique et social infiniment moins favorable à l’entreprise en général, et à l’industrie en particulier. Il ne faut donc pas s’étonner outre mesure que la mondialisation ait offert des lignes de fuite à des pans entiers de notre industrie. Les torts sont partagés mais ils s’auto-entretiennent. Ce qu’enseignent l’Allemagne et d’autres pays, c’est qu’il n’y a pas de fatalité aux délocalisations que nous avons subies, mais qu’il ne peut y avoir de patriotisme économique et de relocalisation industrielle dans la défiance et l’envie permanente d’en découdre.

Pourtant, un redressement rapide de notre économie sera indispensable au maintien de notre modèle social et de notre cohésion nationale. Si ce moment est celui d’un retour du keynésianisme, nous n’en profiterons vraiment qu’au sein de l’Europe et au prix d’un virage social-démocrate clairement assumé.