LE FIGARO. – Territoires de Progrès se confronte pour la première fois à un scrutin. Qu’attendez-vous de ces élections régionales ?

Gilles SAVARY. – Nous sommes aujourd’hui 1800 adhérents. Nous avons une centaine de candidats aux élections régionales, dont trois têtes de liste. Nous avons réussi en très peu de temps une percée politique non négligeable. Nous avons préparé ce scrutin avec loyauté et en très grande confiance avec Stanislas Guerini, Franck Riester et Marc Fesneau. Mais il faut admettre que sur le terrain, ça n’a pas toujours été le cas. Le MoDem et Agir ont parfois un pied à droite et un pied dans la majorité. Et nous, on a tenté parfois de jouer de notre double appartenance parlementaire pour nous imposer des candidatures plus proches de LREM que de notre mouvement. Il faudra en évaluer les résultats à l’aune des élections régionales, mais si l’on observe un retour des identités politiques, il faudra que la maison commune soit revisitée et loyale avec toutes ses composantes. Le dépassement ce ne pourra plus être la dilution dans un parti unique idéologiquement composite. Je pense à l’inverse que les partis servent de ciment idéologique et qu’il faudra poursuivre le dépassement à travers des coalitions.

Pensez-vous, comme Stéphane Séjourné, que le front républicain est «presque mort» ?

GS : J’espère que ce n’est pas une façon de préparer les esprits au maintien à tout prix du candidat de la majorité présidentielle face à Xavier Bertrand. Le front républicain fonctionne effectivement mal mais c’est un devoir moral de ne prendre aucun risque contre le RN.

Il suggère une fusion technique au candidat arrivé en tête pour garantir la présence d’élus de l’opposition…

GS : Une assemblée monocolore, ce n’est pas sain. Il a donc raison de faire cette proposition. Mais ça ne doit pas être une condition absolue au retrait de notre liste. On ne joue pas avec le RN.

Que vous inspire la situation en Paca ?

GS : Territoires de Progrès y a retiré ses candidats au premier tour. Nous pensons que ça ne sert pas Renaud Muselier d’avoir une alliance de premier tour avec la majorité. Un ralliement de second tour aurait été plus efficace. Renaud Muselier n’aurait pas perdu les LR les plus à droite. Je ne comprends pas cette stratégie, tant de la part de Renaud Muselier que de LREM, du MoDem et d’Agir. J’espère sincèrement que les faits nous démentiront. En tout cas j’observe avec dépit que la majorité présidentielle s’est mise hors jeu du second tour, et que le sort de Renaud Muselier et des Républicains est désormais dans les mains de la liste de gauche.

Quel est l’état de la gauche ? Pourriez-vous recruter quelques socialistes en 2022 ?

GS : La gauche, faute d’idées neuves, n’a qu’un slogan pavlovien : l’union. C’est l’alliance du communautarisme nationaliste mélenchonien devenu complotiste, avec le catastrophisme et la contrition des Verts décroissants. Le PS veut sauver ses positions locales avec ces unions improbables, mais en renonçant à son identité, en surenchérissant avec les Verts, il va y perdre toute influence nationale. Il se met sur la trajectoire des Radicaux et du PC qui ont dominé la gauche pendant des décennies tout en conservant encore aujourd’hui des positions locales en peau de chagrin. Des Rousset, Delga, Bonneau, Dufay, Cazeneuve et bien d’autres sont plus proches de nous que de Mélenchon ou de Bayou, mais ils sont prisonniers de la tactique unioniste du PS ou de rancœurs et de rancunes personnelles qui les conduit à faire d’Emmanuel Macron l’ennemi public numéro un. Au risque de faire le lit de Marine Le Pen. Si ce choix se présente l’an prochain, nous ne voulons pas jouer ce jeu-là.

Vous ressentez une résistance de la gauche à soutenir in fine le chef de l’État ?

GS : La gauche a réussi une stigmatisation droitière de Macron. Certes, il joue avec la droite sur le plan tactique. Mais en termes de politique menée, il a un bilan de gauche. Il faut vraiment être des enfants gâtés pour ne pas se rendre compte que l’État a offert une protection sociale solide pendant la crise sanitaire. Bien plus que dans nombre de pays dirigés par la gauche… Le reste à charge zéro euro pour les prothèses auditives et les lunettes, c’est aussi ce gouvernement. La réforme des pensions alimentaires, c’est lui aussi. L’augmentation de 12 % des minima sociaux, encore lui. Le droit au chômage pour les professions indépendantes, les mutuelles pour les fonctionnaires, le plan 1 jeune 1 solution, tout ça c’est ce gouvernement. Dire le contraire, c’est mener un mauvais procès en sorcellerie. Sans parler de la clarté et de la sincérité de son engagement européen et de l’accord historique du 21 juillet 2021 sur l’emprunt européen, que Mitterrand n’aurait probablement pas renié.

La présidentielle perce déjà dans les débats. Croyez-vous au match Macron-Le Pen ?

GS : La réélection d’Emmanuel Macron n’est pas jouée. S’il est réélu face à Marine Le Pen, il y aura un grand malaise dans le pays car ce n’est pas le second tour espéré par les Français. Je pense que le président de la République sera réélu car il a montré ses capacités d’homme d’État. Je mets en garde mes amis de gauche qui disent “ras le bol des libéraux”. Ils me disent que si Marine Le Pen est élue, ils l’empêcheront de gouverner grâce à la rue. Comme aux États-Unis, ils pensent passer par Trump pour avoir Biden… Mais je suis persuadé que si Marine Le Pen était contredite par la rue, le pays trouverait une certaine légitimité à ce qu’elle en appelle aux militaires. Ça commence toujours comme ça l’extrême droite. La tribune des militaires nous en donne un aperçu. J’ai vu comment ce texte a été perçu par les masses populaires. Il y a une poussée vers l’ordre qui est inquiétante.

Faut-il mener la réforme des retraites avant l’élection présidentielle ?

GS : La gauche sait s’arranger avec les grandes inégalités au nom du corporatisme. Quand elle a défilé contre le régime unique de retraite, c’est bien la première fois qu’elle manifestait pour soutenir des inégalités. Il serait dommage de ne pas reproposer cette réforme systémique.

Manuel Valls pourrait-il rejoindre Territoires de Progrès ?

GS : J’ai rencontré Manuel Valls à la suite d’une «indiscrétion» de presse. Notre démarche l’intéresse mais il a d’autres priorités. C’est une personnalité très courageuse et un homme d’Etat. Dans les circonstances difficiles que nous connaissons et alors que la République vacille, il a sa place dans le paysage politique à gauche. Même s’il est très clivant. Mais il n’a pas besoin de nous pour revenir dans le jeu s’il le souhaite.

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Il y a 40 ans, François Mitterrand mettait un terme à 23 ans de pouvoir sans partage de la droite. C’était un autre monde.

Les partis organisaient la politique et en régulaient les ambitions, les opportunismes et les individualismes.

Les carrières, spécialement à gauche, étaient très improbables et se construisaient par de longs et patients investissements militants, dans les syndicats, les associations, les partis.

Les grandes idéologies du 20ème siècle forgeaient encore de fortes convictions qui cimentaient les partis et les fidélités.

On s’y engageait pour la vie. La condition de militant primait sur celle de candidat.

François Mitterrand a tout éprouvé et tout enduré, notamment 23 ans de traversée du désert personnelle, mais aussi l’improbabilité d’une victoire qu’il a finalement arrachée à force d’opiniâtreté, grâce à une vista tactique hors du commun, ou le plus petit qu’il était a forcé l’union avec le plus gros qu’était le parti communiste de l’époque.

Cette union gagnante entre frères ennemis issus du divorce de Tours en 1920 avait tout de même une source commune dans l’Internationale socialiste des débuts du 20ème siècle. Mais comme toutes les unions politiques, elle a finalement profité à la composante qui épousait l’air du temps, à l’époque démocratique et libertaire imprimé par Mai 68, et a fini par étouffer le parti communiste.

Était-il de droite ? Était-il de gauche ? Sa vie personnelle brouille les pistes. Elle apparait comme un affranchissement permanent des dogmatismes, des assujettissements idéologiques et des sectarismes qui musèlent le libre arbitre et censurent l’intelligence. Mais il a su en jouer pour conquérir le pouvoir.

Mitterrand n’a jamais renié ses amitiés, ni ses prédilections intellectuelles, de quelques rivages qu’elles viennent.

Il était lui-même un syncrétisme français : monté à Paris mais irréductiblement provincial, souverain mais profondément attaché à la simplicité populaire, habité par l’histoire et la géographie de la France, fidèle en amitiés de toutes conditions, amoureux des lettres et de la terre, laïque mais gratifié de deux messes d’obsèques.

Les Français de tous bords, y compris ses adversaires politiques, reconnaissaient en lui une quintessence d’esprit français.

Il a été avec Jacques Delors l’un des rares leaders socialistes, profondément et sincèrement habités par la construction de l’Europe au point d’imposer à son camp dix ans de rigueur monétaire et de « désinflation compétitive » pour aboutir au Traité de Maastricht et à l’euro.

Il surplombait la classe politique de son époque d’une psychologie acérée et d’un sens politique diabolique, qui fascinaient autant qu’ils terrorisaient ses pairs, et qu’il maniait avec une froideur implacable.

Etait-il de droite ? Etait-il de gauche ?

Il faut lire le « coup d’Etat permanent » pour se convaincre qu’il était surtout le dernier des mohicans des anti-gaullistes de l’obscure et tumultueuse période des fractures politiques de la Résistance.

Le seul à avoir résisté et survécu politiquement à la panthéonisation du Général de Gaulle de son vivant à la Libération, et à sa Restauration en 1958.

Il était de gauche puisque de Gaulle était de droite.

Cette prédestination historique l’a conduit à devenir tardivement le leader providentiel de la gauche, à conquérir le pouvoir méthodiquement et à mettre en œuvre des réformes sociales et sociétales considérables qui s’inscrivent aujourd’hui dans la grande histoire de la France, d’Europe et de la gauche française.

Mais il portait en lui quelque chose de supérieur à de Gaulle : il agrégeait en sa seule personnalité les vieilles filiations de droite et de gauche, intellectuelles et populaires, parisiennes et rurales, laïques et mystiques, de la culture française.

Comme lui, dans un registre très différent et dans d’autres circonstances, il restera pour l’Histoire un grand souverain républicain au service d’une idée élevée de la France, mais plus que lui un grand européen français du XXè siècle.

C’est sans doute cette prédilection pour le pouvoir qui explique qu’il a si naturellement épousé les institutions de la Vè République qu’il avait tant combattues.

Par Gilles Savary, délégué général de Territoires de Progrès | 10 mai 2021

En pleine crise sanitaire, un débat public, décalé des préoccupations essentielles de nos concitoyens, s’est ouvert sur une réforme du mode de scrutin dans la perspective des élections législatives de l’an prochain. Il s’agirait de remplacer le scrutin majoritaire de circonscription par un scrutin proportionnel de liste. Cette proposition fait écho à une promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron en 2017 en réponse à une vieille aspiration de François Bayrou, mais se fait aujourd’hui pressante à seize mois de l’élection présidentielle. Elle appuie son argumentation sur le constat de la défiance grandissante qui s’est installée depuis plusieurs années entre le peuple et ses représentants, et qui se manifeste par une abstention électorale croissante ainsi qu’une contestation de plus en plus turbulente de l’autorité publique.

Notre pays est en proie à une crise de confiance dans ses institutions, d’autant plus troublante qu’elle ne traduit en rien un désinvestissement politique ou militant de la société civile. Elle présente les caractéristiques d’une crise de régime qui ne distingue pas particulièrement la France de la plupart des grandes démocraties, indépendamment de considérations de mode de scrutin.

Prétendre que l’instauration d’un scrutin proportionnel suffirait à dissiper ce profond malaise constitue une approche optimiste et excessivement tronquée du scepticisme qui gagne nos démocraties représentatives.

Les causes en sont multiples et profondes. Elles tiennent certes à l’épuisement du modèle paternaliste d’après-guerre, mais aussi aux formidables changements géopolitiques, sociétaux, technologiques, médiatiques, qui affectent nos vieilles nations occidentales. Il est en revanche exact que le scrutin majoritaire, s’il permet encore de gouverner, est de moins en moins représentatif de l’état de l’opinion et des forces politiques en présence.

Il n’est donc pas illégitime de se poser la question de sa correction afin que l’Assemblée nationale soit plus conforme au paysage politique réel. Il est cependant très rare qu’un changement de mode de scrutin réponde au calcul qui le motive, et avant d’y procéder il serait sage d’envisager la balance des désagréments et des bénéfices qu’il pourrait procurer au pays et à sa gouvernance.

En 1986, François Mitterrand, à la tête d’une majorité à bout de souffle, avait opté pour la proportionnelle afin de priver la droite de majorité à la faveur d’une entrée massive du FN au Parlement. Il a, contre toute attente, obtenu une majorité absolue de la droite, et l’avènement parlementaire du FN n’a en rien enrayé sa progression électorale ni réconcilié les Français avec leurs représentants. Il s’en est sorti personnellement, puis politiquement par la pirouette de la cohabitation entre gauche et droite de gouvernement.

Mais le contexte politique de 2022 ne sera pas celui de 1986.

Une proportionnelle intégrale placerait le RN en position dominante à l’Assemblée face à un échiquier politique profondément fragmenté, impropre à constituer des coalitions de gouvernement cohérentes et durables. Elle consisterait à retourner à l’instabilité chronique de la IVe République, mais avec pour inconvénient supplémentaire sous les institutions de la Ve République, d’accentuer la présidentialisation du régime et l’affaiblissement du Parlement.

Dans le contexte politique d’aujourd’hui, l’instauration de la proportionnelle déboucherait non pas sur une pacification du débat public, mais sur une balkanisation de l’Assemblée nationale et sur un face-à-face exacerbé entre la rue et le Président, seul élément de stabilité du régime. L’introduction partielle de la proportionnelle à travers un mode de scrutin mixte, du type de l’actuel scrutin sénatorial par exemple, pourrait en revanche constituer un compromis acceptable entre une meilleure représentativité des forces politiques en présence et le maintien absolument indispensable d’un ancrage territorial de nos députés.

Mais il ne faut pas en attendre un miraculeux regain de confiance dans nos institutions. La Ve République assortie du quinquennat et de l’inversion du calendrier est fatiguée, et le régime hyperprésidentiel a épuisé ses charmes. Notre pays a impérativement besoin de moderniser sa gouvernance et de régénérer sa démocratie, non pas par d’incessants replâtrages de sa Constitution sous la pression des émotions du moment, mais par une réforme profonde de ses institutions.

Sauf à remettre en cause l’élection du Président de la République au suffrage universel, nous devons évoluer vers un régime présidentiel contrôlé mais assumé, doté d’un Parlement disposant enfin de la plénitude des prérogatives attachées au principe de séparation des pouvoirs ainsi que d’une décentralisation approfondie en pleine responsabilité de compétences et de moyens, et intégrer un « statut » de la participation des citoyens et de la démocratie sociale dans la Constitution.

C’est dans ce cadre d’une réforme d’envergure des institutions de la Ve République, que devrait se poser la question, aujourd’hui prématurée et accessoire, du mode de scrutin.

– Par Gilles Savary, délégué national de Territoires de Progrès et Dominique Villemot, président de Démocratie vivante.

Tribune originale parue dans l’Opinion | Mardi 9 mars 2021

Le premier confinement, empreint de la sidération de la pandémie, a donné lieu à un foisonnement, plus ou moins lyrique, de spéculations sur le monde d’après. Il se trouve que l’on n’y est pas encore, mais qu’il commence à esquisser quelques tendances lourdes, qui confirment plus qu’elles ne remettent en cause les ruptures et les bouleversements géopolitiques en germe depuis la fin du siècle précédent.

Tout se passe comme si la crise sanitaire constituait un formidable accélérateur de l’histoire.

D’un côté, la Chine en sort renforcée dans sa course désormais ostensible à la prééminence mondiale ; de l’autre, les Etats-Unis sont les premiers bénéficiaires du triomphe de l’ère numérique dont ils monopolisent les grands acteurs mondiaux. Quant aux Européens, et en premier lieu le pays du grand Pasteur, ils sont contraints de s’en remettre au vaccin de la Russie totalitaire pour assurer leurs campagnes de vaccination dans des délais acceptables.

Certes, ces péripéties s’estomperont au gré de l’arrivée progressive de vaccins européens, mais elles auront imprimé dans les esprits un sentiment amer de déclassement.

Le thème de la souveraineté trouve dans ce climat un débouché tribunitien d’autant plus attrayant en France que la crise sanitaire souligne notre inconséquence d’avoir laissé filer notre industrie au profit d’une spécialisation dans les services, aujourd’hui dominés par les géants du numérique.

La nécessité éclatante de réarmer notre industrie et de relocaliser ce qui peut l’être, afin de retrouver d’indispensables marges d’indépendance, notamment mais pas seulement dans le domaine sanitaire, ne peut pourtant se suffire d’incantations et d’imprécations souverainistes ou nationalistes.

L’après crise sanitaire doit représenter l’opportunité d’interroger sans esquive ni tabou les causes de notre singulière désindustrialisation depuis les années 1970, à la lumière des pays de dimension comparable, voire plus modeste, qui ont réussi à l’éviter.

On y verra que ce ne sont pas le repli mais l’adaptation ; pas l’augmentation de la dépense publique et des déficits budgétaires, sociaux, extérieurs, mais leur maîtrise ; pas les conservatismes et les corporatismes mais les réformes ; pas une surenchère de bureaucratie et de fiscalité, mais un environnement favorable à l’entreprise, qui leur ont permis de conserver leurs positions dans un monde en profond bouleversement.

L’indépendance et le niveau de vie d’une nation se nourrissent d’abord de sa performance économique.

Il n’y a pas d’exemple dans l’histoire des peuples, de nation qui puisse préserver un niveau de vie décent et durablement garantir son indépendance, sans économie capable à la fois de lui assurer un niveau élevé d’emplois et de revenus et de lui permettre un approvisionnement suffisant en matières premières et composants essentiels dont elle ne dispose pas.

C’est en nous-mêmes et sur nous-mêmes, dans notre capacité à dépasser notre vieille aversion pour l’économie et les réformes structurelles, que réside la solution, plutôt que dans la tentation mortifère d’un national souverainisme de repli.

Nous en avons les moyens humains et nous disposons d’une nouvelle génération brillante et décomplexée aujourd’hui tentée par l’expatriation, qui nous permettent d’y prétendre.

Ce sera l’enjeu majeur du prochain quinquennat.

Les Français y adhéreront si la reconquête économique s’accompagne d’une politique déterminée de justice sociale et de réduction des inégalités.

Par Gilles Savary, délégué général de Territoires de Progrès

Tribune originale parue dans “L’Opinion” (9 février 2021)

La séquence que l’on vient de vivre avec la proposition de loi Fauvergue-Thourot constitue un nouveau symptôme de la profonde crise qui affecte à la fois la gouvernance et le consentement démocratiques dans notre pays.

Il est stupéfiant qu’en pleine ébullition parlementaire et médiatique, il ne se soit trouvé personne dans la hiérarchie policière pour éviter que des brebis galeuses de nos forces de police se commettent, à leur détriment qui plus est, dans des actes de violence aussi révoltants et condamnables.

Les Français ne sont pas dupes. Ils savent bien que ce ne sont pas les misérables Afghans évacués qui ont mis le feu aux poudres.

Ils savent aussi que des professionnels de la provocation violente, ceux-là mêmes qui ont détourné le mouvement des Gilets jaunes et prennent désormais systématiquement en otage le droit de manifester paisiblement dans notre pays, sont à la manœuvre pour semer le chaos.

Mais, dans un contexte aussi dangereux, ils sont en droit de s’alarmer et de s’indigner que nos forces de l’ordre jouent avec des allumettes sur un tel baril de poudre.

Les réactions démesurées de responsables politiques de premier plan sont tout aussi préoccupantes et délétères. Les uns dénoncent la Présidence la plus répressive de la VRépublique en passant par pertes et profits les massacres du métro Charonne le 8 février 1962 et de la grotte d’Ouvéa le 5 mai 1988, ou encore les agissements clandestins du SAC et de la cellule d’écoutes du commandant Prouteau…

D’autres, admirateurs de Poutine et de tyranneaux d’Amérique du Sud, crient à la dictature. D’autres encore, et c’est moins folklorique, intimant au gouvernement de retirer un texte d’initiative parlementaire, ajoutent à la dépréciation de la démocratie représentative.

Certes, il est normal que l’opposition fasse son travail dans de telles circonstances et que l’approche de l’élection présidentielle électrise les esprits, mais comment ne pas craindre que de telles surenchères démagogiques, dénuées de toute proposition de fond, fassent le lit des populismes et des adversaires de la démocratie ?

Qu’une loi, ou l’un de ses articles, divisent l’opinion et alimentent un débat est dans l’ordre normal des choses dans une démocratie. Que le gouvernement envisage de la confier à une commission Théodule, et que de grandes voix politiques réclament d’en interrompre le cours parlementaire, traduisent une inquiétante confusion des esprits.

La rédaction actuelle de l’article 24 de la loi Fauvergue-Thourot est des plus approximatives, mais c’est souvent le cas des propositions de lois, moins travaillées par les administrations que les projets de loi gouvernementaux, et c’est précisément une raison pour que la procédure parlementaire aille à son terme. Dans une démocratie représentative qui se respecte, une proposition de loi, émanant de parlementaires et non pas du gouvernement, doit effectuer son parcours parlementaire.

C’est au Sénat désormais de procéder, en toute indépendance et en responsabilité, aux auditions et aux réécritures qu’il jugera nécessaires, quitte à ce que le gouvernement y apporte son écot lors de la procédure parlementaire.

Et ce sera à la commission mixte paritaire de conclure entre députés et sénateurs. Cette procédure procède de notre Constitution, et peu ou prou de toutes les démocraties bicaméristes. Ne pas y souscrire reviendrait à constater le dépôt de bilan de nos institutions.

– Gilles Savary, délégué national TdP

Tribune originale parue dans “L’Opinion” (1er décembre 2020)

“Territoires de Progrès est issu du canal loyal du PS, celui qui a soutenu jusqu’au bout, contre vents et marées, François Hollande et Manuel Valls. Nous sommes des sociaux-démocrates qui en avons marre d’avancer cachés dans un parti (le PS) qui, tantôt oscille entre protestation systématique et social-démocratie quand il est au pouvoir et qui a épuisé cet exercice de style lors de la dernière mandature. Il s’est finalement auto-sabordé du fait de la différence entre son discours d’opposition et son discours et pratique de gouvernement.

Nous sommes dans la majorité présidentielle et nous avons appelé à voter pour Emmanuel Macron dès le 1er tour pour la raison simple, c’est que Benoit Hamon – par ailleurs une personnalité respectable et que j’aime beaucoup à titre personnel – nous a dit “je n’assumerai pas le mandat de François Hollande”. Et nous, comme nous l’avions assumé, nous n’avions pas d’autre choix que celui d’Emmanuel Macron.

Gilles Savary, délégué général de Territoires de progrès est l'invité du Talk

Gilles Savary, ex-député socialiste, délégué général de Territoires de progrès est en direct, posez-lui toutes vos questions !

Publiée par Le Figaro sur Lundi 28 septembre 2020

Emmanuel Macron est un héritier accidentel de François Hollande, mais ce n’est pas quelqu’un qui a trahi Hollande. J’ai vécu les dernières heures de François Hollande. Le bouquin de Davet et Lhomme, c’est pas Emmanuel Macron qui l’a rendu public. François – qui est très respectable – s’est révélé politiquement très carentiel pendant sa mandature alors que c’était un véritable virtuose politique à l’intérieur du PS.

Anne Hidalgo peut bouleverser si elle fait l’unité à gauche, c’est ainsi qu’elle a gagné Paris. Mais pour nous, elle risque de le faire au prix de fréquentations… infréquentables. Par exemple, les Verts fanatiques. Nous, à Territoires de Progrès, nous pensons que l’écologie est un grand combat du XXIe siècle, un mouvement politique structurant face aux identitaires. Mais la France n’est pas obligée d’avoir des écolos fanatiques. Comme M. Bayou qui nous dit le soir du plan de relance “je déplore qu’on soutienne encore l’aéronautique et l’automobile”, c’est-à-dire, “je déplore qu’il n’y est pas des millions de chômeurs pour satisfaire mon idéologie et la décroissance”. Notre écologie (à TdP) doit être réformiste. La France n’a aucune raison de s’auto-flageller, toute seule sur la planète, alors qu’elle représente 1% des effets de serre (…) Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas être exemplaire, mais moi je suis plutôt favorable – et j’ai siégé longuement avec eux – à des écologistes à la scandinave, à l’allemande qui sont capables aujourd’hui d’être réformistes et pondérés.

Face à un duel Hidalgo-Macron, nous soutiendrons Emmanuel Macron. Et même si je suis un ancien socialiste battu par Macron (élections législatives en Gironde) ! Donc je suis totalement libre. Je n’ai pas envie qu’on refasse des majorités de circonstances, purement tactiques, sans aucune réflexion de fond sur l’avenir du pays. C’est ce qui est en train de se produire à gauche (…). Mélenchon est communautariste et anti-européen, nous (TdP) sommes très européens et très multilatéralistes.

Je pense qu’on dit qu’Emmanuel Macron penche à droite parce qu’il y a une ruse tactique de la gauche d’essayer de le “corneriser” à droite. Lors des dernières élections, et sans doute aux prochaines, le mot d’ordre sera donné : “notre ennemi public N°1, c’est Macron”. Pour moi, l’ennemi public N°1, c’est les nationaux-populistes comme J-L Mélenchon, national-populiste de gauche, et communautariste de plus. Il joue avec le feu de la République. Et puis, Madame Le Pen évidemment. Et puis, ça peut être aussi un accident qu’on ne voit pas arriver. Je trouve que la République est très fragile. Le consensus démocratique n’existe plus. Et donc quand on a un président qui fait le boulot, au plan national qu’au plan international, il faut réfléchir à deux fois avant de vouloir le battre à tout prix, sans esquisser le moindre projet !

Sur l’écologie, le gouvernement s’inscrit dans le long-terme (hydrogène, conditionnalités plan de relance, aides aéronautiques, plan vélo, loi LOM…). Après, on pourrait toujours aller plus loin, mais on tombe très vite après sur des gadgets totémiques.

Sur le champ régalien, ce qui est fait est insuffisant car je pense qu’on ne coupera pas une réforme profonde de la République. Aujourd’hui, on a créé un monstre avec le quinquennat et l’inversion du calendrier, ce qui fait qu’à peine les élections finies, on focalise sur une seule personne qui a tout le pouvoir, on a donc une crise de confiance dans les parlementaires qui ne touche pas tous les autres élus. Il faut changer les institutions, pas forcément de façon complète. Je pense qu’il faut rester dans un régime présidentiel, mais pas un régime hyper-présidentiel sans aucun frein, avec un Parlement godillot (j’ai été 10 ans au Parlement européen et 5 ans en France). Je me suis aperçu qu’on épuise les députés à ventiler, mais dès qu’il y a le moindre amendement qui ne convient pas à l’exécutif  – et ça ne date pas de Macron – l’exécutif peut toujours y revenir. Il n’y a finalement que le 49-3 qui peut créer une crise constitutionnelle. Je pense qu’il faut rééquilibrer et que le peuple sente que les parlementaires servent à quelque chose. Et il faut trouver et intégrer des mécanismes de participation parce que c’est la dimension nouvelle de la participation citoyenne. Ça peut être de la convention citoyenne, ça peut être aussi des votations opposables pour tout ce qui touche le cadre de vie, sur les collectivités locales et leurs compétences ; ça peut être aussi l’instauration d’un referendum national à options qui n’est pas un plébiscite puisqu’il y a plusieurs questions. On répond oui ou non mais du coup on ne remet pas en jeu, en arrière-pensée, le président de la République.

Oui, Territoires de Progrès est l’aile gauche. (Certains de nos militants) sont des soldats perdus de la gauche, des gens qui étaient tous très proches du PS, qui sont partis du PS, et qu’on essaie aujourd’hui de récupérer. Nous nous donnons pour mission de récupérer, enfin dans un parti, des sociaux-démocrates qui s’assument. Et qui ne sont pas protestataires, voire radicalisés dans l’opposition en promettant de terrasser le monde entier, la Chine, les financiers et autres… Mais qui se présentent comme une gauche de gouvernement.
Deuxièmement, nous ne sommes pas LaREM car nous ne pratiquons pas le culte de la personnalité. Nous soutiendrons probablement Emmanuel Macron s’il est candidat, et si d’ici là il fait n’importe quoi, on se réserve le droit de ne pas le soutenir. Mais notre projet dépasse Emmanuel Macron, c’est de faire en sorte que cette gauche-là s’organise et s’inscrive dans la durée.

Je pense que le président Macron n’est pas un président de droite. C’est un président de dépassement. J’ai passé une période formidable au PS, je ne renie rien, mais nos dirigeants d’alors ‘couchaient’ assez facilement avec la droite dans les caves parisiennes, tout en exaltant les militants d’un gauchisme immodéré. C’est donc pour nous (TdP) une clarification.

Dans TdP, il y a énormément d’élus ou d’anciens jeunes cadres du PS et beaucoup de jeunes. On est déployés sur les territoires et on ne date que du 1er février. Nous n’avons pas une sociologie d’anciens combattants. Et je compte ne pas m’éterniser à la tête du mouvement et faire en sorte qu’on trouve des jeunes qui puissent le reprendre.

TdP contribue au contraire à faire ré-exister une gauche qui s’était dissoute. Des PS étaient passés chez LaREM, parmi ceux-ci certains sont mécontents, ne s’y retrouvent pas. D’autres nous disent, “mais il n’y a que Bayrou et Agir qui pèsent sur le président de la République, où est passée l’aile gauche ?”. L’aile gauche, c’est celle qui a constitué le socle de Macron au 1er tour. Il l’a perdue en partie à cause du fait qu’il s’est beaucoup appuyé sur la droite et qu’il y a un certain succès de la stratégie de ‘cornerisation’ du PS. C’est assez grave. Macron est devenu l’adversaire numéro 1 de la gauche pleine de rancœur, de rancunes, et ce ne sont pas des valeurs d’avenir. On ne parle pratiquement plus de Marine Le Pen ! La bête noire, c’est Macron. Alors qu’on est assailli de toutes parts, communautarisme, corporatisme, individualisme… Donc nous, on ne veut pas se tromper d’adversaire !

Macron a raison de parler de dépassement parce qu’il y a aujourd’hui un porte-à-faux entre la géographie politique et la géographie des passions. La République est en difficulté. Ça ne dit plus rien aux jeunes. Notre système politique qui nous a assuré la paix, une certaine prospérité, pas mal de sécurité, est en train de s’effondrer. Et pour quoi ? Pour l’aventure populiste. La France n’est pas le pays le plus démocratique depuis le début de son histoire (…) donc il faut faire très attention. L’ambiance nationale-populiste, les réseaux sociaux sont en train de travailler les esprits et de les amener vers des régimes que je ne souhaite pas. On est entrés dans une période de néo-paganisme, chacun a ses croyances et la raison n’existe plus. Il suffit que vous ayiez la tête qui dépasse, que vous ayez BAC+4, c’est terminé, on ne vous écoute plus. Donc tout cela est extrêmement dangereux. C’est cela le clivage. Et je suis persuadé qu’à gauche il y a des gens qui partagent cela mais qui seront piégés par des tactiques politiques. L’idée du dépassement avec des gens de droite de bonne volonté, qui partagent l’essentiel de la République, il faut faire en sorte de retrouver de l’autorité publique et que les gens ré-adhèrent – vaste sujet !- eh bien, je suis prêt à partager un gouvernement avec eux.

Macron a des tas de qualités. C’est un bon gouvernant, même s’il a des problèmes de relation avec les Français. C’est pas lui qui l’a produite, il en a été l’instrument, mais il a fait exploser le paysage politique et ce dernier ne se recompose pas. A gauche, il n’y a pas beaucoup de leader pour s’affirmer.

On va vers des formes de partis spongiformes. C’est-à-dire un groupe de gens très engagés, qui s’il réussit, gonfle à la veille d’élections, et se rétrécit après. LaREM en est l’exemple. Plus personne n’achètera une carte dans un parti à l’ancienne pour la vie.

Je suis toujours cotisant au PS et c’est un miracle ! La plupart des gens comme moi le PS les a virés mais pas moi ! Et j’ai cotisé en Gironde car TdP accepte la bi-appartenance sur les idées. Nous voulons fonctionner sur des idées et pas sur des tactiques. Donc on a des gens qui sont à LaREM, notamment dans les groupes parlementaires, car nous ne voulons pas de fractionnistes parmi nous. On est pas là pour faire une crise politique. Il y a aussi des gens qui sont au PS, j’en fais partie et je ne suis pas le seul.

Extraits de l’interview de Gilles Savary dans l’émission “Le Talk” du Figaro par Yves Thréard. Seul le prononcé fait foi.

Samedi 19 septembre, le mouvement Territoires de Progrès tiendra sa réunion de rentrée à Paris en vue de son premier Congrès statutaire à la fin de l’année, si les conditions sanitaires le permettent.

Parrainé par deux ministres du gouvernement issus du Parti socialiste, Jean-Yves Le Drian et Olivier Dussopt, Territoires de Progrès vise à rassembler l’électorat de gauche et de centre gauche qui a largement contribué à l’élection d’Emmanuel Macron en 2017.

Si depuis lors, et en particulier depuis le tournant des manifestations contre la réforme des retraites, confirmé par les élections municipales, la gauche institutionnelle, ses partis et ses grands élus se sont cristallisés dans l’opposition au prix d’un verdissement réducteur et campent sur leurs positions en s’efforçant de «cornériser» le président de la République à droite, cette autre gauche sociale-démocrate et progressive n’a pas disparu.

Si elle aspire à se distinguer de LaREM et à revendiquer son identité, elle doit sa quasi-disparition des radars médiatiques à son inorganisation et à une loyauté excessivement silencieuse, au point que les tensions idéologiques internes à LaREM n’ont d’autre exutoire que de s’exprimer malencontreusement au sein de ses groupes parlementaires.

Pourtant cet électorat social-démocrate n’est pas plus séduit qu’hier par les perspectives de mariage des carpes et des lapins qui agitent actuellement la gauche entre un Parti socialiste réduit à ses positions locales et plus indécis que jamais sur sa ligne politique, des Insoumis populistes et communautaristes notoirement europhobes et des Verts français infiltrés par une extrême gauche sectaire adepte d’une décroissance expiatrice, annonciatrice de déclassement national et de drames sociaux.

C’est à cette gauche sociale-réformiste, porteuse d’une écologie réformiste plutôt que de rupture, libérée de ses tabous et de ses dénis idéologiques, héritière d’une culture de responsabilité et de gouvernement, que Territoires de Progrès veut offrir un port d’attache indépendant et distinct de LaREM.

L’enjeu n’est pas médiocre pour l’avenir de la gauche de gouvernement française et dépasse les positionnements tactiques ou opportunistes du moment.

Le président de la République semble avoir compris que sa fulgurante ascension politique de 2017 étayée par un parti unique composite, a épuisé ses charmes et qu’il lui faut envisager désormais de sceller des accords de coalition plus larges, sur la base d’un programme de gouvernement concerté.

Mais pour le moment, la coalition qu’il semble dessiner ressemble trop à une scissiparité à somme nulle des ailes droites de LaREM et à un dopage artificiel du Modem pour qu’elle ne s’expose pas à une hasardeuse déperdition d’un électorat de gauche originel, encore substantiel mais en mal de reconnaissance.

Pourtant les défis intérieurs et extérieurs à relever par le pays supposent plus que jamais un dépassement des postures et des radicalités factices entre républicains modérés de gauche et de droite dont les dernières alternances présidentielles ont suffisamment relevé les convergences gouvernementales sous le poids des contraintes.

Ce qui nous anime et nous préoccupe, c’est la crise profonde de la démocratie représentative. C’est l’audience croissante de nationalismes populistes adeptes de politiques de repli au moment où les enjeux économiques, sécuritaires, écologiques et par conséquent sociaux dépassent les frontières nationales. Ce sont les crispations identitaires, les communautarismes, les séparatismes et les corporatismes qui utilisent sans vergogne la puissance manipulatrice des réseaux sociaux et des émotions populaires, et menacent la cohésion nationale.

Au regard de ces évolutions délétères, les clivages politiques essentiels se déplacent sur la question cruciale de la pérennité de notre modèle de République démocratique et d’Etat de droit réformiste, fondés sur la liberté d’expression, la pensée rationnelle et les acquis des «Lumières ».

Ils appellent une alliance de toutes les bonnes volontés de gauche et de droite qui se retrouvent dans cet enjeu de société primordial plutôt que le retour de postures du siècle passé et d’anathèmes factices, sans impliquer pour autant la dilution et l’indistinction de leurs valeurs et aspirations fondamentales.

Ce que le Conseil National de la Résistance avait su construire entre gauche et droite après-guerre doit être possible aujourd’hui pour le bien du pays.

Territoires de Progrès considère que la gauche ne peut faire plus longtemps l’économie d’une introspection collective sur les causes de son naufrage de 2017 et d’une refondation de sa ligne politique au regard des formidables changements géopolitiques, technologiques, écologiques, sociétaux qui affectent nos sociétés contemporaines et leurs modes de vie.

C’est cette contribution politique et programmatique d’une gauche de convictions, qui veut privilégier l’adhésion à un projet sur les opportunismes tactiques, qui sera à l’ordre du jour de notre journée d’échanges du 19 septembre à travers les lignes politiques directrices que Territoires de Progrès rendra publiques dans la perspective de son Congrès constitutif. 

Par Gilles Savary, délégué général Territoires de Progrès | 16 septembre 2020