La séquence que l’on vient de vivre avec la proposition de loi Fauvergue-Thourot constitue un nouveau symptôme de la profonde crise qui affecte à la fois la gouvernance et le consentement démocratiques dans notre pays.

Il est stupéfiant qu’en pleine ébullition parlementaire et médiatique, il ne se soit trouvé personne dans la hiérarchie policière pour éviter que des brebis galeuses de nos forces de police se commettent, à leur détriment qui plus est, dans des actes de violence aussi révoltants et condamnables.

Les Français ne sont pas dupes. Ils savent bien que ce ne sont pas les misérables Afghans évacués qui ont mis le feu aux poudres.

Ils savent aussi que des professionnels de la provocation violente, ceux-là mêmes qui ont détourné le mouvement des Gilets jaunes et prennent désormais systématiquement en otage le droit de manifester paisiblement dans notre pays, sont à la manœuvre pour semer le chaos.

Mais, dans un contexte aussi dangereux, ils sont en droit de s’alarmer et de s’indigner que nos forces de l’ordre jouent avec des allumettes sur un tel baril de poudre.

Les réactions démesurées de responsables politiques de premier plan sont tout aussi préoccupantes et délétères. Les uns dénoncent la Présidence la plus répressive de la VRépublique en passant par pertes et profits les massacres du métro Charonne le 8 février 1962 et de la grotte d’Ouvéa le 5 mai 1988, ou encore les agissements clandestins du SAC et de la cellule d’écoutes du commandant Prouteau…

D’autres, admirateurs de Poutine et de tyranneaux d’Amérique du Sud, crient à la dictature. D’autres encore, et c’est moins folklorique, intimant au gouvernement de retirer un texte d’initiative parlementaire, ajoutent à la dépréciation de la démocratie représentative.

Certes, il est normal que l’opposition fasse son travail dans de telles circonstances et que l’approche de l’élection présidentielle électrise les esprits, mais comment ne pas craindre que de telles surenchères démagogiques, dénuées de toute proposition de fond, fassent le lit des populismes et des adversaires de la démocratie ?

Qu’une loi, ou l’un de ses articles, divisent l’opinion et alimentent un débat est dans l’ordre normal des choses dans une démocratie. Que le gouvernement envisage de la confier à une commission Théodule, et que de grandes voix politiques réclament d’en interrompre le cours parlementaire, traduisent une inquiétante confusion des esprits.

La rédaction actuelle de l’article 24 de la loi Fauvergue-Thourot est des plus approximatives, mais c’est souvent le cas des propositions de lois, moins travaillées par les administrations que les projets de loi gouvernementaux, et c’est précisément une raison pour que la procédure parlementaire aille à son terme. Dans une démocratie représentative qui se respecte, une proposition de loi, émanant de parlementaires et non pas du gouvernement, doit effectuer son parcours parlementaire.

C’est au Sénat désormais de procéder, en toute indépendance et en responsabilité, aux auditions et aux réécritures qu’il jugera nécessaires, quitte à ce que le gouvernement y apporte son écot lors de la procédure parlementaire.

Et ce sera à la commission mixte paritaire de conclure entre députés et sénateurs. Cette procédure procède de notre Constitution, et peu ou prou de toutes les démocraties bicaméristes. Ne pas y souscrire reviendrait à constater le dépôt de bilan de nos institutions.

– Gilles Savary, délégué national TdP

Tribune originale parue dans “L’Opinion” (1er décembre 2020)

Préparer dès aujourd’hui notre société au vieillissement de la population est une nécessité absolue. D’ici 2025, notre pays comptera un million de personnes âgées de plus de 75 ans supplémentaires. Si l’accroissement de l’espérance de vie est l’un des plus grands progrès du XXe siècle, nous basculons progressivement vers une société de la longévité non sans soulever de nombreux défis.

Force est de constater que les enjeux liés à cette transformation sociétale n’ont jamais fait l’objet d’une approche globale. Les politiques de l’autonomie se sont ainsi construites par strates technocratiques successives, perdant de vue l’essentiel : l’adaptation de la société au vieillissement est un sujet résolument humain et social. Il nous appartient désormais de se saisir des questions du grand âge et de la perte d’autonomie, en respectant cette double exigence d’humanité et de continuité du « faire société ».

La création récente de la cinquième branche de la Sécurité sociale constitue une première étape historique dans la construction d’un nouveau pilier de notre protection sociale. Son ambition est forte : prévenir et accompagner la perte d’autonomie de nos compatriotes, qu’elle soit liée à l’âge ou à une situation de handicap. Cette branche doit désormais être enrichie afin de constituer le réceptacle de nouvelles solidarités auxquelles nous devons collectivement donner corps. Notre priorité est de permettre à chacun de vieillir le plus longtemps possible « chez soi ».

Ce virage domiciliaire, souhaité par la grande majorité de nos compatriotes, reposera d’une part sur la revalorisation et l’attractivité des métiers du Grand âge, et d’autre part sur la valorisation de solutions alternatives d’habitat telles que l’habitat inclusif ou le logement intergénérationnel.

L’enjeu de l’« Ehpad de demain » sera aussi au cœur de ce beau chantier : modernisé et ouvert, vrai pôle de ressources pour les territoires et dans lequel la personne âgée n’est plus considérée seulement comme un objet de soins mais comme un sujet de droits à part entière.

Des millions de Français accompagnent au quotidien un parent, un conjoint ou un enfant confronté à la perte d’autonomie. Cet engagement doit être davantage reconnu par la société et l’indemnisation du congé de proche aidant, depuis le mois d’octobre, y participe. C’est une réalité qui devra aussi être davantage prise en compte dans le cadre professionnel, et les partenaires sociaux y travaillent déjà.Nous ne réussirons qu’en mobilisant toute la société. Garantir l’autonomie, c’est avant tout adapter l’ensemble de notre cadre de vie : transports, espaces urbains, habitats, etc.

L’Etat sera aux côtés des collectivités pour qu’elles deviennent les fers de lance du « vieillissement actif », ce qui implique de réfléchir ensemble à la manière dont les politiques de proximité peuvent être mieux coordonnées pour accroître la participation des aînés à la vie sociale et citoyenne.

L’Etat va aussi amplifier l’accompagnement des acteurs de la silver économie, entreprises et associations, qui jouent un rôle crucial pour proposer des réponses graduées aux parcours de vie. Plus encore, cette économie de l’innovation au service du bien vieillir est un vrai levier de croissance et de création d’emplois non délocalisables pour le pays.

Les crédits du plan France Relance et les plans d’investissements prévus par le Ségur de la Santé y contribueront dès 2021.

Tribune originale de Brigitte Bourguignon parue dans “L’Opinion” (24 novembre)

Par coïncidence sans doute, dimanche 15 novembre, le JT de Laurent Delahousse sur France 2 enchaînait deux reportages qui se faisaient un écho inédit.

Le premier concernait la polémique ouverte par l’article 24 de la proposition de loi Fauvergue, qui prévoit de pénaliser les diffusions d’images de policiers en action susceptibles de les exposer à des représailles. Le reportage suivant consistait en une interview de trois enseignants sur les « risques du métier », consécutive à l’assassinat de Samuel Paty. Ils avaient exigé d’être filmés floutés, afin de préserver leur sécurité…

Ce qui rapprochait ce soir-là ces deux catégories de serviteurs de la République, si peu empathiques, c’est désormais un sentiment partagé de menace croissante à défendre la République, et un même désir d’anonymat professionnel afin de ne pas exposer leurs vies personnelles et familiales.

Par la nature de son métier, qui incarne l’autorité et la contrainte publique au service de régimes politiques très divers qui ne sont pas tous des parangons de vertu et de respect des droits humains, et qui la confronte à toute la gamme des passions et des perversités humaines, la police est de longue date exposée à ce type de risque. D’ailleurs, ses unités d’intervention les plus exposées, comme celles de l’armée, opèrent en cagoule, sans que quiconque ait trouvé à y redire jusque-là.

Mais comment rester insensible, pour les policiers comme pour les professeurs, à la montée des violences et à la banalisation des atteintes aux personnes dans notre société, et surtout au concours formidable que leur apportent aujourd’hui les réseaux sociaux ?

A cet égard, les meurtres insoutenables de Samuel Paty devant son collège, ou des deux époux policiers de Magnanville à leur domicile en 2016, constituent un nouveau type de mode opératoire qui appelle des réponses appropriées.

Il faut à la fois renforcer la protection de nos fonctionnaires des phénomènes de lynchage qui se développent dangereusement dans la société et sur les réseaux sociaux, et éviter qu’il s’agisse d’une forme de censure journalistique

L’article 24 de la proposition de loi Fauvergue-Thourot introduit à cet effet, non pas une interdiction de filmer, mais de diffuser l’image du visage des fonctionnaires de police en opération « dans le but qu’il soit porté atteinte à leur intégrité physique ou psychique. »

A quelques semaines de la décapitation de Samuel Paty dans les conditions que l’on sait, on aurait apprécié qu’une telle disposition ait la délicatesse de ne pas seulement concerner les fonctionnaires de police. Quant à objectiver précisément l’atteinte d’une image à l’intégrité physique ou psychique d’une personne, ça laisse du grain à moudre aux avocats et fleure d’emblée le texte impraticable !

Mais l’intention n’est pas inopportune. Il faut à la fois renforcer la protection de nos fonctionnaires des phénomènes de lynchage qui se développent dangereusement dans la société et sur les réseaux sociaux, et éviter qu’il s’agisse d’une forme de censure journalistique. A cet égard, il est à craindre que la pénalisation envisagée par la loi Fauvergue-Thourot n’apporte rien de plus opérationnel à l’arsenal impuissant dont notre droit dispose à l’égard des atteintes aux personnes via les réseaux sociaux.

Mais la proposition de loi trouverait intérêt à en épargner la presse, si ce n’est les réseaux sociaux, en lui faisant simplement obligation de flouter les images de fonctionnaires en exercice, sauf volonté contraire de ceux-ci ! Et comme le texte n’interdit pas de filmer, il ne supprime en rien les pièces à conviction opposables à d’éventuelles bavures policières par la justice et les corps de contrôle.

A proposition mal ciblée, tempête superflue…

Par Gilles Savary, délégué général de Territoires de Progrès

La leçon la plus importante de l’élection présidentielle américaine est la confirmation de l’opposition entre progressistes et populistes qui était apparue en 2016. Cette opposition s’est installée progressivement aux Etats-Unis à compter des années 1980. Ronald Reagan avait déporté le Parti républicain sur la droite et avait attiré une partie de l’électorat populaire qui votait jusque-là pour les démocrates. Cette double tendance s’est accentuée au début des années 2000 sous l’influence du Tea Party, puis de Donald Trump.

Parallèlement le Parti démocrate s’est recentré (on se souvient qu’en 1972, face à Nixon, républicain centriste, le candidat démocrate était McGovern, positionné très à gauche). Cela s’est fait sous l’impulsion de Bill Clinton, adepte de la troisième voie comme Tony Blair et Gerhard Schröder, proche de la position d’Emmanuel Macron aujourd’hui. Ce recentrage a été confirmé par Barack Obama puis par Joe Biden face à Bernie Sanders.

Cela annonce-t-il la répétition en France en 2022 de l’opposition de 2017 entre progressistes et populistes ? Une confirmation d’un nouveau second tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, comme l’annoncent les sondages ?

On est frappé par le parallélisme de l’évolution du paysage politique français avec celui des Etats-Unis. C’est aussi au milieu des années 1980 que le Front national est devenu un courant de la droite incontournable et c’est aussi durant les années 2000 que cette évolution s’est amplifiée avec la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle en 2002. Parallèlement le PS s’est recentré, avec Michel Rocard, qui gouverna avec les centristes, puis avec Lionel Jospin, qui privatisa massivement les entreprises publiques et abaissa les taux de l’impôt sur le revenu et, enfin, avec François Hollande, qui baissa les charges des entreprises et simplifia le Code du travail jusqu’à ce qu’Emmanuel Macron séduise en 2017 les électeurs centristes du PS.

Il est intéressant de voir que l’Italie a connu la même évolution avec l’opposition entre le Parti démocrate et la Ligue du Nord et que le Royaume-Uni en prend le chemin depuis la mainmise de Boris Johnson sur le Parti conservateur et le recentrage du Parti travailliste avec le départ de Jeremy Corbyn. S’agit-il d’un effacement du clivage droite-gauche ? Est-ce nouveau ?

Il est plus juste de parler d’un déplacement vers la droite de la classe politique, déplacement entamé au début des années 1980. Les populistes sont en effet à droite, même s’ils se différencient fortement de la droite classique et sont plus proches de l’extrême droite. Quant aux progressistes ils viennent de la gauche et peuvent être classés au centre-gauche. La France avait connu un certain dépassement du clivage droite-gauche dans les années 1960 quand Malraux, parlant des gaullistes, disait « entre nous et les communistes il n’y a rien ». Le rassemblement gaulliste avait son centre de gravité au centre-droit et le Parti communiste se positionnait quasiment à l’extrême gauche. Charles de Gaulle, dont nous venons de célébrer le cinquantième anniversaire de la disparition, voulait dépasser le clivage droite-gauche, comme Emmanuel Macron aujourd’hui.

Dernière leçon : quand les progressistes se mobilisent et remobilisent l’électorat ouvrier et populaire, comme l’a fait Joe Biden, les populistes sont battus.

Mais il reste une grosse différence entre les Etats-Unis et la France : en 2020 aux Etats-Unis le sortant était populiste ; en 2022 en France le sortant sera progressiste.

Par Dominique Villemot est avocat, président du think tank Démocratie vivante, auteur de « La gauche qui gouverne » (Privat).

Tribune originale parue dans “Les Echos”, 18 novembre 2020

L’élection de Joe Biden et de Kamala Harris est une victoire de la démocratie et on ne peut que s’en féliciter. Elle ne doit pourtant pas nous cacher l’ampleur du résultat de Donald Trump. Après quatre ans de présidence chaotique, marquée par le mensonge, la brutalité et le mépris des engagements internationaux, plus de 71 millions d’électeurs américains ont apporté leur confiance à un président sortant dont l’élection n’a eu comme résultat que de scinder son pays en deux.

La fracture des USA se lit sur la carte électorale elle-même : les agglomérations côtières et urbaines où vivent les Américains éduqués, ouverts sur le monde et qui peuvent croire en leur avenir ont voté pour Joe Biden tandis que les électeurs du centre du pays, rural, repliés sur eux-mêmes et accrochés à un passé et des traditions dont ils craignent la disparition, se sont jetés dans les bras d’un Trump qui était pour eux leur porte-voix. Ces deux Amérique sont-elles irréconciliables ? C’est tout l’enjeu de la Présidence qui s’ouvre et il faudra tout le courage et l’expérience de Joe Biden pour commencer à panser les plaies d’un pays en crise.

Cette fracture montre aussi que l’élection de Donald Trump il y a quatre ans n’était pas un accident de l’histoire mais le résultat d’une peur du déclassement d’une partie des Américains depuis des décennies. La peur du déclassement exprimée à travers le vote de Trump ne touche pas que les États-Unis : le Brexit a divisé les Britanniques selon des mêmes critères sociologiques que les élections américaines. En France, la révolte des gilets jaunes qui s’est tue mais n’est pas éteinte pour autant, a révélé une cassure semblable. Les ingrédients sont les mêmes : opposition entre les agglomérations urbaines qui se développent et une ruralité qui se sent abandonnée par un État jugé lointain, rejet des élites, peur d’un remplacement fantasmé mais dont le spectre est attisé par une extrême droite qui imprègne subrepticement les discours de la droite dite républicaine.

Le résultat est une défiance croissante dans les institutions démocratiques qui apparaissent de plus en plus inadaptées et incapables de protéger les Français les plus vulnérables. Cela se traduit par une abstention record aux différentes élections électorales qui fragilise gravement la représentativité des élus nationaux et locaux. Nul n’est épargné. Et l’éclosion de jacqueries diverses et la révolte de certaines catégories contre l’État dit “policier” alimentent le populisme et décrédibilisent la parole publique.

La crise sanitaire vient alourdir cette tendance car elle renforce des inégalités déjà insupportables, notamment entre les femmes et les hommes et accroît de manière inquiétante la précarité et la pauvreté. La crainte d’une crise économique engendrant une révolte sociale plonge aussi les Français dans l’angoisse du lendemain qui les pousse encore davantage vers la recherche d’un “sauveur suprême”.

Or le mandat de Donald Trump a démontré que le populisme est une impasse et un danger, mais le maintien d’un vote massif à son profit lors de cette dernière élection montre que l’illusion populiste fait encore rêver.

Cet exemple d’Outre-Atlantique a un effet miroir sur ce qui risque de se passer dans notre pays si nous n’y prenons pas garde. En effet, l’élection présidentielle en France a lieu dans moins de 18 mois et les progressistes ne pourront pas clamer leur surprise devant l’arrivée d’un populiste au pouvoir, comme ils le furent en 2002 quand Jean-Marie Le Pen a accédé au second tour de la présidentielle. Il ne sera plus temps de défiler après l’élection pour défendre dans la rue les valeurs démocratiques qui auront été battues dans les urnes.

C’est maintenant qu’il faut construire la coalition des progressistes pour une politique de reconquête républicaine dans le cadre de la solidarité européenne. C’est bien là, le clivage qui structure le débat public dans la phase nouvelle que la France connaît, comme d’ailleurs la plupart des pays démocratiques, celui qui oppose les démocrates universalistes et les nationaux populistes.

La mort des partis traditionnels en France tourne la page de l’alternance entre la gauche dominée par le PS depuis 1981 et le parti de la droite républicaine sous diverses appellations. La France serait donc bien inspirée de rejoindre les autres démocraties européennes, comme l’Allemagne, où la démocratie s’exprime par la construction d’une coalition de partis divers liés par un contrat de gouvernement passé devant le peuple et dont le respect est contrôlé par le Parlement. D’ailleurs, les deux grands partis traditionnels aujourd’hui moribonds, le PS et les Républicains ne sont-ils pas déjà les coalitions de courants divers et d’intérêts concurrents ? Une coalition gouvernementale doit se faire dans la transparence et non sur un coin de table de commissions occultes comme c’est le cas pour les anciens partis. La démocratie y gagnerait beaucoup.

Le dépassement des anciens clivages ne signifie pas l’extinction de la gauche et de la droite, mais se traduit par de nouveaux marqueurs politiques. La gauche est devenue conservatrice quand elle défend la rigidité des statuts contre la reconnaissance des compétences ou quand elle garde une attitude “anti-entreprises” aux relents passéistes qui donne l’impression qu’elle entre dans l’avenir à reculons. Il arrive à des femmes et des hommes de droite de pratiquer une politique keynésienne à contre-courant de leurs discours passé. La relance économique menée par le ministre de l’économie, pourtant venu de la droite, n’a rien à envier au programme d’un gouvernement de gauche.

C’est sur ces nouveaux marqueurs que la coalition des progressistes doit se construire : la reconquête d’une nation républicaine fondée sur la laïcité, la réindustrialisation de la France dans le cadre d’un plan européen, l’égal accès à l’émancipation par l’école au cœur de la République, la construction d’une Europe politique à partir de projets concrets comme la recherche, les transports, la transition énergétique, une politique énergique d’aménagement du territoire. En urgence, dès maintenant, la lutte contre la pauvreté inadmissible dans un pays riche comme le nôtre doit mobiliser tous les acteurs de la démocratie sociale qu’il est grand temps de réhabiliter. Beaucoup d’entre nous ont quitté une gauche qui tourne le dos à la sociale démocratie pour adhérer dès le début au projet que nous proposait Emmanuel Macron.

Aujourd’hui, nous restons fidèles à ce projet même si beaucoup de Français n’en discernent plus le sens, c’est ce sens qui a porté beaucoup d’électeurs de gauche, comme nous, à soutenir le président de la République et qu’il faut retrouver dans la campagne présidentielle qui commence. Les sociaux-démocrates doivent se rassembler dans la coalition progressiste qui seule peut nous éviter de voir émerger un Trump à la française.

Par Najwa El Haïté, adjointe au maire d’Evry-Courcouronnes et Yves Durand, ancien député PS du Nord, membres du Comité Exécutif TdP

Tribune originale parue dans “Marianne”, le 16 novembre 2020

L’ignoble exécution du professeur d’histoire-géo du collège du Bois-des-Aulnes, à Conflans-Sainte-Honorine, devrait en toute logique dessiller les yeux des sceptiques. En ciblant un enseignant qui ne faisait que son travail d’éducation de ses élèves sur la liberté d’expression, ce meurtre quasi-rituel signe et revendique son mobile sans confusion possible : un rejet des valeurs qui fondent notre société, et un refus de leur enseignement à notre jeunesse issue de l’immigration.

Ce diagnostic a été maintes fois énoncé au gré de la longue chronique d’assassinats terroristes qui nous ont endeuillés depuis les années de plomb de la guerre civile algérienne, mais tout autant dénié et récusé par les tenants d’une explication sociale primordiale, empreinte d’aveuglement quand ce n’est de complaisance idéologique.

La décapitation sauvage de Samuel Paty, en sa qualité d’enseignant, n’exprime pas une révolte sociale, mais clairement un attentat contre notre société qui ne laisse pas place au doute.

Les autorités françaises disposaient depuis plusieurs années de renseignements alarmants sur le développement de prêches notoirement hostiles aux valeurs essentielles de notre société, sur la déscolarisation massive d’enfants musulmans au profit de médersa improvisées par les mosquées, ou encore sur la prise en charge comportementale de femmes musulmanes pour leur enseigner leur conduite dans l’espace public, notamment dans les structures de soins en présence de soignants masculins.

Il est fallacieux d’affirmer comme le fait le Rassemblement national qu’elles n’y ont pas réagi. Nos gouvernements ont mené à bas bruit de colossales opérations de rénovation urbaine et de soutien associatif, fermé des lieux de cultes, expulsé des imams radicaux, accentué la pression sur les milieux salafistes et limité autant que possible l’immigration, au grand dam de l’Italie notamment.

Une loi est insuffisante à réformer du jour au lendemain des cultures et des mentalités, si elle ne s’accompagne pas de manifestations tangibles d’égalité et de fraternité

Mais, pétrifiés par les émeutes urbaines de 2005 et par un risque d’embrasement général des « quartiers », ils ont évité de nommer les choses par leur nom, de désigner l’adversaire et se sont gardés de déstabiliser l’économie souterraine des petits trafics, qui assure un autre ordre public que celui de la République dans bien des quartiers.

Pour autant, la société française est définitivement multiethnique et multiconfessionnelle, comme l’étaient ses armées de la Libération auxquelles nous devons les conforts de vainqueur de notre après-guerre et la restauration de notre statut international.

Face aux menaces intérieures auxquelles sont exposés tous les symboles de notre mode de vie, nos gouvernements n’ont plus d’autre choix que d’y répondre ouvertement et sans faiblesse en s’affranchissant des dénis, des tabous, mais aussi de l’enfumage des moralismes intellectuels et des hypocrisies politiques.

L’assassinat de Samuel Paty montre hélas combien le projet de loi sur le « séparatisme » est bienvenu.

Et combien la réponse que Jean-Luc Mélenchon lui a apportée (« Nous avons connu des siècles de guerres de religion ; on ne veut pas y retourner ») est à côté de la plaque, quand c’est la République qui est visée et un serviteur de son école massacré.

Mais une loi est insuffisante à réformer du jour au lendemain des cultures et des mentalités, si elle ne s’accompagne pas de manifestations tangibles d’égalité et de fraternité.

Les Français ont la force de leur histoire émancipatrice et des valeurs républicaines pour surmonter cette épreuve, mais ils doivent se garder du poison de l’amalgame et des surenchères démagogiques dans lesquels les droites identitaires pourraient les entraîner.

-Gilles Savary, délégué général de Territoires de Progrès

Tribune originale parue dans le journal “L’Opinion” du 20 octobre 2020

Avec le plan de relance, l’Etat signe le plus gros chèque de l’histoire : 100 milliards d’euros pour la transition écologique, l’investissement dans notre appareil productif, et pour la cohésion sociale et territoriale. Ce plan sera un succès s’il répond aux attentes des Français.

Ces attentes sont élevées en matière écologique. Le confinement a montré que nous pouvions vivre en consommant moins, que le quasi-arrêt de l’économie faisait reculer les émissions de gaz à effets de serre et qu’il fallait préserver notre planète. France Relance fait donc le pari d’investir dans l’appareil productif en donnant la priorité aux domaines qui feront l’économie et créeront les emplois de demain. La France de 2030 devra être plus verte et plus respectueuse du climat, l’économie et l’écologie devant aller de concert. Consacrer 30 milliards à la transition énergétique, c’est plus que doubler le montant des investissements de l’Etat dans ce domaine.

On entend dire que ce plan ne serait pas un vrai plan de relance, car, en privilégiant l’offre, il s’inscrit dans le long terme, alors que c’est maintenant que l’économie a besoin d’être soutenue. Il négligerait aussi les salariés au profit des entreprises. C’est oublier que ce plan s’inscrit dans une politique plus globale. Il complète les autres mesures prises par le gouvernement, notamment la prise en charge par l’Etat de 84 % des salaires nets des personnes en chômage partiel. Cela représente une injection de 30 milliards dans l’économie au bénéfice des salariés et constitue une politique clairement « keynésienne » de soutien de la demande.

S’y ajoutent les mesures en faveur des jeunes. Ce sont déjà 700.000 jeunes de moins de 25 ans qui se retrouvent sans activité ! Le plan prévoit des aides qui permettent aux employeurs d’embaucher ceux que certains nomment déjà la « génération Covid ». France Relance offre des mesures d’aide à l’apprentissage (2,7 milliards) et à l’embauche des jeunes (1,1 milliard) ; il cible surtout les catégories de population qui s’intègrent le moins facilement sur le marché du travail ou qui sont les plus fragiles : 1,3 milliard pour l’accompagnement renforcé et personnalisé des jeunes vers l’emploi, ce qui permet de proposer 300.000 parcours d’accompagnement et d’insertion sur mesure.

Malheureusement, certaines entreprises abusent des dispositifs. La ministre du Travail a déjà mis en garde celles qui abusent du chômage partiel ou des accords de performance collective. Ce type d’accord peut parfois masquer un chantage au maintien à l’emploi en « contrepartie » d’une baisse des salaires et faciliter les licenciements à moindre coût : celles et ceux qui n’acceptent pas la ou les modifications de leur contrat de travail perdent leur emploi.

Pour que les Français adhèrent au plan de relance, il est nécessaire d’introduire un minimum de contrôle et de conditionnement des aides aux entreprises. Bruno Le Maire avait exigé que, pour bénéficier des prêts garantis par l’Etat, les entreprises ne versent pas de dividendes à leurs actionnaires et aient leur siège social en France. Faut-il alors demander aux entreprises des contreparties à la baisse des impôts de production ? Evitons les décisions venues d’en haut. Faisons confiance aux partenaires sociaux sur le terrain. Il pourrait être prévu un avis conforme du comité social et économique sur l’utilisation des aides versées aux entreprises.

La relance française avance, mais ne réussira que si on adopte la bonne méthode, celle de la concertation avec les territoires et les partenaires sociaux. Pour réussir, le plan de relance doit redonner confiance aux acteurs économiques et sociaux, aux entreprises, aux salariés, aux investisseurs, aux consommateurs.

Par Aude de Castet, Dominique Villemot et Jacky Bontems, membres du Comité Exécutif TdP et du think tank Démocratie Vivante.

Tribune originale dans “Les Echos”, 19 octobre 2020

 

“Tuer un enseignant, c’est attaquer l’école et assassiner la République ! C’est l’objectif assumé de l’islamisme qui, par la décapitation de Samuel Paty, professeur d’histoire-gé , est monté d’un cran dans l’horreur. C’est de la barbarie à l’état pur.

Une grande voix de la littérature algérienne, Boualem Sansal, auteur du livre “2084. La fin du monde” dénonce inlassablement l’aveuglement des gouvernants occidentaux face à la montée de l’islamisme et la cible privilégiée que représente la France quant à la volonté de conquête de cet islam dévoyé. Et cette terrible actualité plaide pour lui.

C’est encore ce même grand écrivain francophone qui alerte dans de nombreuses interviews de la situation de quartiers entiers en France échappant aux lois de la République. L’islamisme y règne en maître et véhicule ses règles, du fait de la démission ou du clientélisme de certains élus locaux. Dans ce contexte, la France une et indivisible se fissure sous nos yeux face aux coups de boutoir des anti-républicains et des idéologues radicaux qui veulent la voir se fracturer, s’effondrer.

Ce que l’islamisme veut détruire en France, comme dans le monde, c’est ce que l’humanité a construit patiemment depuis des siècles : le libre examen, la libre expression, l’esprit critique, l’égalité entre les femmes et les hommes, la liberté de conscience que garantit la laïcité. C’est cet héritage que l’école et les enseignants transmettent aux jeunes dont ils ont la charge au nom de la République.

C’est pourquoi les enseignants sont en première ligne dans la guerre contre l’islamisme. Sans doute aurions-nous pu en prendre conscience plus tôt et les protéger au lieu de “mettre sous le tapis” les alertes que les chefs d’établissement font remonter à une hiérarchie trop souvent sourde au désarroi des professeurs laissés à eux-mêmes face à des situations de plus en plus difficiles.

L’hésitation de l’État à sanctionner les parents connus pour leur engagement islamiste, voulant imposer le voile au collège de Creil en 1989, a été le début du renoncement. Déjà, les islamistes testaient la résistance de la République à affirmer ses valeurs.

Trente ans après, ayons le courage d’affronter un ennemi qu’il faut nommer sans ambiguïté : l’islamisme qui n’a rien à voir avec une religion mais qui est un projet politique dont le but est la destruction de la démocratie. C’est par l’école que la République s’est construite, c’est par l’école qu’elle se défendra et qu’elle vivra en revendiquant son message d’universalisme.

Encore faut-il donner à ceux qui la servent les moyens d’accomplir leur mission. La formation des enseignants n’aborde qu’occasionnellement les problèmes qu’ils rencontreront dans leur classe. Quand aborde t-on réellement la réalité du métier dans les instituts de formation ? Quand forme t-on les jeunes enseignants à la laïcité et à la manière de la faire vivre dans des classes de plus en plus difficiles ?

C’est une vraie formation professionnelle qui permettra aux enseignants de résister aux pressions extérieures. L’école doit rester l’espace sacré où le jeune acquiert les connaissances, les compétences et la culture qui lui donneront l’esprit critique nécessaire pour l’éloigner du fanatisme.

Mais l’école ne pourra rien si la société elle-même montre des signes de renoncement et d’affaiblissement. Le pire ennemi du pacte républicain est sans doute la complaisance que les islamistes ont su utiliser pour avancer dans leur projet mortifère. Tariq Ramadan et d’autres prédicateurs radicaux ont été trop souvent les bienvenus dans des colloques.

Sous prétexte de lutter légitimement contre les discriminations, certains milieux ont vu dans le message islamiste souvent masqué une nouvelle lutte des classes. Tariq Ramadan et d’autres prédicateurs radicaux ont été trop souvent les bienvenus dans des colloques où le message des Frères musulmans était écouté avec bienveillance. Cette complaisance ne peut plus être tolérée. Ce n’est pas de complaisance dont les enfants de milieux défavorisés, souvent issus de l’immigration ont besoin, mais d’égalité réelle devant l’exigence, l’excellence et la réussite.

Aujourd’hui, l’émotion réunit l’ensemble de la Nation. Qu’en sera-t-il demain ?

Lors de deux discours courageux au Panthéon et aux Mureaux, le président de la République a rappelé les principes qui fondent le pacte républicain et proposé des dispositions qui doivent rapidement se concrétiser dans une loi.

Un tel texte sur la laïcité ne peut être compris par nos concitoyens que s’il est porté par l’ensemble des républicains de gauche comme de droite. C’est ce dépassement des clivages partisans qui redonnera sa force à la laïcité  sa place à l’école et les moyens à la République de combattre l’ennemi islamiste.”

Par Najwa El Haïté, déléguée nationale adjointe et Yves Durand, président du Conseil national TdP

Tribune originale parue dans “Marianne”, 18 octobre 2020

Au moment où la liberté est mise en danger par des terroristes fanatiques, il faut nommer l’indésirable sur notre sol : l’islam radical. Après des années de déni, voire de complaisance électoraliste, le président de la République a pris le parti du courage, de la clarté et de la responsabilité en désignant l’ennemi. La France républicaine ne peut pas devenir une mosaïque de communautés, religieuses, ou sociales. Elle veut rester une République de citoyens libres et égaux en droits et en devoirs.

Pour nous, le choix est donc clair : il est celui de la République. La laïcité en est le cœur, garante de notre liberté de conscience et de notre unité nationale. Loi de liberté et d’apaisement, la loi de 1905 séparant les églises et l’État a renvoyé la foi à la sphère privée et exclu les églises du champ politique.

Mais force est de constater aujourd’hui qu’une entreprise politique dévoyant l’Islam voudrait imposer une loi religieuse factieuse en rupture avec nos valeurs laïques, démocratiques, d’égalité entre les hommes et les femmes et de neutralité éducative.

Ce combat pour la laïcité n’aurait jamais dû être abandonné à la droite

Face à cette dangereuse entreprise, la République est en état de légitime défense. Il s’agit aussi de protéger de cette emprise l’immense majorité de nos compatriotes musulmans qui vivent en paix dans la citoyenneté française alors que les islamistes voudraient les séparer de la Nation.

D’ailleurs, ce combat pour la laïcité n’aurait jamais dû être abandonné à la droite et moins encore aux ambiguïtés de l’extrême droite. Aussi, en soutenant l’initiative du président la République, il ne s’agit pas d’imposer des contraintes particulières aux musulmans de France. À cet égard, nous devons veiller à ce que tous les cultes soient mis sur le même plan et que la République tienne ses promesses notamment à l’école, creuset où se construisent, dès le plus jeune âge, l’émancipation et le respect du bien commun. On ne peut donc qu’être inquiet de l’explosion des écoles hors contrat et de la scolarisation à domicile quand elles traduisent la volonté d’extraire les enfants de l’esprit scientifique, de trier dans les connaissances et d’interdire certaines disciplines sous prétexte qu’elles contreviennent au dogme. Une école hors contrat ne peut s’ouvrir sans qu’on ait au préalable contrôlé les compétences des enseignants et des dirigeants, puis s’assurer du respect des programmes et de leur neutralité philosophique et politique.

À cet égard, les mesures envisagées par le président de la République doivent être soutenues et mises en œuvre sans faiblesse, à commencer par la décision historique d’imposer la scolarisation obligatoire dans des structures scolaires à partir de 3 ans.

La République, c’est aussi la liberté de conscience et donc la liberté de culte, pourvu qu’elle ne trouble pas l’ordre public. Les lieux de culte ne peuvent pas être des foyers de remise en cause de la République et des valeurs de notre société démocratique. Le contrat de confiance entre l’État républicain et les cultes doit reposer sur la clarté, la transparence et l’équité notamment pour ce qui concerne les lieux de culte.

L’État serait ainsi en droit de s’assurer que ces bâtiments ne sont pas des lieux de conspiration contre la République. Cette disposition entraînerait d’elle-même un contrôle de la formation et de la nomination des imams de France, tel que l’envisage le président de la République.

Mais une loi ne fait pas tout. Encore faut-il que nos concitoyens de confession musulmane ne se sentent pas exclus de la communauté nationale car il ne peut y avoir de lutte contre le séparatisme politique sans une lutte tout aussi exigeante contre toutes les formes de “séparatisme” : social, territorial, culturel, de cadre de vie, et d’accès à l’emploi. L’égalité des chances est la meilleure arme contre les tentations de séparatisme.

Aussi, après le courageux discours du président de la République, nous souhaitons un débat serein, dans la réaffirmation claire de nos principes républicains. Nous y prendrons toute notre part.

Tribune originale parue dans “Marianne“, 9 oct. 2020

Signataires, membres du Comité exécutif de Territoires de Progrès :
Gilles Savary, délégué général et ancien député PS
Yves Durand, président du conseil national, ancien député PS (59)
Laurent Bonnaterre, délégué national adjoint, maire de Caudebec-lès-Elbeuf
Aude de Castet, déléguée nationale adjointe, conseillère municipale
Muriel Vergès Caullet, actuelle conseillère régionale Bourgogne-Franche-Comté
Nawja El Haïté, déléguée nationale adjoint, adjointe au maire (91)
Bernadette Laclais, ancienne députée PS et maire de Chambéry (73)
Felix Meysen, secrétaire général adjoint, collaborateur politique
Jean-Marc Pasquet, haut fonctionnaire
Hélène Roques, déléguée aux questions sociétales et déléguée Paris
Véronique Hamayon, haut fonctionnaire

Les députés signataires, en double appartenance avec Territoires de Progrès :
Eric Alauzet, député (LREM) du Doubs

Christophe Arend, député (LREM) de Moselle
Francis Chouat, député (LREM) de l’Essonne
Françoise Dumas, députée LREM du Gard
Pascale Fontenel-Personne, députée (apparentée MoDEM) de la Sarthe
Alexandre Freschi, député (LREM) de Lot-et-Garonne
Anne-Christine Lang, députée (LREM) de Paris
Michèle Peyron, députée (LREM) de Seine-et-Marne
Sophie Beaudoin-Hubière, députée (LREM) de la Haute-Vienne
Pierre Venteau, député (LREM) de Haute-Vienne
Jean-Michel Mis, député (LREM) de la Loire
Monica Michel, députée (LREM) des Bouches-du-Rhône
Yves Daniel, député (LREM) de Loire-Atlantique
Anne Brugnera, députée (LREM) du Rhône

Cécile Rilhac, députée (LREM) du Val-d’Oise