En pleine crise sanitaire, un débat public, décalé des préoccupations essentielles de nos concitoyens, s’est ouvert sur une réforme du mode de scrutin dans la perspective des élections législatives de l’an prochain.

Il s’agirait de remplacer le scrutin majoritaire de circonscription par un scrutin proportionnel de liste. Cette proposition fait écho à une promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron en 2017 en réponse à une aspiration de longue date de François Bayrou, mais se fait aujourd’hui pressante à 16 mois de l’élection présidentielle. Elle appuie son argumentation sur le constat de la défiance grandissante qui s’est installée depuis plusieurs années entre le peuple et ses représentants, et qui se manifeste par une abstention électorale croissante, ainsi qu’une contestation de plus en plus turbulente de l’autorité publique.

Notre pays est en proie à une crise de confiance dans ses institutions, d’autant plus troublante qu’elle ne traduit en rien un désinvestissement politique ou militant de la société civile. Elle présente les caractéristiques d’une crise de régime qui ne distingue pas particulièrement la France de la plupart des grandes démocraties, indépendamment de considérations de mode de scrutin.

Prétendre que l’instauration d’un scrutin proportionnel suffirait à dissiper ce profond malaise constitue une approche optimiste et excessivement tronquée du scepticisme qui gagne nos démocraties représentatives. Les causes en sont multiples et profondes.

Elles tiennent certes à l’épuisement du modèle paternaliste d’après-guerre, mais aussi aux formidables changements géopolitiques, sociétaux, technologiques, médiatiques, qui affectent nos vieilles nations occidentales.

Il est en revanche exact que le scrutin majoritaire, s’il permet encore de gouverner, est de moins en moins représentatif de l’état de l’opinion et des forces politiques en présence. Il n’est donc pas illégitime de se poser la question de sa correction afin que l’Assemblée Nationale soit plus conforme au paysage politique réel. Il est cependant très rare qu’un changement de mode de scrutin réponde au calcul qui le motive, et avant d’y procéder il serait sage d’envisager la balance des désagréments et des bénéfices qu’il pourrait procurer au pays et à sa gouvernance.

En 1986, François Mitterrand, à la tête d’un majorité à bout de souffle, avait opté pour la proportionnelle afin de priver la droite de majorité à la faveur d’une entrée massive du FN au Parlement. Il a, contre toute attente, obtenu une majorité absolue de la droite, et l’avènement parlementaire du Front National n’a en rien enrayé sa progression électorale ni réconcilié les français avec leurs représentants. Il s’en est sorti personnellement puis politiquement par la pirouette de la cohabitation entre gauche et droite de gouvernement. Mais le contexte politique de 2022 ne sera pas celui de 1986.

Une proportionnelle intégrale placerait le Rassemblement national en position dominante à l’Assemblée face à un échiquier politique profondément fragmenté, impropre à constituer des coalitions de gouvernement cohérentes et durables. Elle consisterait à retourner à l’instabilité chronique de la IVè République, mais avec pour inconvénient supplémentaire sous les institutions de la Vè République, d’accentuer la présidentialisation du régime et l’affaiblissement du Parlement.

Dans le contexte politique d’aujourd’hui, l’instauration de la proportionnelle déboucherait non pas sur une pacification du débat public, mais sur une balkanisation de l’Assemblée nationale et un face à face exacerbé entre la rue et le Président, seul élément de stabilité du régime. L’introduction partielle de la proportionnelle à travers un mode de scrutin mixte, du type de l’actuel scrutin sénatorial par exemple, pourrait en revanche constituer un compromis acceptable entre une meilleure représentativité des forces politiques en présence et le maintien absolument indispensable d’un ancrage territorial de nos députés.

Mais il ne faut pas en attendre un miraculeux regain de confiance dans nos institutions. La Vè République assortie du quinquennat et de l’inversion du calendrier est fatiguée, et le régime hyper présidentiel a épuisé ses charmes.

Notre pays a impérativement besoin de moderniser sa Gouvernance et de régénérer sa démocratie, non pas par d’incessants replâtrages de sa Constitution sous la pression des émotions du moment, mais par une réforme profonde de ses Institutions. Sauf à remettre en cause l’élection du Président de la République au suffrage universel, nous devons évoluer vers un régime présidentiel contrôlé mais assumé, doté d’un Parlement disposant enfin de la plénitude des prérogatives attachées au principe de séparation des pouvoirs, ainsi que d’une décentralisation approfondie en pleine responsabilité de compétences et de moyens, et intégrer un « statut » de la participation des citoyens et de la démocratie sociale dans la Constitution.

C’est dans ce cadre d’une réforme d’envergure des institutions de la Vè République que devrait se poser la question, aujourd’hui prématurée et accessoire, du mode de scrutin.

– Gilles Savary, Délégué national de Territoires de Progrès et Dominique Villemot, président de Démocratie vivante | 2 mars 2021

Alors que les Français attendent de la campagne vaccinale un retour à une vie normale dès que possible, le débat qui agite la classe politique sur une réforme du mode de scrutin législatif apparaît surréaliste. 

L’instauration de la proportionnelle intégrale dans un paysage politique éclaté reviendrait certes à favoriser les vieux partis et à placer d’autres en position charnière de majorités à géométries variables, mais au prix d’un Rassemblement national dominant à l’Assemblée nationale et d’un retour aux pires heures de l’instabilité gouvernementale de la IVè République.

Un scrutin de type sénatorial mais au suffrage universel direct incluant une dose de proportionnelle serait de nature à assurer une meilleure représentativité du paysage politique national, tout en garantissant un indispensable ancrage territorial de la Représentation nationale. 

Il est trop tard ou trop tôt pour l’envisager sereinement.

Une telle réforme devrait s’inscrire dans une réforme plus globale de nos Institutions visant à rééquilibrer les pouvoirs en faveur du Parlement sans renoncer pour autant à l’élection du Président de la République au suffrage universel. Elle devrait en outre intégrer la dimension participative dans nos institutions, consolider le dialogue social et approfondir la décentralisation.

Pour Territoires de Progrès, une telle réforme des institutions, modes de scrutin compris, doit avoir une place majeure dans la campagne présidentielle pour une mise en œuvre dans le prochain mandat.

Focus sur l’Ile-de-France par Charlotte Rault |

L’Ile-de-France abrite 12 millions d’habitants (soit 18,8% de la population) et concentre 1/3 de la richesse du pays. C’est aussi la région la plus inégalitaire du pays. Les inégalités sociales y sont particulièrement territorialisées : elles se concentrent majoritairement dans le Nord-est de Paris.

L’Ile-de-France est aussi la région la plus jeune du pays. A ce titre, il convient d’y développer des politiques adressées à la jeunesse en matière d’éducation, de formation et d’insertion professionnelle. La territorialisation des inégalités sociales se traduit dans la carte scolaire. On observe une sur-représentation des lycées professionnels dans les zones les plus défavorisées. Ce clivage territorial (notamment entre l’Est et l’Ouest) se traduit aussi dans la réussite du Baccalauréat général et dans le taux d’accès à l’enseignement supérieur, ou encore dans le taux de scolarisation à 18 ans.

Les politiques menées ces dernières années ne semblent pas avoir véritablement changé la donne. Les jeunes issus des quartiers en difficulté du Nord-ouest parisien et notamment du département de la Seine-Saint-Denis sont toujours ceux qui subissent les plus fortes inégalités scolaires.

Les compétences de la Région en matière de politique sociale et d’éducation :

L’article L4221-1 du code des collectivités territoriales modifié par la loi NOTRe précise : “[Le conseil régional] a compétence pour promouvoir le développement économique, social, sanitaire, culturel et scientifique de la région, le soutien à l’accès au logement et à l’amélioration de l’habitat, le soutien à la politique de la ville et à la rénovation urbaine et le soutien aux politiques d’éducation et l’aménagement et l’égalité de ses territoires, ainsi que pour assurer la préservation de son identité et la promotion des langues régionales, dans le respect de l’intégrité, de l’autonomie et des attributions des départements et des communes”.

Au niveau territorial, les collectivités deviennent les piliers des politiques de jeunesse et d’éducation populaire (article 54 de la loi Egalité Citoyenneté, compétence partagée Education populaire…).

« La région coordonne également, de manière complémentaire avec le service public régional de l’orientation et sous réserve des missions de l’Etat, les initiatives des collectivités territoriales, des établissements publics de coopération intercommunale et des personnes morales, dont une ou plusieurs structures d’information des jeunes sont labellisées par l’Etat dans les conditions et selon les modalités prévues par décret. Ces structures visent à garantir à tous les jeunes l’accès à une information généraliste, objective, fiable et de qualité touchant tous les domaines de leur vie quotidienne. » ;

Il convient d’adopter une approche transversale pour favoriser l’égalité des chances dans la Région. Trois axes : l’éducation et l’insertion professionnelle, la santé mentale et le logement.

Une région motrice d’avenir

Par l’éducation

Cibler les élèves dont le contexte socio-économique, culturel ou géographique peut constituer un frein, notamment dans les quartiers en politique de la ville (QPV) et les espaces ruraux.

Une Région active dans le renforcement des « Cités éducatives » en les utilisant davantage pour favoriser la mixité sociale (ciblage sur le public jeune de 3 à 25 ans), par exemple en impliquant des intervenants extérieurs aux zones REP / REP +, issus du monde économique ou universitaire (+mentorat/tutorat). Les Cités éducatives visent à intensifier les prises en charges éducatives des enfants à partir de 3 ans et des jeunes jusqu’à 25 ans, avant, pendant, autour et après le cadre scolaire. Elles consistent en une grande alliance des acteurs éducatifs travaillant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville : services de l’État, des collectivités, associations, habitants. Objectif: gouvernance multi-niveau→travailler en meilleure intelligence avec l’ensemble des partenaires publiques. Mieux coordonner l’action des différents acteurs publics) dans les quartiers les plus défavorisés pour structurer des dispositifs visant à promouvoir l’égalité des chances. 3 champs clefs : (1) conforter le rôle de l’école et la réussite scolaire (climat scolaire, carte scolaire et renouvellement urbain, structuration des réseaux, innovation pédagogique, formation et fidélisation des équipes, orientation, soutien scolaire…), (2) assurer la continuité éducative à l’école et hors l’école (ouverture de places de crèche et convergence du travail social dès la petite enfance, offre éducative personnalisée de sport, culture ou loisir, persévérance scolaire et raccrochage…) et

Il est nécessaire dencourager le développement de loffre périscolaire.

➔ Soutien aux actions en faveur de la continuité éducative et des actions jeunesse hors les murs.

Ex: Encourager et favoriser le développement de partenariat entre les centres d’art intercommunaux / les théâtres publics et les écoles primaires et les collèges. (Partenariats avec les

Soutenir des actions de tutorat/ mentorat. Aider les lycées et les établissements d’enseignement supérieurs à structurer des partenariats et à encourager des étudiants à prendre en charge des élèves en difficulté.

➔ débloquer un financement régional pour créer des emplois étudiants supplémentaires pour des missions de tutorat.

➔ augmenter les recrutements CROUS de « référents étudiants ».

Ces accompagnements et systèmes de tutorat-mentorat entre élèves favorisent la mixité sociale, le dialogue et le partage de connaissances, autant qu’ils prémunissent les élèves contre l’isolement et la solitude.

– Par l’aide à l’insertion professionnelle

S’appuyer sur les académies en renforçant les partenariats entre collèges, lycées, établissements d’enseignement supérieur, associations et acteurs de l’économie.

  • ➔  Soutien à l’insertion professionnelle. Ex : Proposer un cadre de rencontres entre des entreprises et des jeunes en insertion
  • ➔  Soutien des associations qui œuvrent dans ce domaine
  • ➔  Favoriser l’accès au droit et à l’information en s’appuyant sur les relais locaux (mairies, associations, missions locales).

Une région protectrice et inclusive

Revaloriser et lancer une campagne de communication autour du dispositif Ecout’Emoi

Le dispositif Ecout’Emoi est une expérimentation portée par la Direction Générale de la Santé (DGS), la Fédération Française de psychiatrie (FFP), la Direction Générale de l’Enseignement scolaire (DGESCO) et la Direction Générale de l’Enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle. Elle a pour objectif principal de mieux repérer des jeunes présentant des signes de souffrance psychique et de leur proposer une prise en charge adaptée et facilitée. Le dispositif prévoit une consultation médicale d’évaluation et la prescription d’un forfait de prise en charge auprès d’un psychologue libéral (sur la base d’un forfait de 12 séances pour le jeune et/ou les titulaires de l’autorité parentale). Le renforcement de la formation en santé mentale, pour les professionnels, et l’inclusion dans un parcours de soins, pour les jeunes, sont coordonnés par les Maisons des Adolescents (MDA) de chaque territoire concerné3.

Développer le Pass Santé Jeunes en région Ile-de-France

Le développement du Pass Santé Jeunes est suggéré dans le rapport de la « Mission Bien-être et santé ». Encourager le lancement d’une application mobile. Les établissement scolaires et notamment les lycées, pourront en faire la promotion. (Aujourd’hui ce Pass est développé par les ARS dans les régions Sud et Bourgogne Franche-Comté. Il est méconnu.).

L’égalité par le logement

En 2016, près de deux millions de jeunes âgés de 18 à 29 ans résidaient en Île-de-France, dont 44 % chez leur(s) parent(s), une proportion nettement supérieure à la moyenne nationale (38 %). Les étudiants franciliens peinent particulièrement à accéder à un logement autonome du fait d’une offre dédiée limitée (1 place en résidence pour 10 étudiants en 2016).

En juillet 2019, on recense près de 89 000 places en résidence étudiante, dont près de 51 000 places sociales, pour un peu plus de 700 000 étudiants inscrits dans la région. L’offre à destination des jeunes actifs, y compris apprentis et jeunes en alternance ou en stage, représentait 21 500 places.

D’après une étude de l’Institut Paris Région, Paris intra-muros, Créteil, Courbevoie et Nanterre qui sont des villes fortes de leur nombre d’établissements supérieurs, ressortent comme les territoires les moins bien équipés en logements pour étudiants.

La question du logement des jeunes se pose à un double niveau :

–  Offres en structure spécifique
–  Accès au parc classique

Comment accroître l’offre ?

>
Cartographier les besoins en logement pour étudiants et jeunes actifs
Construire de nouveaux logements CROUS
> Prioriser le développement de résidences sociales pour les jeunes actifs et assurer un suivi des besoins en logement (+ encourager les collocations dans le parc social)
> Faciliter la mise en relation des bailleurs sociaux et des associations et gestionnaires
>Renforcement des actions partenariales avec Action Logement et les acteurs concernés (universités à proximité par exemple)
>Veiller à la programmation des petites typologies lors des nouvelles opérations

C’est le moment d’un « revenu d’envol » pour les jeunes !

La crise sanitaire que nous vivons depuis un an est lourde d’enseignements sur nos fragilités économiques et sociales.

Relativement épargnée par le virus, la jeunesse est en première ligne de ses conséquences psychiques, économiques et sociales.

C’est elle qui devra assumer pendant plusieurs années le redressement de l’économie et des comptes publics préemptés par le coût collectif considérable de la crise sanitaire. Cette situation n’est pas une exception française mais elle est inédite et appelle une réponse forte !

Nous devons donner à notre jeunesse les moyens de surmonter les obstacles que la crise sanitaire met sur son  chemin et de retrouver  le contrôle de ses projets d’avenir.

Le Gouvernement s’est déjà engagé dans cette voie avec la mise en place d’un plan jeunes d’une envergure sans précédent : garantie Visale d’accès au logement, augmentation de la garantie jeunes , dispositif « 1 jeune, 1 solution » doté de 6,5 milliards d’euros, aides à l’embauche des alternants, allocation de 200 euros à 550 000 jeunes, repas étudiants à 1 euro, etc.

Au-delà de cet effort considérable, de substantielles mesures de soutien psychologique et d’accompagnement individualisé des jeunes en proie à l’isolement et au découragement ont été mises en place pour atténuer les effets délétères de leur isolement social.

Ces dispositifs sociaux ne sont pas négligeables mais ils touchent inégalement les jeunes, selon qu’ils sont étudiants, travailleurs précaires ou saisonniers, inclus dans la société numérique ou démunis d’ordinateurs, originaires de milieux socialisés ou isolés, soutenus par leur famille ou en rupture.

Tous les grands réseaux associatifs de lutte contre la pauvreté observent sur le terrain une dégradation alarmante de la situation des  jeunes et constatent que le regain de chômage et de difficultés familiales les confrontent à des problèmes vitaux de revenu courant.

Ce décrochage social d’une partie de notre jeunesse n’a pas attendu la crise sanitaire pour se manifester de façon de plus en plus tangible et trouve aussi sa source dans des évolutions sociétales qui lui sont bien antérieures : chômage de masse, dissolution des liens familiaux, ruptures éducatives, illectronisme etc..

Mais la crise sanitaire a changé l’échelle du problème en précipitant de nombreux jeunes étudiants ou actifs, subitement privés des ressources d’appoint de petits boulots ou de missions d’intérim dans une grande précarité financière. 

Aujourd’hui, environ un jeune sur cinq vit au-dessous du seuil de pauvreté, soit entre 800 000 et 1,2 million des 18-24 ans.

Le “succès” spectaculaire du repas à 1 euro témoigne de cette situation affligeante.

Il est donc plus que jamais nécessaire d’envisager un filet social pour notre jeunesse qui ne se limite pas exclusivement à la prise en compte des difficultés de la jeunesse active, notamment estudiantine.

Si la pandémie constitue une menace sociale inédite pour les étudiants et jeunes actifs, la réponse que doivent apporter les pouvoirs publics doit prendre en compte également  la population jeune en situation de grande précarité et de désocialisation qui grossit les rangs des SDF et de la grande exclusion.

Seule la création d’un revenu minimum adapté à cette période de la vie apparait en mesure de faire face à cette grande variété de difficultés.

Un tel “revenu jeunes” doit être simple d’accès, sans bureaucratie compliquée ni conditionnalité dissuasive, afin que les jeunes en rupture ne s’en détournent pas, et que ceux qui poursuivent des études ou des projets puissent y avoir accès facilement. 

Comme le RSA, ce serait un revenu différentiel servi, sous condition de ressources des familles, mais, à la différence du RSA, il s’agirait d’un revenu anticipé remboursable – d’une avance sur la vie en quelque sorte – accessible à tous les jeunes de 18 à 24 ans en proie à des difficultés financières ou en rupture familiale.

Il constituerait une assurance de revenu, sécurisante et prédictible, accessible à tous les jeunes qui en feraient la demande, mais avec le statut de créance publique similaire à celle de l’aide sociale aux personnes âgées insolvables admises en Ehpad récupérable sur les obligés alimentaires ou à la succession.

Son coût d’amorçage à taux plein – avant remboursement –  sur la base du “RSA jeune” actuel (565 euros pour personne seule) se situerait autour de 5 milliards € par an, pour un million de bénéficiaires environ..

Il pourrait être couvert en partie par le lancement d’une grande souscription nationale de lancement du revenu jeunes, volontaire, temporaire et défiscalisée.

Ce “revenu jeunes” ouvrirait droit, pour les publics les plus décrochés, à des dispositifs d’accompagnement individualisé.

Il serait rachetable en cours de vie active au-delà d’un seuil de revenus, soit par remboursement échelonné à l’Etat, soit par réquisition des obligés alimentaires, soit par ponction sur le premier héritage en ligne directe de ceux qui en bénéficient.

A défaut de solvabilité ultérieure du bénéficiaire ou de succession permettant son remboursement, la dette en serait effacée au nom de la solidarité nationale envers les plus démunis.

Ses remboursements alimenteraient un fonds national dédié à sa réallocation à de nouveaux bénéficiaires.

Ainsi, tout jeune de 18 à 24 ans, serait assuré dans notre pays de pouvoir s’il le souhaite disposer d’un «  revenu d’envoi  » remboursable à meilleure fortune, lui permettant de faire face à des situations d’impossibilités ou de ruptures familiales pour construire sa vie.

Par Gilles Savary, délégué national de Territories de Progrès | 6 février 2021

L’égalité des chances doit être le second pilier de la défense de la République.

Au moment où s’engage sa discussion à l’Assemblée nationale, Territoires de Progrès renouvelle son soutien au projet de loi « confortant le respect des principes républicains  », avec, en mémoire, l’assassinat barbare de Samuel Paty et le massacre de centaines de nos concitoyens dans des lieux symbolisant la liberté d’expression et de conscience qui fonde notre démocratie.

Face à la menace djihadiste, il ne suffit plus d’exprimer des émotions publiques, d’enchainer les hommages et les décorations posthumes : la République est en état de légitime défense de ses citoyens et de ses principes.

Mais précisément parce que ce texte identifie et nomme la menace, on doit veiller à ce qu’il ne prête à aucun amalgame.  

C’est un texte de défense républicaine, qui signifie que la France ne renoncera jamais à son modèle de démocratie sociale, libre et laïque, issu de la grande Histoire de luttes politiques et sociales à portée universelle.

A ce titre, le Parlement doit veiller à ce que les dispositions du texte ne soient pas détournables de son objectif et des strictes nécessités de défense de la République et de ses valeurs.

La discussion de ce projet de loi doit aussi réaffirmer clairement que la France considère tous ses citoyens sur un pied d’égalité, quelle que soit leur confession. Le sentiment d’appartenance indissoluble à la Nation française transcende croyances et religions.

Cette loi est nécessaire pour colmater les lacunes de notre droit dans lesquelles s’engouffre aujourd’hui la stratégie de noyautage et d’appels aux meurtres de l’islamisme politique, mais elle doit s’accompagner par ailleurs de la mise en œuvre de la promesse républicaine de dignité et d’égalité des chances formulée par le Président de la République dans son discours des Mureaux le 2 octobre 2020 :

> Les obligations de mixité sociale des politiques de l’habitat doivent être renforcées et la politique de peuplement des collectivités locales évaluée et sanctionnée par un mécanisme de bonus malus des dotations de l’Etat ;

> Une attention forte doit être portée à la mixité sociale scolaire, sujet de ségrégation et de refus du vivre ensemble auquel nous devons nous attaquer avec des solutions innovantes ;

> La politique de dédoublement des classes doit être amplifiée et systématisée dans les quartiers et les territoires à handicap éducatif, et doit se poursuivre avec diligence dans le secondaire et les lycées ;

> Le tissu des centres sociaux, des associations sportives et culturelles, des clubs de prévention de la délinquance, des polices de proximité, doit être renforcé, coordonné et soutenu ;

> Des alternatives à la prison, à dessein d’entraide et de responsabilité citoyenne, doivent être mises en place pour certains actes de délinquance ;

> L’éducation populaire doit réinvestir les territoires fragiles et y proposer à la fois des activités de rattrapage scolaire et éducatif, de loisirs, de socialisation et de découverte avec l’objectif de promouvoir l’ouverture intellectuelle, professionnelle, culturelle et géographique des populations résidentes ;

> Les jeunes de 18 à 24 ans doivent pouvoir accéder à une aide financière, à un accompagnement individualisé de leurs projets, et profiter de mentorats exemplaires de réussites républicaines et d’émancipation des femmes. La pérennité de l’ambitieux plan “1 jeune, 1 solution” doit être envisagé.

Si les politiques de rénovation urbaine conduites par l’ANRU et les communes ont incontestablement contribué à améliorer le cadre de vie de nos quartiers d’habitat social, la promotion de l’égalité des chances doit s’y concrétiser par un réinvestissement éducatif et culturel massif, et devenir l’axe central d’une grande politique de ré-humanisation et de re-socialisation de nos territoires fragiles.

Territoires de Progrès en appelle notamment à revisiter et accélérer les dispositifs prometteurs tels que le mentorat, les cités éducatives, le soutien numérique… afin que la défense de l’idéal républicain repose sur ses deux piliers, celui du respect de l’autorité publique et celui de l’égalité des chances.

C’est le moment d’un “revenu tremplin” pour les jeunes !

La crise sanitaire que nous vivons depuis 10 mois est lourde d’enseignements sur nos fragilités économiques et sociales.

Relativement épargnée par le virus, la jeunesse est en première ligne de ses conséquences économiques et sociales.

Contrariée dans ses modes de socialisation festifs, sportifs, culturels à un moment de la vie où se structurent des amitiés et des relations durables, souvent isolée dans des logements exigus ou précaires sur ses lieux d’études et de premier emploi, privée de ses boulots d’appoint et parfois réduite à se nourrir chichement, entravée dans ses projets professionnels et personnels par les incertitudes qui pèsent sur l’économie et l’emploi, la génération qui est au seuil de la vie active paye lourdement l’hypothèque de la pandémie.

C’est elle qui devra assumer pendant plusieurs années le redressement de l’économie et des comptes publics préemptés par le coût collectif considérable de la crise sanitaire.

Cette situation n’est pas une exception française.

Loin de tout misérabilisme, nous devons donner aux jeunes les moyens de surmonter les obstacles que la crise sanitaire met sur leur chemin, et de retrouver le contrôle de leurs projets d’avenir.

La France, avec le concours de l’Union européenne, s’est déjà engagée dans cette voie avec la mise en place de la garantie Visale d’accès au logementl’augmentation de la garantie jeunes et le programme gouvernemental « 1 jeune, 1 solution » doté de 6,5 milliards d’euros.

Au-delà de cet effort financier considérable, de substantielles mesures de soutien psychologique et d’accompagnement individualisé des jeunes en proie à l’isolement et au découragement ont été mises en place par le Gouvernement pour atténuer les effets délétères des confinements.

Mais nous devons aussi apaiser, autant que possible, les angoisses financières, et l’appréhension des plus modestes de nos jeunes de devoir vivre longtemps d’expédients ou de demeurer au crochet de leurs familles.

Les dispositifs sociaux existants touchent inégalement les jeunes, selon qu’ils sont étudiants, travailleurs précaires ou saisonniers, inclus dans la société numérique ou démunis d’ordinateurs, originaires de milieux socialisés ou isolés, soutenus par leur famille ou en rupture.

Et malgré leur incontestable générosité, les acteurs sociaux de terrain s’accordent à considérer que de nombreux jeunes restent confrontés à des problèmes vitaux de revenu courant qui les menacent de grande précarité.

L’une des façons les moins discriminantes de lever ces handicaps d’origine ou de condition est de garantir à tous nos jeunes l’accès à un revenu de départ dans la vie, en comblant le trou dans la raquette du revenu de solidarité active de la tranche des 18-25 ans.

C’est elle qui devra assumer pendant plusieurs années le redressement de l’économie et des comptes publics préemptés par le coût collectif considérable de la crise sanitaire.

Cette situation n’est pas une exception française.

Loin de tout misérabilisme, nous devons donner aux jeunes les moyens de surmonter les obstacles que la crise sanitaire met sur leur chemin, et de retrouver le contrôle de leurs projets d’avenir.

La France, avec le concours de l’Union Européenne, s’est déjà engagée dans cette voie avec la mise en place de la garantie Visale d’accès au logement, l’augmentation de la garantie jeunes et le programme gouvernemental « 1 jeune, 1 solution » doté de 6,5 milliards d’euros.

Au-delà de cet effort financier considérable, de substantielles mesures de soutien psychologique et d’accompagnement individualisé des jeunes en proie à l’isolement et au découragement ont été mises en place par le Gouvernement pour atténuer les effets délétères des confinements.

Mais nous devons aussi apaiser, autant que possible, les angoisses financières, et l’appréhension des plus modestes de nos jeunes de devoir vivre longtemps d’expédients ou de demeurer au crochet de leurs familles.

Les dispositifs sociaux existants touchent inégalement les jeunes, selon qu’ils sont étudiants, travailleurs précaires ou saisonniers, inclus dans la société numérique ou démunis d’ordinateurs, originaires de milieux socialisés ou isolés, soutenus par leur famille ou en rupture.

Et malgré leur incontestable générosité, les acteurs sociaux de terrain s’accordent à considérer que de nombreux jeunes restent confrontés à des problèmes vitaux de revenu courant qui les menacent de grande précarité.

L’une des façons les moins discriminantes de lever ces handicaps d’origine ou de condition est de garantir à tous nos jeunes l’accès à un revenu de départ dans la vie, en comblant le trou dans la raquette du revenu de solidarité active de la tranche des 18-25 ans.

Mais plutôt qu’un revenu d’assistance, il faut mettre en place un « revenu tremplin », universel et accessible à tous les jeunes de 18 à 25 ans.

Il ne s’agirait pas de créer une allocation publique forfaitaire et indifférenciée, au risque d’enfermer des vies dans une logique d’assistance et de résignation, mais d’instaurer un revenu plancher, différentiel, individualisé, cumulable, dans la limite d’un plafond, avec des revenus d’activités (bourses d’études, indemnités d’apprentissage, vacations, ou revenus de travail partiel ou saisonnier par exemple) à l’instar de l’actuel RSA Jeune, ou de la Garantie Jeunes.

Il ne s’agirait pas non plus d’octroyer un capital de départ, dont l’expérience a montré qu’il était exposé à des comportements de dépenses opportunistes sans lendemain. 

Il s’agirait d’un revenu anticipé, plutôt que d’un revenu d’assistance ; mais d’un revenu garanti, sécurisant et prédictible, permettant aux jeunes d’orienter leur vie et d’accéder à des projets personnels en toute autonomie.

Il ne doit pas inciter non plus aux ruptures des solidarités familiales élémentaires, et faire peser sur la seule collectivité une charge que certaines familles ne pourraient ou ne voudraient pas assumer.

Ce “revenu tremplin” aurait donc un statut de créance publique -similaire à celle de  l’aide sociale aux personnes âgées insolvables admises en EPHAD -, et serait remboursable en cours de vie active par le bénéficiaire ou récupérable par l’État au moment de l’héritage familial.

Il ouvrirait droit, pour les publics les plus décrochés, à des dispositifs d’accompagnement individualisé.

A défaut de solvabilité ultérieure du bénéficiaire ou de succession permettant son remboursement, la dette en serait effacée par l’Etat au nom de la solidarité nationale envers les plus démunis.

Tout jeune de 18 à 25 ans, en difficulté financière ou soucieux de son autonomie, aurait ainsi la possibilité de disposer d’une « avance de revenu » sur sa vie active lui permettant de construire sa vie et ses projets en toute indépendance familiale, sans pour autant dépendre d’une logique caritative.

Ce statut d’avance remboursable sur la vie revêtirait une dimension plus optimiste, plus responsabilisante et plus dynamisante que celui d’une assistance publique, dès l’entrée dans l’âge adulte. 

1/ Jeunesse et formation

Une politique ambitieuse d’amélioration des dispositifs scolaires d’orientation, plus précisément de l’information relative à la diversité des formations existantes à destination des publics scolaires. Les inégalités ne sont pas seulement dues à des différences de niveau, elles sont aussi la conséquence des différences de perspectives, entre les élèves qui ont accès à toutes les informations d’un côté, et ceux qui ignorent l’existence de Science Po, mais également des classes préparatoires ou de certaines filières élitistes à l’univerfsité, et plus généralement d’un certain nombre de dispositifs déjà existants dédiés à l’égalité des chances.

Un élu régional pourrait être chargé de la mise en place de ce dispositif ambitieux ; des interventions de présentation et d’information aussi diverses et variées que possible (professions artistiques, carrières sportives, artisanat, nouveaux métiers, recherche scientifique et expérimentale, entreprenariat, découverte des professions associatives, présentation de la fonction publique, etc.) pourraient être proposées et organisées dans tous les lycées franciliens, en collaboration avec leur direction. La région pourrait ainsi servir d’intermédiaire entre établissements scolaires, organisations professionnelles et entreprises partenaires de la communauté éducative afin de faciliter leur participation à l’information.

[Cadre : suite au Décret n° 2019-218 du 21 mars 2019 (JO du 23.3.19) relatif aux nouvelles compétences des régions en matière d’information sur les métiers et les formations, la compétence des régions est étendue à l’orientation des jeunes franciliens.]

Mise en place, en partenariat avec les lycées et les collèges (en lien avec la Ville de Paris et les autres départements franciliens), d’une journée de découverte annuelle de la 4ème à la 1ère dont les affectations seront organisées par la région afin d’éviter les inégalités de lieu de « stage » découlant des différences de milieu social. Plusieurs leviers sont envisageables pour encourager fortement les entreprises régionales à participer à ce dispositif (mécanisme de bonus/malus ; prix décernés pour les entreprises les plus actives ; name and shame ; etc.).

Élaboration d’un plan régional de lutte contre le décrochage en lycée (général et technique) et CFA.

Plan sexennal de construction de logements étudiants.

Implication de la région dans le dispositif d’Erasmus propre aux apprentis (https://generation.erasmusplus.fr/bourse-erasmus-stage-apprenti/).

Création d’emplois-jeunes régionaux supplémentaires permettant à la fois de soutenir l’emploi des jeunes et de répondre aux besoins du territoire.

Incitation à l’implantation de formations d’excellence dans des quartiers concentrant les difficultés.

Focus 19 : organisation de rencontres avec un certain nombre d’établissements de l’arrondissement : école Cifacom, école Jean Trubert, Lycée Jules Richard, école Eschel, ENSA Paris-La Villette, 104factory, Paris&Co, Le Cargo, Espace 19.

2/ Environnement

La dégradation de la qualité de l’air représente l’une des principales inquiétudes des Franciliens : élaboration et mise en place d’un plan de diminution des émissions des GES, par exemple à travers la création d’une prime régionale à la casse pour les véhicules trop polluants.

Incitation à plus de végétalisation de l’espace public, en commençant par les bâtiments propres aux institutions régionales (exemplarité), en s’inspirant des initiatives déjà existantes (que ce soit à l’étranger ou par la Ville de Paris par exemple).

Élaboration et application d’une charte de protection de la biodiversité (différents leviers là encore envisageables).

Émission de green bonds par la région pour financer la transition écologique et la relance économique.

Multiplication de mécanismes de financement public-privé à l’instar de l’outil “France Transition Ecologique” pour inciter les entreprises régionales à participer plus activement à la transition écologique.

3/ Emploi

Accompagnement renforcé de la création d’entreprises au niveau de la région et mise en place d’un suivi durant 5 premières années d’existence de l’entreprise.

Dispositif régional de soutien aux PME franciliennes (amplification du dispositif régional PM’UP, mise en place d’un fonds régional public-privé).

Création et renforcement d’événements de rencontre pour mettre en relation les PME, les incubateurs, les startups et les jeunes franciliens en recherche d’emploi ou de formation professionnelle.

Valorisation de la formation professionnelle par le biais de l’organisation d’événements de type « Vis ma vie de … », avec la participation de personnalités ou de meilleurs ouvriers de France pouvant susciter la curiosité, l’envie et l’intérêt des jeunes franciliens sans emploi de s’intéresser à la profession mise en lumière.

4/ Transports

Dispositifs d’incitation pour augmenter les flux du fret ferroviaire et du transport maritime de marchandises.

Poursuite des objectifs du grand Paris de construction des nouvelles lignes du métro. Automatisation des lignes 11 et 13 métro.

Élargissement des horaires de fonctionnement des lignes automatiques 1 et 4, puis 11 et 13 pour atteindre un fonctionnement 24h/24h.

Création d’un plan de bus interdépartemental.
Incitations économiques à utiliser davantage les nouvelles mobilités vertes.

5/ Alimentation

Aide à la mise en place de circuits courts concernant l’alimentation des franciliens.

Subventions régionales pour inciter des agriculteurs et des entrepreneurs sociaux et solidaires du secteur agroalimentaire à s’installer en région parisienne (adossées à une campagne d’information à destination des franciliens) et encourager les fermes urbaines.

Organisation d’une grande concertation régionale sur le sujet avec les principaux acteurs de la filière (agriculteurs, producteurs, associations, consommateurs, collectivités) pour identifier leurs freins, leurs difficultés, des pistes d’améliorations possibles.

6/ Logement

Réhabilitation des logements sociaux.
Plan de réduction des « passoires énergétiques ».

7/ Sécurité

Renforcement de la présence des agents de sécurité de la SNCF et de la RATP dans les transports en commun après 22h00.

Augmentation du nombre de caméras de vidéo-surveillance en ciblant les endroits stratégiques.

Réflexion, avec les partenaires concernés, autour de la création d’une application de signalement permettant de localiser les troubles à l’ordre public et d’en informer les forces de sécurité les plus proches.

Encouragement et mise en place de dispositifs citoyens de type « Angela » (https://www.franceinter.fr/harcelement-connaissez-vous-angela-nom-de-code-pour-signaler- les-relous-dans-les-bars).

Incitation des prises d’initiatives citoyennes positives.

8/ Santé

Création d’un plan régional de lutte contre les déserts médicaux.

Renforcement des incitations à l’installation de médecins dans les zones sinistrées (aides spécifiques pour ceux qui s’engagent à modérer leurs honoraires).

Multiplication des maisons de santé.

Lancement d’un programme régional de financement de maisons spécialisées dans l’accompagnement et le traitement des maladies neurodégénératives.

9/ Evaluation et transparence

Communication transparente à destination des franciliens s’agissant de l’utilisation du budget régional chaque d’année (par exemple, en début d’année) afin de rendre compte des dépenses réalisées par la région et d’évaluer la pertinence de celles-ci.

Création d’un budget participatif ouvert aux franciliens et mise en place d’une commission citoyenne annuelle afin d’évaluer la politique conduite par la région, composée de franciliens tirés au sort, d’acteurs issus du tissu associatif et d’experts indépendants.

10/ Discriminations

Faire des droits des femmes, de l’égalité salariale, de la lutte contre le racisme et l’homophobie des priorités de la mandature.

Réflexion autour de la possibilité de mise en place de crèches à horaires décalés pour faciliter la vie des familles.

Par Aurélia Caruso

Monsieur le président de la République,

En 2020, vous avez fait un rêve : bâtir un islam en France, respectueux de nos valeurs républicaines, libéré des influences étrangères, structuré et transparent dans ses financements.

Mais à nouveau, ce rêve n’est-il pas en train de se transformer en cauchemar ? En effet, que ce soit François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ou François Hollande, nombreux sont les présidents de la République qui se sont cassés les dents en voulant organiser la deuxième religion de France qui ne dispose pas d’un clergé structurel et donc d’instance représentative au niveau national à la différence des autres religions, catholique, protestante et juive.

Cela s’explique par le fait que l’islam sunnite est une religion individuelle et de conscience. Le fidèle n’a de compte à rendre qu’à Dieu. Il est par essence non assujetti à une quelconque autorité religieuse. Pour ma part, en tant que Française de confession musulmane, je ne me sens pas représentée par les diverses associations cultuelles musulmanes existantes en France qui s’arrogent le droit de représenter la « communauté musulmane ». Je pense d’ailleurs ne pas être un cas isolé.

Les rapports de l’Institut Montaigne révèlent que la majorité des Français de confession musulmane se sent avant tout laïque et veut vivre sa religion comme elle l’entend.

Mais dans le monde profane, l’État, garant du libre exercice des cultes, a besoin d’un interlocuteur et s’inquiète à juste titre de l’influence grandissante de l’islam rigoriste chez les plus jeunes en recherche de spiritualité.

Or toutes les tentatives lancées par les différents gouvernements en place pour organiser l’islam sunnite en France ont échoué. On se souvient en 1990 du Corif (Conseil de Réflexion sur l’Avenir de l’Islam de France) créé par Pierre Joxe ; en 1993 du Conseil des Représentants des Musulmans de France mis en place par Charles Pasqua en parallèle du Corif ; en 1999, de la consultation des représentants des principales sensibilités musulmanes sur l’organisation du culte musulman en France lancée par Jean-Pierre Chevènement, relayée par Daniel Vaillant puis en 2002 par Nicolas Sarkozy avec ses ajouts. Des élections ont été organisées les 6 et 13 avril 2003, dans toute la France, 4 032 grands électeurs ont été désignés par 995 mosquées françaises et constituaient l’assemblée électorale. Le nombre d’électeurs par mosquée a été déterminé en fonction de la surface de la mosquée. C’est ainsi que le Conseil français du Culte musulman (CFCM) vit le jour. Les autorités françaises avaient, enfin, des raisons d’espérer avoir un interlocuteur bien identifié représentant l’islam en France.

Mais, la volonté hégémonique de la Mosquée de Paris, les rivalités internes entre les fédérations de l’islam sunnite sous influences étrangères composant le CFCM n’ont eu de cesse de saborder ce long travail.

Et l’histoire se répète inlassablement. Vous en êtes à votre tour victime monsieur le président de la République. A l’heure où vous annoncez la fin des imams détachés et que vous missionnez le CFCM pour créer un Conseil national des Imams, voilà que les querelles reprennent pour les mêmes raisons, contrariant votre volonté de mettre fin à l’islam consulaire source de tensions et de désorganisation du culte musulman.

Aussi en 2021, je m’interroge : pourquoi la solution ne viendrait-elle pas des femmes ? Pourquoi les pouvoirs publics français ne s’intéresseraient pas plus sérieusement aux initiatives menées par des femmes imams, des théologiennes et islamologues porteuses d’une vision plus égalitaire et ouverte de l’islam ? Il s’agit d’en faire aussi des interlocutrices crédibles de l’État.

En France, Kahina Bahloul, Eva Janadin ou Anne-Sophie Monsinay, en faisant le choix de devenir imam, ont rappelé que rien n’interdit dans le Coran à une femme de diriger la prière. D’ailleurs, dans la tradition prophétique, il apparaît qu’une femme, Oum Waraqa, a été désignée par le prophète Mahomet pour conduire la prière dans une assemblée mixte.

Aussi, il est bon de rappeler que l’infériorité de la femme a surtout été théorisée dès le Xe siècle par une vision et une lecture patriarcale voire misogyne du Coran.

Cette vision libérale de l’islam doit pouvoir coexister pacifiquement avec le courant orthodoxe majoritaire comme l’évoquait très justement Antoine Menusier, auteur de l’ouvrage « le Livre des indésirés  » paru aux éditions du Cerf en janvier 2019.

Regardons également ce qui se passe en dehors de nos frontières. Des femmes comme Asma Lamrabet, médecin et écrivaine marocaine ; Chahla Chafiq-Beski, sociologue et écrivaine iranienne ; l’imam danoise Sherin Khankan ou la chercheuse tunisienne Hela Ouardi et bien d’autres sont aussi porteuses d’un discours de renouveau de l’islam notamment en matière d’égalité entre les hommes et les femmes. Elles sont souvent invitées dans des colloques en France et en Europe pour débattre quant à la façon de libérer la religion musulmane d’interprétations obscurantistes et inégalitaires. Ces femmes courageuses ne restent pas qu’entre elles. Elles partagent leurs réflexions et leurs recherches avec des intellectuels de la gente masculine également convaincus de leurs positions.

Monsieur le président de la République, je terminerai mes propos en insistant sur le travail salutaire de ces femmes et de l’absolue nécessité de leur présence dans le débat public.

Je pense que la France gagnerait à leur accorder la place qu’elles méritent. Cela contribuerait à faire évoluer les mentalités et à unir toutes les forces vives face à des ennemis communs : le fanatisme religieux et l’islamisme terroriste.

Par Najwa El Haïté, déléguée nationale adjointe Territoires de Progrès, avocate et adjointe au maire d’Evry-Courcouronnes

Tribune originale parue sur le site de L’Obs, le 11 janvier 2021

Un Président Responsable Pédagogue et déterminé a tenu 80 % de ses engagements en 36 mois… 

Avant la crise sanitaire en France, il y a eu :

✅le taux de chômage le plus bas depuis plus de 10 ans (7,8% en mars 2020) ;

✅la plus forte progression du pouvoir d’achat des ménages depuis 17 ans (+2,8% entre 2017 et 2019) ;

✅la croissance sur les 3 premières années du quinquennat la meilleure depuis plus de 20 ans (+5,7%)

✅la plus importante baisse d’impôts des ménages depuis plus de 20 ans (-22 milliards d’euros).

✅des classes limitées à 12 pour 300 000 élèves en zones prioritaires

✅150 000 élèves qui ont bénéficié de petits déjeuners gratuits

✅40 000 enfants handicapés de plus accueillis à l’école

✅150 000 personnes sorties de la rue ou d’un centre d’hébergement d’urgence

✅la création de la complémentaire santé à 1€ par jour pour 10 millions de Français

✅la prise en charge à 100% des lunettes, prothèses auditives et dentaires

✅un record historique de 350 000 apprentis par an

✅la fin du numerus clausus pour former plus de médecins

✅la reprises des investissements dans l’hôpital

✅l’interdiction de l’exploration des hydrocarbures sur le territoire

✅le projet de mettre fin aux vols intérieurs lorsqu’une solution en train existe

✅l’annonce de la fermeture des centrales à charbon

✅l’objectif de 1 million de chaudières fioul changées pour 1 € d’ici 2023

✅100 000 prêts à taux zéro pour isoler son logement

✅l’arrêt de l’aéroport de Notre Dame des Landes, de la Montagne d’Or, de EuropaCity.

✅le lancement de la Convention Citoyenne pour le Climat et engagement de reprendre 146 mesures sur 150 retenues

✅l’obligatoire de 50% de produits bio, labellisés ou locaux dans les cantines d’ici 2022

✅la forte augmentation des primes à l’achat d’un véhicule propre, jusqu’à 8 000

✅la baisse des impôts sur les sociétés de 33% à 25%

✅la Simplification du dialogue social pour permettre aux employeurs de négocier plus directement avec leurs employés et primauté des accords d’entreprise afin que les règles soient fixées au plus près du terrain

✅Le plafonnement des indemnités prud’homales, ajustées en fonction de l’ancienneté de l’employé

✅la Création de 100 sites clé en main pour faciliter les installations industrielles

✅500 euros pour chaque Français chaque 

année dans son Compte Professionnel de Formation

Qui a fait mieux et qui ferait mieux ? Malgré la crise des gilets jaunes, les attentats, l’islamisme radical et la  covid19, le Président et son excutif continu les réformes et soutien a travers le plan de Relance les classes populaires et moyennes.

✅Plan lutte contre la pauvreté : 8,5 milliards

✅Augmentation des salaires net du privé : suppression des cotisations salariales maladie et chômage (0,75% + 2,40 % – 1, 7% de CSG) = + 1,45% (soit + 381€/an en moyenne) (N.B : les fonctionnaires ont juste eu une compensation de la hausse de la CSG)

✅300 000 personnes n’auront pas à payer la hausse de la CSG (comme prévu au départ)

✅ Baisse des impôts : 6 milliards pour les ménages, 20 milliards pour les entreprises

✅ Baisse de 30% de la taxe d’habitation (2018), 65% en 2019, 100% en 2020 pour 80% des contribuables (22,4 millions de foyers) et suppression totale pour les 5,6 millions de foyers les plus aisés (2021) : + 590 € /an (moyenne par foyer)

✅ Augmentation minimum vieillesse : + 100 €/mois (en 3 ans : 40 € en 2018, 35 € en janv. 2019, 35 € en janv. 2020 (+ 1 200 €/an au final)

✅Augmentation du revenu de solidarité active (RSA) : 550,93 €/mois pour une personne seule résidant en métropole

✅ Augmentation en 3 ans de la prime d’activité (pour ceux qui touchent – de 1,3 SMIC) : + 80 €/mois (soit +960 €/an)

✅Augmentation de l’allocation adulte handicapé (AAH) : + 81€/mois (en 2 ans : 41€ en 2018, 40 € en 2019) Elle atteindra 900 € en 2019.

✅ Augmentation des allocations familiales : + 1% en avril 2018.

✅ Augmentation du complément familial à 170,71 €, tandis que le complément familial majoré augmente à 256,09 €/mois

✅ Augmentation de l’allocation de soutien familial (complément du revenu des parents isolés ne percevant pas de

pension alimentaire) : + 5,2%, soit 153,70€ pour un taux plein et 115,30 € pour un taux partiel

✅ Augmentation de l’allocation de base d’éducation d’enfant handicapé : + 1% à 131,81 €

✅ Augmentation de l’aide au frais de garde d’un enfant handicapé : +140€

✅ Augmentation de la prime de naissance pour les enfants nés ou adoptés (dès le 1er avril 2018) : 941,66 €

✅ Augmentation de la prime à l’adoption : soit 1.883,31 €

✅ Augmentation du congé parental : 396,01 € (taux plein)

✅ Création d’un congé parental pour les enfants prématurés en 2019

✅ Prise en charge à 100% des frais de diagnostic et de soins pour les enfants (0-6ans ) ayant des troubles du spectres autistiques

✅ Dédoublement de toutes les classes de CP et CE1 en zone prioritaire

✅ 60 quartiers prioritaires avec deux adultes par classe de maternelle

✅ 300 crèches à vocation d’insertion professionnelle (AVIP) créées d’ici 2020

✅ Création de 100 centres et maisons de santé dans les quartiers prioritaires

✅ Augmentation Pass culture de 500 € pour tous les jeunes de 18 ans (1er trimestre 2019)

✅ Augmentation de l’allocation de rentrée scolaire : 367,73 € (6-10 ans), 388,02 € (11-14 ans) et 401,47 € (15-18 ans)

✅ Remboursement de 200€ sur les prothèses auditives en 2019 et « Reste à charge zéro » (2020-2021) : lunettes et prothèses dentaires et auditives pourront être intégralement remboursées

✅ Création complémentaire santé à 1€/j

✅ Suppression des 217€ de cotisation annuelle de la Sécurité sociale étudiante

✅indemnités licenciement : +25%

✅ Dispositif VISALE : caution de l état pour les étudiants locataires

✅ 60 000 logements construits pour les étudiants, 20 000 pour jeunes actifs

✅ Augmentation 1 245 €/an de salaire pour les infirmières à partir du 1er Janvier 2019.

✅ Instauration de la prime pour les enseignants dans les zones prioritaires renforcées : +1 000€/an

✅ 500 € pour financer le permis de conduire des apprentis

✅ Frais incidents bancaires plafonnés à 200 €/an pour les plus précaires

✅ 1 € de cantine pour les plus démunis

✅ Petit déjeuner pour les écoliers dans les REP

✅ Formation obligatoire jusqu’à 18 ans

✅ Suppression des cotisations patronales sur les heures supplémentaires : + 200€ /an sur un SMIC soit 11% de plus par heure supplémentaire travaillée (2019)

✅ Accès au très haut débit (30 Mb/s et plus), à l’ensemble des foyers français, 

d’ici 2022

✅ Pas de d’augmentation de l’âge légal de départ à la retraite

✅ Pas de suppression des pensions de reversion

✅ Suppression de 500 à 1 000 postes de haut fonctionnaires surpayés et peu utiles.

Un total de mesures positives qu’on n avait pas vu depuis … 2002, plus que ce qu’a fait Hollande en 5 ans. Pas mal pour un « président des riches » (ou alors en complétant par “et aussi des modestes”.) !

Mesures écologiques :

✅ 34,2 milliards d’euros sur 5 ans pour le ministère de la transition écologique

✅ dont 2,37 Md pour l’eau et la préservation de la biodiversité

✅ 610 millions pour financer le remplacement des véhicules polluants

✅ 600 millions pour l’aide aux économies d’énergie

✅ dont 110 millions pour la rénovation thermique des logements

✅ Prime à la conversion (pour achat d’un véhicule moins polluant (électrique, hybride, essence ou diesel neuf ou occasion vignette crit’air 1 ou 2.

✅ Plan de relance de plus de 27 milliards en 2020 et idem pour 2021, incluant des aides pouvant aller jusqu’à 15 000 € pour les commerçants et restaurateurs et salariés de la culture.

✅ Prime pour les concitoyens touchant le Rsa de 150 € pour les célibataires et plus plus *pour les foyers( voir le barème )

✅ Maintien de la prime de Noël de 153 € arrondi pour les célibataires et plus voir le barème.

La campagne vaccinale engagée par le gouvernement suscite une certaine incompréhension. Le choix de suivre les recommandations de la Haute Autorité de Santé de vacciner prioritairement les pensionnaires des EHPAD et les personnels de santé – en prenant toutes les précautions juridiques nécessaires dans un pays qui a été déjà assigné en justice ses ministres de la Santé au titre de la première vague de l’épidémie – n’est pas contestable mais souffre malencontreusement la comparaison avec des statistiques de vaccination de pays comparables.

Même si le climat détestable de nationalisme et de compétition sanitaire qui entoure la vaccination dans le monde ne livrera ses vérités définitives que dans plusieurs mois, la stratégie graduelle de la France appelle des explications franches et sans esquive.

En médecine, comme en politique, la confiance est une condition de réussite qui ne se suffit pas de rationalité.

La part de la population qui s’est montrée jusqu’à présent la plus civique et la plus respectueuse des consignes gouvernementales doit être rassurée par des manifestations politiques de confiance dans le vaccin et par la communication d’un échéancier précis d’ouverture de la vaccination dans les régions, à tous les Français qui le souhaitent.

Le vaccin Pfizer-BioNTech aujourd’hui disponible exigeant une logistique difficilement compatible avec une administration massive et parfaitement sécurisée par le réseau des professionnels libéraux, souligne une fois de plus l’intérêt de disposer d’un réseau territorial maillé d’hôpitaux publics et de structures sanitaires, rapidement mobilisables dans tout le pays.

Il est désormais urgent de mettre en place les points de vaccination prévus par le gouvernement dans l’ensemble du pays, sans préjudice de la mobilisation ultérieure du réseau libéral de médecins, de pharmaciens et d’infirmiers, quand un vaccin tout aussi performant, mais moins fragile le permettra.