Focus sur l’Ile-de-France par Charlotte Rault |

L’Ile-de-France abrite 12 millions d’habitants (soit 18,8% de la population) et concentre 1/3 de la richesse du pays. C’est aussi la région la plus inégalitaire du pays. Les inégalités sociales y sont particulièrement territorialisées : elles se concentrent majoritairement dans le Nord-est de Paris.

L’Ile-de-France est aussi la région la plus jeune du pays. A ce titre, il convient d’y développer des politiques adressées à la jeunesse en matière d’éducation, de formation et d’insertion professionnelle. La territorialisation des inégalités sociales se traduit dans la carte scolaire. On observe une sur-représentation des lycées professionnels dans les zones les plus défavorisées. Ce clivage territorial (notamment entre l’Est et l’Ouest) se traduit aussi dans la réussite du Baccalauréat général et dans le taux d’accès à l’enseignement supérieur, ou encore dans le taux de scolarisation à 18 ans.

Les politiques menées ces dernières années ne semblent pas avoir véritablement changé la donne. Les jeunes issus des quartiers en difficulté du Nord-ouest parisien et notamment du département de la Seine-Saint-Denis sont toujours ceux qui subissent les plus fortes inégalités scolaires.

Les compétences de la Région en matière de politique sociale et d’éducation :

L’article L4221-1 du code des collectivités territoriales modifié par la loi NOTRe précise : “[Le conseil régional] a compétence pour promouvoir le développement économique, social, sanitaire, culturel et scientifique de la région, le soutien à l’accès au logement et à l’amélioration de l’habitat, le soutien à la politique de la ville et à la rénovation urbaine et le soutien aux politiques d’éducation et l’aménagement et l’égalité de ses territoires, ainsi que pour assurer la préservation de son identité et la promotion des langues régionales, dans le respect de l’intégrité, de l’autonomie et des attributions des départements et des communes”.

Au niveau territorial, les collectivités deviennent les piliers des politiques de jeunesse et d’éducation populaire (article 54 de la loi Egalité Citoyenneté, compétence partagée Education populaire…).

« La région coordonne également, de manière complémentaire avec le service public régional de l’orientation et sous réserve des missions de l’Etat, les initiatives des collectivités territoriales, des établissements publics de coopération intercommunale et des personnes morales, dont une ou plusieurs structures d’information des jeunes sont labellisées par l’Etat dans les conditions et selon les modalités prévues par décret. Ces structures visent à garantir à tous les jeunes l’accès à une information généraliste, objective, fiable et de qualité touchant tous les domaines de leur vie quotidienne. » ;

Il convient d’adopter une approche transversale pour favoriser l’égalité des chances dans la Région. Trois axes : l’éducation et l’insertion professionnelle, la santé mentale et le logement.

Une région motrice d’avenir

Par l’éducation

Cibler les élèves dont le contexte socio-économique, culturel ou géographique peut constituer un frein, notamment dans les quartiers en politique de la ville (QPV) et les espaces ruraux.

Une Région active dans le renforcement des « Cités éducatives » en les utilisant davantage pour favoriser la mixité sociale (ciblage sur le public jeune de 3 à 25 ans), par exemple en impliquant des intervenants extérieurs aux zones REP / REP +, issus du monde économique ou universitaire (+mentorat/tutorat). Les Cités éducatives visent à intensifier les prises en charges éducatives des enfants à partir de 3 ans et des jeunes jusqu’à 25 ans, avant, pendant, autour et après le cadre scolaire. Elles consistent en une grande alliance des acteurs éducatifs travaillant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville : services de l’État, des collectivités, associations, habitants. Objectif: gouvernance multi-niveau→travailler en meilleure intelligence avec l’ensemble des partenaires publiques. Mieux coordonner l’action des différents acteurs publics) dans les quartiers les plus défavorisés pour structurer des dispositifs visant à promouvoir l’égalité des chances. 3 champs clefs : (1) conforter le rôle de l’école et la réussite scolaire (climat scolaire, carte scolaire et renouvellement urbain, structuration des réseaux, innovation pédagogique, formation et fidélisation des équipes, orientation, soutien scolaire…), (2) assurer la continuité éducative à l’école et hors l’école (ouverture de places de crèche et convergence du travail social dès la petite enfance, offre éducative personnalisée de sport, culture ou loisir, persévérance scolaire et raccrochage…) et

Il est nécessaire dencourager le développement de loffre périscolaire.

➔ Soutien aux actions en faveur de la continuité éducative et des actions jeunesse hors les murs.

Ex: Encourager et favoriser le développement de partenariat entre les centres d’art intercommunaux / les théâtres publics et les écoles primaires et les collèges. (Partenariats avec les

Soutenir des actions de tutorat/ mentorat. Aider les lycées et les établissements d’enseignement supérieurs à structurer des partenariats et à encourager des étudiants à prendre en charge des élèves en difficulté.

➔ débloquer un financement régional pour créer des emplois étudiants supplémentaires pour des missions de tutorat.

➔ augmenter les recrutements CROUS de « référents étudiants ».

Ces accompagnements et systèmes de tutorat-mentorat entre élèves favorisent la mixité sociale, le dialogue et le partage de connaissances, autant qu’ils prémunissent les élèves contre l’isolement et la solitude.

– Par l’aide à l’insertion professionnelle

S’appuyer sur les académies en renforçant les partenariats entre collèges, lycées, établissements d’enseignement supérieur, associations et acteurs de l’économie.

  • ➔  Soutien à l’insertion professionnelle. Ex : Proposer un cadre de rencontres entre des entreprises et des jeunes en insertion
  • ➔  Soutien des associations qui œuvrent dans ce domaine
  • ➔  Favoriser l’accès au droit et à l’information en s’appuyant sur les relais locaux (mairies, associations, missions locales).

Une région protectrice et inclusive

Revaloriser et lancer une campagne de communication autour du dispositif Ecout’Emoi

Le dispositif Ecout’Emoi est une expérimentation portée par la Direction Générale de la Santé (DGS), la Fédération Française de psychiatrie (FFP), la Direction Générale de l’Enseignement scolaire (DGESCO) et la Direction Générale de l’Enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle. Elle a pour objectif principal de mieux repérer des jeunes présentant des signes de souffrance psychique et de leur proposer une prise en charge adaptée et facilitée. Le dispositif prévoit une consultation médicale d’évaluation et la prescription d’un forfait de prise en charge auprès d’un psychologue libéral (sur la base d’un forfait de 12 séances pour le jeune et/ou les titulaires de l’autorité parentale). Le renforcement de la formation en santé mentale, pour les professionnels, et l’inclusion dans un parcours de soins, pour les jeunes, sont coordonnés par les Maisons des Adolescents (MDA) de chaque territoire concerné3.

Développer le Pass Santé Jeunes en région Ile-de-France

Le développement du Pass Santé Jeunes est suggéré dans le rapport de la « Mission Bien-être et santé ». Encourager le lancement d’une application mobile. Les établissement scolaires et notamment les lycées, pourront en faire la promotion. (Aujourd’hui ce Pass est développé par les ARS dans les régions Sud et Bourgogne Franche-Comté. Il est méconnu.).

L’égalité par le logement

En 2016, près de deux millions de jeunes âgés de 18 à 29 ans résidaient en Île-de-France, dont 44 % chez leur(s) parent(s), une proportion nettement supérieure à la moyenne nationale (38 %). Les étudiants franciliens peinent particulièrement à accéder à un logement autonome du fait d’une offre dédiée limitée (1 place en résidence pour 10 étudiants en 2016).

En juillet 2019, on recense près de 89 000 places en résidence étudiante, dont près de 51 000 places sociales, pour un peu plus de 700 000 étudiants inscrits dans la région. L’offre à destination des jeunes actifs, y compris apprentis et jeunes en alternance ou en stage, représentait 21 500 places.

D’après une étude de l’Institut Paris Région, Paris intra-muros, Créteil, Courbevoie et Nanterre qui sont des villes fortes de leur nombre d’établissements supérieurs, ressortent comme les territoires les moins bien équipés en logements pour étudiants.

La question du logement des jeunes se pose à un double niveau :

–  Offres en structure spécifique
–  Accès au parc classique

Comment accroître l’offre ?

>
Cartographier les besoins en logement pour étudiants et jeunes actifs
Construire de nouveaux logements CROUS
> Prioriser le développement de résidences sociales pour les jeunes actifs et assurer un suivi des besoins en logement (+ encourager les collocations dans le parc social)
> Faciliter la mise en relation des bailleurs sociaux et des associations et gestionnaires
>Renforcement des actions partenariales avec Action Logement et les acteurs concernés (universités à proximité par exemple)
>Veiller à la programmation des petites typologies lors des nouvelles opérations

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