« Cela me fait extrêmement plaisir d’être parmi vous aujourd’hui. D’abord, parce que je reconnais beaucoup de visages amis, d’anciens camarades, mais aussi des visages que je ne connais pas mais que j’essaie de deviner derrières les masques et qui me montrent qu’entre temps la jeune génération ne cesse de fleurir.

Je voudrais revenir un instant sur, au fond, ce qui nous anime tous. C’est cette volonté qui nous anime tous de dépasser ce clivage que le président a tant voulu faire et il faut lui reconnaître ce courage incroyable que d’avoir, un moment donné, considérer qu’il fallait dépasser tout cela. Et dépasser c’est un terme très important, c’est un terme dynamique qui montre qu’il faut faire un effort pour se projeter en dehors de ce qui a pu être pendant des années nos cadres de réflexion, mais se dépasser ne veut pas dire perdre les valeurs fondamentales et humanistes qui nous animent. Je voudrais aussi rappeler une chose, car je peux le faire devant cet auditoire, c’est que ce dépassement qu’Emmanuel Macron a construit, c’est quand même d’abord des femmes et des hommes de gauche qui ont pris cette initiative ! Et je crois vraiment que, sans vouloir recréer des clivages, au moment où je nous appelle tous à poursuivre dans la voie, je pense quand même qu’il faut en être fiers. Il faut pouvoir en revendiquer et qu’il ne faut pas se laisser attraire dans cette espèce de manipulation qu’on voit bien en ce moment à l’œuvre, ou finalement Emmanuel Macron pourrait être accaparé par la droite pour être son candidat. Ah non, nous n’avons pas à laisser faire ça ! Et donc c’est extrêmement important que nous puissions non pas faire entendre notre voix mais contribuer à construire pierre à pierre ce dépassement fondé sur un certain nombre de valeurs humanistes, de progrès face aux conservatismes de tout bord, des valeurs sociales-démocrates, on peut utiliser les termes que l’on veut, mais c’est bien cela que nous voulons promouvoir.

Et le miracle au fond, même si tout ne va pas bien aujourd’hui, c’est que nous sommes un certain nombre autour de la table du gouvernement ou à l’Assemblée nationale, à travailler coté à coté avec des gens avec lesquels on aurait jamais imaginé pouvoir travailler. Et je le dis, parfois je me disais que j’étais un peu sectaire, il y a des gens avec qui j’aurais jamais imaginé travailler, je l’avoue. Donc, le dépassement, c’est quelque part un effort. C’est une construction. Ce n’est pas quelque jour qui coule de source, qui va de soi. C’est exigeant et c’est pour cela qu’on a besoin de l’énergie de tous. On travaille avec des gens avec qui on aurait pas imaginé et je suis très fière de pouvoir revendiquer un certain nombre de choses que nous avons déjà fait et dont je pense que beaucoup de vous tous vous pouvez vous y retrouver.

Qu’il s’agisse de la politique européenne que promeut le président de la République, qui est ce qu’on a voulu faire du temps de Lionel Jospin, Hubert Védrine. On prônait une Europe puissante et on était tous seuls à raconter ça. C’est ce qu’on est en train de faire en ce moment. Qu’il s’agisse de réformes sociétales, la PMA, on se retrouve tous bien là dedans et de tout ce qui touche le social, la protection sociale. On a l’impression qu’on a rien fait, mais enfin, on a revalorisé de 12% le minimum vieillesse, l’AAH, on a supprimé les cotisations salariales pour donner du pouvoir d’achat, le dédoublement des classes de CP, la classe obligatoire à partir de 3 ans, tout cela on a l’impression que ça n’existe pas mais ça existe, on l’a fait, heureusement qu’on l’a fait et je pense que cela doit constituer le socle à partir duquel on doit pouvoir réunir bon nombre de ceux qui partagent ces valeurs à venir la réforme de la dépendance, voilà quelque chose d’entre nous dans d’autres gouvernements ont pensé, ont reçu, ont rêvé mais n’ont pas pu le mettre en œuvre .

Je voudrais vous dire que je suis très fière d’être, à la fois membre de la République en marche, incarnation de ce dépassement certes difficile, parfois douloureux, et très fière et heureuse de pouvoir à vos côtés, contribuer à vos débats parce que nous allons avoir dans les deux années qui nous séparent de l’élection présidentielle. A la fois de faire vivre le débat d’idées autour de nos valeurs qui nous sont propres, et aussi contribuer à l’unité parce que je pense que nous ne sommes pas forcément ravis de ce qui s’est passé sur le plan électoral il y a quelques semaines, et que donc, il faut apprendre de nos erreurs. Et je pense que ce terme d’unité il faut le promouvoir, le chérir car il est le gage de la victoire de nos idées et si nous ne parvenons pas à gagner, alors ce sera le retour de l’encouragement aux particularismes, aux extrémismes, tout ce dont nous ne voulons pas parce que c’est ça qui tue la République. »

– Florence Parly, ministre des Armées | Paris, le 19 septembre 2020

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