Nous considérons que l’avenir de l’Europe et les progrès de sa construction ne peuvent s’aventurer aujourd’hui dans une tentation d’effacement fédéraliste du fait national, à une époque de fortes résurgences identitaires.

L’ADN de la construction européenne reste fondamentalement et pour longtemps celui d’une chimère institutionnelle, à bien des égards comparable aux EPCI familières à nos élus locaux. Les nations, pas plus que les communes, n’ont vocation à s’y dissoudre, mais y sont assignées à coopérer et à rechercher des compromis acceptables pour conduire des projets d’intérêt commun.

L’intérêt commun des Européens s’est incontestablement déplacé, ces dernières années, sur des sujets régaliens (immigration, asile, contrôle des frontières, protection des pays baltes des visées russes, sécurité intérieure et extérieure, budget, dette…) qui tendent à empiéter sur les souverainetés nationales et prendront du temps pour faire consensus.

Il convient donc de trouver dans les Traités actuels un chemin d’équilibre entre le renforcement de la construction européenne et le respect des souverainetés nationales.

En d’autres termes, l’Europe doit constituer pour les nations européennes une garantie d’indépendance, de libre arbitre et d’influence supérieure à ceux auxquels elles pourraient prétendre seules, face aux nouveaux rapports de force et d’influence du monde d’aujourd’hui.

Les élargissements successifs de l’UE rendent de plus en plus difficile et improbable l’obtention de majorités qualifiées et plus encore d’unanimité pour faire avancer l’Europe du même pas dans des domaines qui requièrent des abandons partiels de souveraineté.

Par les coopérations renforcées ou structurées qu’il permet, le Traité de Lisbonne crée la possibilité d’une « Europe à options », permettant d’approfondir la construction européenne dans des domaines qui trouvent des Etats volontaires pour s’y engager, quitte pour les autres à s’y associer ultérieurement. C’est précisément le cas en matière de défense où des avancées significatives sont à l’œuvre à l’initiative de la France.

Territoires de Progrès n’envisage pas l’hypothèse d’une Europe des « cercles » qui conduirait fatalement à discriminer des Etats de seconde zone au nom de critères arbitraires et humiliants. Nous lui préférons une « Europe à options », où chaque Etat- membre choisit librement de s’engager dans une intégration accrue dans les domaines qu’il détermine.

Cette perspective de constructions européennes différenciées sur la base du libre arbitre des Etats, est pleinement compatible avec un élargissement progressif de l’Union aux pays des Balkans. Elle doit être également ouverte aux pays du voisinage volontaires pour s’associer à telle ou telle politique intégrée.

Chapitre 6, avant-propos | La « Pax europeana » : un engagement d’identité et d’indépendance

Chapitre 6 | 6.1  En finir avec les ambiguïtés européennes de la France

Chapitre 6 | 6.2  Assumer le bilan de la construction européenne

Chapitre 6 | 6.4 Aller vers les solidarités budgétaires et fiscales

Chapitre 6 | 6.5  D’une Europe des appels d’offres à une Europe des choix industriels

Chapitre 6 | 6.6  Vers une Europe des convergences sociales

Chapitre 6 | 6.7  Investir dans la jeunesse européenne

Chapitre 6 | 6.8  Une Europe qui protège dans un monde dangereux

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