Le débat sur le droit à une fin de vie libre et choisie est relancé depuis plusieurs semaines par l’existence d’un ensemble de propositions de loi émanant de différents groupes politiques, de la majorité comme de l’opposition, aussi bien au Sénat qu’à l’Assemblée nationale. Par-delà leurs différences, ces propositions de loi convergent toutes vers le besoin que, face à la mort, chaque individu puisse exercer, par sa propre volonté, un droit qui n’existe pas aujourd’hui : celui du choix, encadré par la loi, de décider, jusqu’à son dernier souffle, de mourir dans la dignité.

Ce débat traverse la société française, les partis politiques, et de nombreuses associations depuis au moins 20 ans. Il a donné lieu à des avis, notamment du Comité Consultatif National d’Éthique. Il fait l’objet de nombreux travaux associant des médecins, des citoyens, des psychiatres, et des philosophes.

C’est un sujet qui a connu des premières avancées avec la loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016, mais dont la mise en œuvre est insuffisante, et qui présente par ailleurs des limites qui doivent être dépassées. C’est un sujet qui est de même portée morale, éthique, voire spirituelle que d’autres débats sur lesquels la France a franchi des étapes : lutte contre l’inceste, PMA, lutte contre les violences faites aux femmes, protection des mineurs.

Il honore la démocratie et la République. Il montre que, dans le strict respect de la liberté de conscience, la société française peut franchir des étapes pour les Droits de l’homme et le respect de la dignité humaine. De la même manière que la France a aboli la peine de mort en 1981, elle s’honorerait à rejoindre les nombreux pays qui, en Europe (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Portugal) et dans le monde (Colombie, Canada, etc), ont déjà légiféré ou sont en voie de le faire (Espagne).

S’il faut légiférer, c’est parce qu’on meurt mal dans ce pays. La France doit permettre à l’ensemble de ses citoyens de choisir, de manière libre et éclairée, de mourir dans la dignité. 96% des Français y sont favorables, selon une enquête publiée par l’institut Ipsos en mars 2019.

La décision courageuse de Paulette Guinchard-Kunstler, ancienne ministre, de choisir sa fin de vie en étant contrainte de le faire hors de France, illustre ce qui ne peut plus durer.

Légiférer, c’est le sens de la proposition de loi déposée par Jean-Louis Touraine, député du Rhône, professeur de médecine, signée par 160 députés de la majorité dont de nombreux parlementaires de Territoires de Progrès.

C’est aussi le sens de la proposition de loi d’Olivier Falorni, député de Charente-Maritime, qui doit venir en débat le 8 avril prochain.

Il appartiendra aux parlementaires de se prononcer. Territoires de Progrès estime que le moment est venu que la France franchisse ce pas.

2 réponses
  1. koechlin
    koechlin dit :

    Bravo et merci. Vous avez si bien exprimé ma demande. Je pense que votre texte rejoint l’espoir de milliers de français. Ceux qui désapprouvent ignorent en fait le contenu de ces propositions de loi sur le choix de la fin de vie. A quand une émission télévisée pédagogique et sérieuse sur ce sujet ?

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