La célébration du 25è anniversaire du décès de François Mitterrand nous renvoie au souvenir d’une personnalité exceptionnelle d’origine provinciale blanchie sous le harnais politique de la génération de la guerre qui incarnait un rare syncrétisme français géographique et culturel.

Doté d’un sens tactique et d’un leadership personnel hors pair, il restera dans l’Histoire comme une des grandes figures politiques françaises du 20è Siècle.

En réunissant toutes les factions socialistes dans le Parti Socialiste d’Epinay et en faisant le choix tactique d’une Union de la Gauche, il ouvrait à la Gauche le chemin de l’alternance en 1981 après 23 ans de règne gaulliste, et au Parti Socialiste un ascendant irrésistible sur le parti Communiste pourtant dominant à gauche depuis la guerre.

Il est à l’origine de l’accession de la Gauche à une culture de gouvernement qui ne lui était pas spontanément reconnue par les Français, et dont des générations d’hommes et de femmes d’Etats et d’élus locaux sont aujourd’hui encore les héritiers et les transmetteurs. 

En faisant le choix de l’Europe en mars 1983 contre les tentations souverainistes de sa propre majorité, il imprimait, avec Jacques Delors  et Helmut Kohl, une dynamique décisive à la construction européenne concrétisée par le Marché intérieur et la monnaie unique qui nous ont assuré la sauvegarde d’un niveau de vie et d’un modèle social parmi les plus élevées du monde. Ce leadership politique de la France en Europe durera tout au long de sa double mandature, pour s’achever, au profit de l’Allemagne en 2005, par le rejet référendaire français, alimenté par des divisions à gauche, du projet de Constitution européenne.

En normalisant les « cohabitations » politiques Droite/Gauche à compter de la défaite législative de la Gauche en 1986, il introduisait dans la vie politique de la Vè République un « dépassement » républicain des clivages partisans de l’époque qui allait inscrire pour 40 ans le Parti Socialiste comme composante incontournable du paysage gouvernemental du pays.

A ces deux titres, la présence d’Emmanuel Macron à Jarnac aujourd’hui s’inscrit dans une forme incontestable de filiation et d’inspiration politique, à une époque et dans un climat politique qui semblent à des années lumières des années Mitterrand et du large consensus que suscitait encore le respect des institutions républicaines et de l’autorité de l’Etat.

– Gilles Savary, délégué général TdP | 8 janvier 2021

0 réponses

Commentez !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *