«A Pantin le 1er février, nous avions commencé à tracer et à poser les fondations de Territoires de Progrès. Depuis, je voudrais avant tout remercier celles et ceux qui ont vivre ce mouvement pendant cette période de confinement, et saluer le travail acharné de Gilles, notre délégué général, avec toute l’équipe qui l’accompagne. Je pense à Xavier, Yves, Najwa, à Félix, à Ergün, et toutes celles et ceux qui font vivre les réunions, les visios, portent nos paroles sur les chaines de télévision pour apporter la contradiction à ceux que nous voulons combattre, car nous sommes aussi là pour faire la politique et combattre un certain nombre d’idées et de thèses qui sont aujourd’hui déclamées.

Saluer ici les parlementaires, vous êtes une trentaine à nous avoir rejoint, à nous dire votre soutien et la volonté de participer à la création et l’animation de Territoires de Progrès. Vous savez, les unes et les autres, combien vous êtes les bienvenus à nos côtés. Saluer et remercier Emmanuelle, Jean-Baptiste qui ont participé à nos travaux de cet après-midi ; Elisabeth et Florence pour leur sympathie, leur soutien et leur présence parmi nous.

Nous sommes nombreux au sein du gouvernement et de la majorité à vouloir porter ces idées, et il faut rappeler – ce qui a été fait à l’instant par Florence – et qui fait écho à d’autres propos tenus en début d’après-midi, que lorsqu’Emmanuel Macron a proposé de dépasser les clivages, de rassembler, de mener cette aventure du dépassement et de la constitution d’une nouvelle majorité, c’est avant tout la gauche et le centre gauche qui ont répondu présents et qui ont ouvert ce combat, ce chemin, et c’est juste aujourd’hui de le rappeler !

Dire aussi que c’est utile aussi de nous rencontrer et de dire qui nous sommes : des femmes et des hommes sociaux-démocrates, progressifs, attachés à la construction européenne, attachés à la justice sociale, à la justice écologique, attachés aux valeurs de la République, à un combat pour la laïcité pleine et entière à laquelle on a pas besoin d’accoler un adjectif pour vouloir la défendre ou la dénaturer, mais bien faire en sorte que toutes les valeurs de la République soient portées et qu’ainsi le patriotisme républicain, auquel le président nous appelle régulièrement, soient parfaitement incarnés.

Je voulais aussi vous dire que cela fait du bien de se retrouver pour dire que nous sommes fiers de ce que nous avons fait et de ce que nous allons faire.

Pourquoi avons-nous été élus et pourquoi sommes-nous plus forts dans cette majorité ? Nous avons été élus pour rendre du pouvoir d’achat aux Français. Et nous l’avons fait. Cela a été le cas par la baisse des impôts d’abord et il faut avoir en tête que d’ici à l’année prochaine avec les mesures que nous sommes en train de mettre en place, les impôts, les prélèvements obligatoires dans notre pays auront baissé de 45 milliards d’euros, et bien loin de la caricature qui en est faite, cette baisse aura profité, pour moitié, aux entreprises afin de restaurer leur compétitivité et, pour moitié, aux ménages avec la baisse de la taxe d’habitation, des impôts sur le revenu, la baisse aussi par le basculement vers la fraction de la CSG, la baisse des cotisations assurée par les salariés sur leur travail et leurs revenus. Nous avons aussi fait en sorte d’augmenter le pouvoir d’achat par l’augmentation de la prime d’activité pour donner de la valeur au travail, faire en sorte que celles et ceux qui trouvent un emploi, qui ne franchissent pas un certain nombre de seuils, de barres de salaire puissent mieux les accompagner et mieux vivre. De la même manière, renforcer considérablement les minimum sociaux. Nous sommes le premier gouvernement à augmenter de 12% le minimum vieillesse et l’allocation adulte handicapés, cela représente 100 euros par mois de plus et que nous avons ainsi pu faire bénéficier ceux qui en ont le plus besoin. Et puis, toujours pour le pouvoir d’achat, puisque nous avons vous et moi cette même histoire commune, que nous venons des mêmes horizons, le fait que nous avons à nouveau exonéré de cotisations et d’impôts les heures complémentaires que c’est certainement là une des mesures qui a marqué le divorce entre les classes populaires et moyennes et ceux qui pensaient que nous étions la gauche du gouvernement. Et donc nous avons agi pour le pouvoir d’achat et c’était là la première priorité, de la même manière que nous avons agi pour l’égalité des chances et de l’émancipation comme le dédoublement des classes dans les zones d’éducation prioritaire pour faire en sorte que l’entrée dans la scolarité soit le plus facile, le plus juste possible. En plus de cela, nous avons travaillé de manière inédite pour construire une Ecole plus inclusive et je pense notamment aux 50 000 postes pour les élèves en situation de handicap. Aujourd’hui, nous avons 73 000 personnes qui, au quotidien, et avec un statut plus préservé, avec des conditions d’emploi améliorées et moins précaires, se mobilisent pour faire en sorte que l’Ecole accueille tous les enfants.

Au-delà de ça, je voudrais souligner que nous avons eu une des pires crises sociales, une crise de société, avec cette expérience du confinement, de l’arrêt économique, culturel et social. Et pendant cette crise-là, et il faut le dire, nous avons été particulièrement à la hauteur. Nous sommes – l’OCDE le souligne – le pays qui a le mieux protégé le pouvoir d’achat de ses habitants, de ses salariés avec la mise en place du chômage partiel à un niveau jamais atteint, avec la volonté d’aider les plus fragiles et cela n’est pas assez dit. Pendant la crise, avec les lois de finance rectificatives, les entreprises, les associations qui aident les plus fragiles ont été mieux accompagnées, les réseaux d’insertion ont été mieux soutenus. Les plus fragiles ont fait l’objet de versement d’attributions spécifiques avec l’allocation de rentrée scolaire ou encore le versement à 800 000 ménages au début de l’été pour les aider à accompagner le confinement et la sortie du confinement. Tout cela nous l’allons fait avec la volonté d’être le plus efficace possible, mais aussi avec la volonté d’être le plus juste possible.

Nous devons être fiers de ce que nous avons fait et nous devons le porter. Je reprends à mon compte tous les mots qui ont été prononcé avant moi, fiers aussi de ce que nous allons faire. Gardons en tête que, dans notre pays – c’est une première que la scène européenne – nous avons réussi à trouver un accord avec les organisations professionnelles et syndicales – celles qui sont majoritaires et qui souhaitent dans la voie réformiste – pour mettre en place une activité partielle de longue durée. Un système qui va permettre de conserver les emplois, les compétences, de garantir le niveau des revenus pendant toute la période de crise que nous traversons de manière à ce que nous puissions en sortir plus forts à l’issue du plan de relance et surtout quand cette pandémie aura été surmontée. Le plan de relance, ce sont 30 milliards d’euros sont consacrés à la transition écologique, à l’autonomie, à la souveraineté économique, à des nouvelles filières industrielles. Mais ce sont aussi, et je vous invite à le répéter partout, 30 milliards d’euros consacrés à la cohésion des territoires avec l’aide comme cela n’a jamais été fait. Cohésion entre les hommes et les femmes, avec un effort massif sur l’insertion, la formation et la reconversion vers les métiers du futur. Avec la volonté de résoudre les inégalités territoriales en matière de numérique, et nous avons avec ces 100 milliards d’euros du plan de relance que nous mobilisons, une occasion absolument inégalée, inespérée – même si nous en connaissons tous les causes et le contexte – de mener les politiques que nous voulons mener, que nous menons aujourd’hui et que nous mènerons demain. Avec le développement de cette 5è branche de la sécurité sociale, l’autonomie et la prise en charge de la dépendance, nous menons les politiques et les réformes que les sociaux-démocrates ont toujours voulu mener dans ce pays. C’est ce gouvernement qui le fait, c’est cette majorité qui le fait et je vous invite à le dire et à le répéter.

Nous sommes le débouché naturel de la social-démocratie. Nous sommes l’outil politique naturel de celles et ceux qui veulent la réussite du quinquennat et nous aurons cette réussite avec notre originalité. Territoires de Progrès accueille en son sein des femmes et des hommes qui viennent de toute la gauche et des gens qui adhèrent à la LaREM ou qui n’y adhèrent pas. Et c’est aussi cette grande liberté que nous laissons à celles et ceux qui nous rejoignent. Jamais nous n’exclurons quelqu’un pour son appartenance politique, peut-être que d’autres excluront leurs adhérents lorsqu’ils sauront qu’ils participent à nos travaux mais le dogmatisme ne sera jamais de notre côté. Nous accueillons tout le monde, nos portes sont grandes ouvertes, nous voulons cet ancrage de la social-démocratie dans cette majorité et voulons y participer.

Demain, nous allons continuer à travailler et nous le ferons avec vous, explorer les axes et les orientations de la plateforme à laquelle vous allez tant contribuer pour donner de l’énergie dans les derniers mois. Les axes, les documents qui vous ont été remis aujourd’hui ne sont qu’une petite partie du travail de réflexion, d’approfondissement et que chacun d’entre vous dans le cadre des réunions animées par l’équipe autour de Gilles, il y a encore à creuser pour poser cette doctrine, les propositions et les priorités que nous voulons défendre autour de ces propositions stratégiques. Cela va nous prendre du temps mais cela ne va pas nous détourner d’autres chantiers, d’autres travaux qui nous attendent pour faire porter notre voix, faire en sorte que nous soyons, dans cette majorité, à la fois solidaires et originaux. Solidaires parce que loyaux, c’est notre marque de fabrique. Solidaires parce que nous savons parfois ce que coûte le délitement, le fractionnement d’une majorité. Solidaires et engagés, à aucun moment nous serons pris à défaut par une manque de loyauté ou de cohésion. De la même manière, à aucun moment, nous serons pris par défaut sur un manque de propositions, d’innovation, sur une incapacité à nourrir le débat. Et je le dis, nous sommes heureux d’être à vos côtés, d’être portés par vous. Cela n’enlève rien à notre loyauté pour le président de la République, ni pour le Premier ministre, et les pas de côté que Territoires de Progrès pourraient faire sur tel ou tel sujet sont normaux et naturels.

Chaque mouvement, chaque composante de la majorité est libre de penser comme il l’entend. L’essentiel c’est de la faire en convergence, en cohérence, dans le rassemblement qui nous permette à toutes et à tous d’être ancrés dans cette majorité et contribuer aux débats d’idées et à la préparation du programme pour 2022.

Et enfin, pour vous dire que demain, il y aura une aventure à construire participer collectivement, c’est cette création de la “maison commune” appelée de leurs voeux par le président de la République, le Premier ministre, Stanislas Guérini ou encore François Bayrou. Cette maison a vocation de rassembler toutes celles et ceux qui pensent que la majorité va dans le bon sens. Tous celles et ceux qui veulent préparer un nouveau quinquennat pour Emmanuel Macron. Nous y serons et nous y serons forts parce que nous sommes originaux, nous serons nous-même, nous y serons pour faire entendre notre voix et faire entendre notre fidélité à la social-démocratie. Bon travail à toutes et à tous ! »

– Olivier Dussopt, ministre délégué aux Comptes publics | 19 septembre 2020

Olivier Dussopt

«Les sociaux-démocrates ont toute leur place» | Olivier Dussopt, Le Figaro 18 septembre 2020

Le mouvement Territoires de progrès, que vous animez avec Jean-Yves Le Drian, fait sa rentrée samedi à Paris. Quel est son rôle?

Notre mouvement, notre association regroupe des gens de gauche, progressistes, sociaux-démocrates, élus locaux, responsables syndicaux qui souhaitent participer et renforcer la majorité présidentielle et d’autres qui veulent faire vivre une sensibilité sociale-démocrate. Des parlementaires de la majorité se retrouvent dans cette démarche-là. C’est une démarche unitaire, absolument pas fractionniste. Avec Jean-Yves Le Drian, nous avons suffisamment eu l’expérience du délitement d’une majorité dans le quinquennat précédent pour ne pas nous prêter à un jeu de fractionnement, ou de division. À ce titre, nous sommes extrêmement heureux que le président de la République, le premier ministre et Stanislas Guerini s’inscrivent dans cette logique de rassemblement.

Vous êtes l’aile gauche de la majorité…

Je ne sais pas s’il existe une aile gauche ou une aile droite. Ce qui est sûr, c’est que nous considérons que les progressistes et les sociaux-démocrates ont tous leur place dans cette majorité. En 2017, comme aujourd’hui. Notre majorité et ce gouvernement mettent en œuvre les réformes que les sociaux-démocrates ont appelées de leurs vœux depuis longtemps: la création de la cinquième branche consacrée à l’autonomie, le reste à charge zéro, l’augmentation de la prime d’activité.

Est-ce plus difficile d’attirer des gens de gauche en 2020 qu’en 2017?

Je ne crois pas. Dans les réformes que nous conduisons et qui sont à venir, il y a tout pour convaincre, s’il le fallait encore, les électeurs de gauche et de centre gauche de participer et de rester dans cette majorité. Au-delà des réformes que nous portons, il y a aussi le «Ségur de la santé», autre marqueur important. Quand on est de gauche dans ce pays, le choix est binaire entre celui de participer à une majorité qui met en œuvre des politiques de progrès social, ou celui de rester dans des mouvements qui s’inscrivent dans la permanente contestation. Je le répète, les sociaux-démocrates ont toute leur place dans cette majorité. D’ailleurs, certains collègues du gouvernement comme Emmanuelle Wargon (Logement) ou Brigitte Bourguignon (Autonomie) s’impliquent déjà à nos côtés.

Quel est l’objectif de votre rentrée?

Structurer, organiser notre mouvement pour demain participer à la réélection du président. Les groupes de travail que nous avons constitués en juin feront état de leurs travaux afin de rédiger un manifeste, un texte programmatique. Nous souhaitons que des candidats sociaux-démocrates soient investis dès les prochaines élections.

Pensez-vous, comme Manuel Valls, que Jean-Luc Mélenchon a quitté le champ républicain?

Lorsqu’on fait siennes des thèses qui relèvent de l’indigénisme ou du communautarisme, lorsqu’on s’inscrit dans une démarche qui vise à soutenir des valeurs qui ont parfois un caractère presque séditieux, alors oui on flirte avec les limites de la République. Ce jeu est dangereux.

Notre majorité et ce gouvernement mettent en œuvre les réformes que les sociaux-démocrates ont appelées de leurs vœux depuis longtempsOlivier Dussopt

Une alliance des gauches menacerait-elle Emmanuel Macron?

Je ne crois pas à leur capacité à se rassembler. Mon expérience passée m’a prouvé que le rassemblement était souvent un affichage mais jamais une réalité. Et puis, je ne crois pas que les Français soient prêts à adhérer au modèle de société qu’une telle coalition porterait.

Cela fait de vous la nouvelle «deuxième gauche»?

Cette majorité autour du président incarne le progrès et l’attachement à l’égalité des chances. Les socialistes sont à un carrefour. Soit ils se rangent derrière LFI et Europe Écologie-Les Verts mais je ne pense pas que ce soit le sens de l’histoire ni l’engagement des militants. Soit ils s’inscrivent dans la majorité, tel que nous le proposons avec Territoires de progrès.

Comment appréhendez-vous le plan de relance de 100 milliards?

Pour répondre à la situation que l’on connaît, le premier ministre a indiqué qu’il fallait accepter de dégrader temporairement les finances publiques. Mais même le ciel a des limites. Il faudra un jour revenir à des niveaux d’engagement soutenables dans le temps. Il faut que, fin 2022, nous ayons retrouvé le niveau de richesse qu’on connaissait fin 2019, c’est notre objectif. Il faudra alors rétablir l’équilibre des finances publiques et maîtriser la dette pour consolider la croissance. Notre sérieux budgétaire et les transformations menées depuis 2017 nous permettent aujourd’hui de mettre en œuvre une relance jamais vue, tout en continuant à baisser les impôts.

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