Le plus long sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’histoire de l’Union européenne a finalement accouché d’une décision historique. Pour la première fois de son histoire, la Commission européenne va emprunter 750 milliards d’euros et les mettre a disposition des Etats membres les plus touchés par la crise en emprunts (360 milliards) et en subventions (390 milliards). Il s’agira d’une dette européenne conjointe et solidaire, remboursable sur 30 ans par la Commission européenne, qui appelle un pas en avant supplémentaire de l’UE vers des ressources propres. Les eurobonds réclamés par la gauche française lors de la crise des dettes publiques de 2011 se concrétisent.

Il s’agit d’une manifestation de solidarité sans précédent entre les Etats excédentaires et les Etats déficitaires de l’UE, qui ne constitue pas une mesure d’assistance humiliante et restrictive de souveraineté, mais ne nous dispense pas de réduire l’écart économique et budgétaire avec les pays du nord pour qu’elle s’inscrive durablement dans la politique économique et budgétaire de l’UE. La performance politique de cette décision tient au fait qu’elle nécessitait l’accord unanime des 27 Etats membres. Par cette décision, la construction européenne change de dimension politique et économique ! A la différence de l’après-guerre et du plan Marshall, elle assume et finance sa relance économique en toute indépendance et démontre sa valeur ajoutée face aux sirènes nationalistes et souverainistes.

Cet accord historique nous consolera un peu du Brexit qui en a sans aucun doute facilité l’issue. 

Gilles Savary, Délégué Général

0 réponses

Commentez !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *