La construction européenne a été imaginée et engagée après guerre pour mettre un terme, si possible irréversible, aux guerres européennes qui ont dévasté l’Europe et culminé dans l’horreur et la barbarie au XXe siècle. Elle y a trouvé un consentement des peuples qui ont vécu les affres des deux guerres mondiales, nées sur le sol européen.

En 1954, la France a fait échec à une construction politique de l’Europe qu’elle affectait d’appeler de ses vœux, en rejetant le projet de Communauté Européenne de défense qu’elle avait elle-même initié. Elle lui a finalement préféré une construction européenne par l’intégration économique dont le vaste chantier du marché intérieur constitue aujourd’hui la pierre angulaire, choisissant d’assurer son indépendance nationale par la dissuasion nucléaire et abandonnant aux Américains et à l’OTAN la défense militaire d’une Europe largement démilitarisée.

Mais la construction européenne a aussi constitué pour les peuples européens et pour le monde un formidable espoir de liberté, de paix, de prospérité économique, de protection sociale et de démocratie dont l’attractivité reste considérable pour de nombreux peuples, comme en témoigne la pression migratoire qui s’exerce encore aujourd’hui sur l’Union Européenne.

L’attrait de son modèle démocratique et de son niveau de vie a eu une influence considérable sur la libération des Européens soumis à des dictatures, et sur leur intégration progressive dans la communauté économique : Grèce, puis Espagne et Portugal.

La chute du mur de Berlin, suivie de l’effondrement de l’empire soviétique, l’a confrontée à une forte volonté des peuples de l’Est de rallier le camp des démocraties libérales, qui s’est traduite par la réunification des deux Allemagnes, suivie à partir de 2004 d’un élargissement à 12 nouveaux pays de l’ex-bloc soviétique, présentant des disparités de développement considérables.

A la lumière de la guerre des Balkans laissés pour compte de cet élargissement, et d’évolutions géopolitiques récentes sur le continent européen où s’exercent à nouveau des pressions impérialistes et expansionnistes russes et turques dans le voisinage immédiat de l’UE, on mesure aujourd’hui le bien-fondé pour notre propre sécurité d’avoir consenti l’effort d’arrimer ces pays à notre espace démocratique. Quant à la monnaie unique instituée par le Traité de Maastricht en 1992 pour une mise en circulation à compter du 1er janvier 2002, et au marché intérieur, largement inspirés par la France et par l’opiniâtreté de François Mitterrand et de Jacques Delors, ils nous ont assuré un niveau de vie privilégié, bénéficiant de l’effet stabilisateur de la puissance industrielle et commerciale allemande.

Chapitre 6, avant-propos | La « Pax europeana » : un engagement d’identité et d’indépendance

Chapitre 6 | 6.1  En finir avec les ambiguïtés européennes de la France

Chapitre 6 | 6.2  Assumer le bilan de la construction européenne

Chapitre 6 | 6.3 Développer une « Europe à options » dans le cadre des Traités actuels

Chapitre 6 | 6.4 Aller vers les solidarités budgétaires et fiscales

Chapitre 6 | 6.5 D’une Europe des appels d’offres à une Europe des choix industriels

Chapitre 6 | 6.6 Vers une Europe des convergences sociales

Chapitre 6 | 6.7 Investir dans la jeunesse européenne

Chapitre 6 | 6.8 Une Europe qui protège dans un monde dangereux

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