Le projet de loi « confortant le respect des principes de la République » a le courage d’identifier les ennemis de la République dont fait partie l’islamisme politique. Face à son projet idéologique qui a pour but de détruire les fondements mêmes de la démocratie et l’héritage des Lumières, nous ne pouvons plus nous contenter d’hommages posthumes.

Dans son discours des Mureaux le 2 octobre dernier, le président de la République a annoncé des mesures pour lutter contre cette barbarie, en réaffirmant avec force les valeurs de la République au premier rang desquelles la laïcité. Ce discours des Mureaux a été unanimement salué par l’ensemble des républicains, au-delà des clivages partisans. Il appartient maintenant au législateur d’inscrire cette volonté dans la loi. Mais la loi trahirait le souffle républicain du discours des Mureaux si le juridisme l’emportait sur la fermeté de la réponse politique et ne donnait pas ainsi réellement les moyens de gagner par la loi et par le droit, la bataille idéologique que nous livrent les ennemis de la République.

Chaque article peut donner lieu à des discussions avançant des arguties plus que des arguments, prétextes à ne pas s’inscrire clairement dans le combat républicain. Il en est ainsi de l’article 6 du projet de loi. Le renforcement de l’encadrement des subventions attribuées aux associations par les collectivités publiques implique de respecter un contrat d’engagement républicain. Le bon sens est d’admettre sans lever de suspicion liberticide qu’il est normal que des associations qui reçoivent de l’argent public pour fonctionner, s’engagent à ne pas l’utiliser pour attaquer les principes de la République qui les finance.

Le contrat d’engagement républicain ne brime en aucun cas la liberté des associations ou la liberté de conscience protégée par la laïcité. Une association pourra librement exercer ses activités, mais en aucun cas, le citoyen pourrait accepter que les deniers publics permettent de professer que la Bible, le Coran ou la Torah soient supérieurs aux lois de la République, de causer des troubles à l’ordre public, de véhiculer l’inégalité entre les femmes et les hommes.

Un tel engagement républicain a été élaboré dans de nombreuses communes, parfois même à l’initiative de Préfets, et signé par des associations sans poser de problèmes quand elles respectent les principes républicains.  C’est pourquoi l’émoi suscité et quelquefois alimenté par des arguments fallacieux, doit être levé. La vie associative fait partie intégrante du pacte républicain et de la construction du commun qui fait une nation. Par le contrat d’engagement, les associations contribueront à rassembler des citoyens responsables dans une Nation libre. La République doit ainsi être un ordre public et une promesse d’émancipation.

Comment tenir cette promesse sans l’affirmation de la liberté de croire ou de ne pas croire, sans donner les outils aux filles comme aux garçons de s’extraire d’un environnement familial pour échapper à un certain déterminisme social et culturel ? “Ce texte de loi « confortant les principes républicains » s’inscrira dans la lignée des grandes lois qui ont fondé la République”

Aussi, l’école est au cœur de la loi parce qu’elle est le socle de la formation du citoyen libre dans ses convictions. Mais comment l’école pourrait-elle assumer sa mission émancipatrice si, hors du temps scolaire, son message est contredit par un enseignement qui replonge les jeunes esprits dans l’obscurantisme ?

Espérons que le débat parlementaire soit à la hauteur de ces enjeux et que l’examen du texte de loi ne soit pas, pour certains, le prétexte pour masquer une complaisance qui ne peut plus être acceptée. La République ne se négocie pas !

Et c’est en cela que ce texte de loi « confortant les principes républicains » s’inscrira dans la lignée des grandes lois qui ont fondé la République.

Signataires :

Karima Gamraoui, militante associative (78)

Yves Durand, ancien maire de Lomme (59)

Najwa El Haïté, avocate, adjointe au maire dans l’Essonne (91)

Sylvie Ros-Rouart, cinéaste, adjointe au maire dans l’Hérault (34)

Xavier Iacovelli, sénateur des Hauts-de-Seine (92)

Félix Meysen, attaché parlementaire

Alexandre Freschi, député de Lot-et-Garonne (47)

Pierre Bourdereau, cadre dans le secteur privé et militant associatif (75)

Benjamin Igranaissi, militant associatif (92)

Muriel Vergès-Caullet, conseillère régionale Bourgogne-Franche-Comté (27)

Alexis Gibellini, militant associatif Provence-Alpes-Côte d’Azur (93)

Ergün Toparslan, militant associatif dans le Grand-Est (68)

Karine Nabenesa, conseillère régionale La Réunion (974)

Francis Chouat, député de l’Essonne

Véronique Hamayon, haut fonctionnaire

Tribune originale parue dans “Marianne” (4 février 2021)

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