La montée des violences et des menaces dans notre société justifie pleinement que la République s’en défende et en protège en particulier ses serviteurs les plus exposés.

Il ne suffit pas de multiplier les manifestations publiques d’émotion, les hommages officiels et les  distributions de décorations posthumes au gré des agressions et des assassinats, en s’abandonnant à leur fatalité.

A cet égard, l’intention de l’article 24 de la proposition de loi Fauvergue-Thourot n’est pas contestable sauf à faire le jeu de tous ceux qui dans notre pays aspirent à créer une crise politique en revendiquant la liberté d’insulter, de menacer et de casser au nom d’un dévoiement insupportable de l’invocation des Droits de l’Homme.

On peut continuer à s’interroger sur le rôle d’une frange radicale de nos concitoyens qui, par ailleurs, s’estime intouchable par la justice, et porte atteinte à la liberté de manifester paisiblement dans notre pays en couvrant des destructions et des violences injustifiables.

C’est pourquoi, défendre tous nos fonctionnaires, c’est aussi défendre la République, pourvu que la liberté de la presse, pilier de notre démocratie depuis 1881, soit scrupuleusement respectée.

Pour autant rien ne justifie, à quelques semaines de la décapitation de Samuel Paty dans les conditions que l’on sait, que l’article 24 n’accorde pas la même attention à protéger tous les corps de fonctionnaires potentiellement exposés à des menaces sur leur vie privée et celle de leurs familles.

En tant que le floutage n’empêche pas les journalistes et reporters professionnels de filmer les événements, d’identifier leurs protagonistes,  d’en faire librement le commentaire, et de tenir ces documents à disposition des réquisitions de la Justice, il peut constituer une protection personnelle et familiale légitime de nos agents publics les plus exposés aux appels à la haine, parfaitement compatible avec la liberté de la presse.

Pour autant, il ne peut constituer un passeport d’anonymat ou d’intimidation de la presse pour les Forces de l’Ordre dont la protection personnelle doit trouver une contrepartie dans une éthique professionnelle irréprochable.

A cette fin, nous en appelons à la création d’une Autorité Indépendante de contrôle des Forces de police en remplacement de l’actuelle Inspection Générale de la Police Nationale afin que les éventuels débordements ou excès policiers fassent l’objet d’expertises insoupçonnables de conflit d’intérêt. 

– Gilles Savary, délégué général TdP

Sa précédente tribune : “tempête sur la loi de sécurité globale”.


“Nous souhaitons que la question de la “volonté de nuire” soit élargie pour protéger tous les agents de la Fonction publique. Nous regrettons les polémiques qui ont entouré cet article 24 et nous appelons à revoir sa rédaction lors de l’examen de cette proposition de loi au Sénat et lors du projet de loi du gouvernement sur la réaffirmation des valeurs républicaines.”

– Xavier Iacovelli, sénateur RDPI et secrétaire général TdP

Gilles Savary, invité des “Grandes Gueules” sur RMC, le 24 novembre 2020
Article du Figaro | Loi «sécurité globale» : l’aile gauche de la macronie réclame une nouvelle institution pour remplacer l’IGPN
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