Comme on pouvait s’y attendre, le second tour des élections municipales 2020 enregistre une abstention supérieure au premier tour de mars 2020 et sonne comme une véritable alarme démocratique s’agissant de l’élection de l’élu préféré et le plus proche des Français. On ne peut que regretter que des modalités de vote à distance n’aient pu être organisées afin que le scrutin soit plus clairement représentatif de toutes les strates de l’opinion. Pour autant, on doit se féliciter que la démocratie ait pu s’exprimer au niveau électoral, comme elle a continué à le faire au niveau parlementaire pendant toute la crise sanitaire.

Le climat particulier qui a entouré ces élections n’a finalement pas constitué la prime au sortant attendue. Ces élections se caractérisent au contraire par de nombreux changements d’équipes municipales, au-delà de tout pronostic. Mais ce scrutin marquera les annales des élections municipales par la poussée électorale spectaculaire des écologistes dans les grandes villes et par des victoires emblématiques comme à Lyon, Strasbourg ou Bordeaux. Ces élections municipales traduisent un regain de fortune à gauche, mais valident surtout, après l’élection européenne de 2019, la montée en puissance électorale d’EELV et ses prétentions de leadership à gauche.

Il en ressort aussi que l’électorat a valorisé des partis qui proposent une vision claire, appuyée sur des valeurs reconnaissables.

La République en marche subit sans surprise une nette déconvenue en payant le prix fort de son exposition aux responsabilités, de sa jeunesse, mais aussi de ses incohérences tactiques et de ses divisions. Malgré un scrutin qui ne leur est pas favorable, le Rassemblement national et La France Insoumise ne figurent pas dans ces élections à leur étiage électoral national. Au total, ces élections locales confirment leur vocation de contre-pouvoir, mais y ajoutent une recomposition du paysage politique à gauche. Elles constituent un message écologique envoyé à l’exécutif, et nul doute qu’il lui faudra en tenir compte.

Enfin, ces élections confirment et traduisent politiquement le fossé sociologique et les fractures territoriales qui séparent dans notre pays les grandes villes des zones périurbaines et rurales.

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