Le dernier rapport du GIEC confirme une nouvelle fois que les bouleversements du climat sont déjà en œuvre et que leurs conséquences encore plus rapides que prévues.

 « Il en va de la survie de l’humanité dans de bonnes conditions, de celle de nos démocraties, de la biodiversité que nous connaissons ». Ce rapport n’est pas une mauvaise nouvelle de plus. Nous ne pouvons plus réagir en proclamant que ce n’est pas principalement de notre faute mais de celles de la Chine, de l’Inde et des USA. Ces travaux qui illustrent un consensus scientifique sont un ultime appel à la communauté internationale avant des basculements irréversibles.

La concentration de CO2 dans notre atmosphère est de 410 ppm, soit son plus haut niveau depuis… 2 millions d’années. Quant au méthane, 25 fois plus « réchauffant » que le CO2, cela fait 800 000 ans que l’atmosphère n’en avait pas compté autant.

Le caractère inédit de ce bouleversement climatique, c’est le rythme des changements, visibles sur courte période, et leur origine humaine.

Pour les scientifiques, l’effondrement des calottes glaciaires est identifié comme un « point de rupture » entrainant des changements radicaux et, parfois, irréversibles. Or, l’Arctique se réchauffe 3 fois plus vite que le reste du globe.

Dès 2030 (dans 9 ans !), la température moyenne aura augmenté de 1,5 °C (par rapport à l’ère préindustrielle). Elle a déjà augmenté de 1,1°C, avec les conséquences dramatiques que l’on connait : dômes de chaleur, incendies géants, inondations catastrophiques, glissements de terrain en montagne, érosion des côtes, déplacements de populations, disparition de la biodiversité et des sols nourriciers, déplacements de populations…

Alors, que fait-on ? 

On le sait depuis le 1er rapport du GIEC en 1990, on doit à la fois réduire drastiquement nos émissions de GES et adapter nos territoires et nos activités aux conséquences des bouleversements du climat : atténuation et adaptation.

Mais là où, jusqu’à présent, les gouvernements successifs n’ont pas totalement réussi, c’est justement dans ce « on ». Des lois ambitieuses et courageuses ont été votées, des engagements sincères ont été pris. Ils nous donnent les outils et le cadre de l’action. Mais ce qui nous manque encore c’est une adhésion massive et consensuelle des Françaises et des Français. La prise de conscience nationale que chaque geste du quotidien (transport, alimentation, culture et loisirs, logement, …) compte et que, s’il est répété 67,4 millions de fois, il sera tout aussi influent que les lois, règlementations ou normes.

Que propose Territoires de Progrès qui prône une écologie réformiste et efficace ? Comment faire la révolution écologique sans violence, sans trahison de nos idéaux humanistes et démocrates, comment être à la fois progressistes et radicaux ?

La France n’émet par an « que » 5 T. de CO2 par habitant (contre 6,9T pour l’UE, 16,1T pour les USA, 8,1T pour la Chine mais 1,9T pour l’Inde) et a diminué ses émissions de 26% depuis 1990 au prix de délocalisations industrielles massives (en Chine + 280% et en Inde + 180%). Ainsi en 2019, 54 % de l’empreinte carbone de notre pays était due aux exportations. Cette empreinte carbone s’établit à 10T. de CO2 par personne. Si elle a augmenté entre 1995 et 2000 (avec l’augmentation de la population), elle décroit légèrement depuis 20 ans.

Quelles en sont les sources principales de nos émissions de GES ?

41% de nos émissions de CO2 proviennent des transports (seulement 12% pour la production d’électricité), alors que dans le monde, en 2018, 41 % du total des émissions étaient dues à la combustion d’énergie, la production d’électricité́ restant le premier secteur émetteur de CO2.

Cette spécificité, due en partie à l’énergie nucléaire, nous donne des marges de manœuvre que d’autres n’ont pas et donc des possibilités inédites. Elle ne peut pas et ne doit pas être la justification de l’inaction.

Notre agriculture (qui représente 11 à 13% de nos exportations), est, avec notre alimentation, la source d’environ 1/3 de nos émissions. Ainsi l’industrie agro-alimentaire est la plus forte contributrice à notre empreinte carbone (devant les transports et le raffinage).

Les solutions existent, il nous faut, maintenant et de toute urgence, les appliquer !

Toutes les politiques publiques, y compris européennes et monétaires, au-delà de celles du volet “transition” du plan de relance, doivent être évaluées et mises en place à l’aune de leurs conséquences sur le climat et la biodiversité. Au pire, elles peuvent être neutres en émissions de CO2, au mieux elles doivent fixer du CO2 et favoriser l’adaptation des territoires dans lesquelles elles s’inscrivent.

L’État et le gouvernement doivent être irréprochables dans ces domaines, dans leurs investissements comme dans leurs fonctionnements, en garantissant la juste répartition des efforts et la solidarité à toutes les étapes de la transition écologique et énergétique.

Pour pouvoir accepter ces mutations de nos modes de vie, citoyennes et citoyens, familles, collectivités territoriales, corps de métiers doivent être sollicités, incités, aidés, soutenus par les pouvoirs publics pour à la fois élaborer, et mettre en oeuvre un nouveau contrat écologique républicain.

Ce qui est utile dans la Creuse et le Cantal ne l’est peut-être pas en Picardie ou dans les bouches du Rhône. La territorialisation et la décentralisation font partie de notre ADN et adapter les transitions au terrain et aux populations est une des clés de leurs réussites.

Nous devons être là la fois plus cohérents et plus ambitieux en donnant, par exemple, un juste prix au carbone et en profitant du répit lié à l’énergie nucléaire pour augmenter l’efficacité et la part des énergies renouvelables.

Nous devons décarbonner nos transports, d’abord avec l’électrique ensuite avec l’hydrogène et organiser un partage modal plus équilibré avec moins de voitures individuelles et plus de transports en commun et promouvoir toujours plus les mobilités actives comme le vélo.

Nous devons repenser nos aménagements urbains et territoriaux pour qu’ils soient plus compacts et sobres notamment en espace et en énergie.

Notre alimentation doit évoluer vers moins de viande mais de meilleure qualité avec une agriculture qui, grâce à l’agroécologie, prendra toute sa place au rang des solutions de fixation du CO2 et de maintien de la biodiversité.

Nos bâtiments, notre consommation doivent être à la fois plus économes, sobres et efficaces.

Une part importante de nos émissions de GES n’ont pas lieu sur le sol français mais chez ceux qui produisent pour nous. La relocalisation de notre industrie est donc une nécessité à la fois sociale, environnementale (elle devra appliquer les normes européennes et françaises) et climatique.

Nous devons préserver nos ressources naturelles comme l’eau, les minéraux, les terres ou la forêt. Nous devons d’urgence nous réconcilier avec la nature, sa biodiversité et ses milieux naturels, nous appuyer et nous inspirer des services écosystémiques qu’ils nous rendent. 

Territoires de Progrès, de par son ancrage territorial et son ambition sociale-progressiste, doit être en avant sur le front de l’écologie, laissant derrière lui le vieux monde et ses tergiversations. Nous souhaitons mettre en œuvre cette écologie populaire des solutions, bannissant l’idéologie au profit de l’efficience, sans parti prix et sans censure.

Pleinement conscient de la gravité de ce qu’annonce le rapport du GIEC, TdP porte, notamment à travers son groupe de travail Écologie Réformiste, l’ambition de respecter l’avenir de nos enfants. Nous devons agir, évoluer, changer. Cela ne sera possible que si nous le faisons ensemble. C’est à la fois le prix et la récompense d’une action efficace et le ferment d’un compromis social renouvelé et mobilisateur. 

– Par le Groupe de Travail “Ecologie réformiste” de Territoires de Progrès


Extraits de notre plateforme programmatique (septembre 2020)


Webinaire (mars 2021)

2 réponses
  1. PHILIPPE VIAS
    PHILIPPE VIAS dit :

    Bonjour
    C’est un bon début, j’ai moi même envoyé une contribution “vers une nouvelle sociale démocratie avec une écologie progressiste”.
    Car il faut aller plus loin c’est un véritable concept politique global que nous devons définir :
    Le défi du réchauffement climatique doit provoquer une nouvelle croissance à l’instar de ce qui s’est passé avec les 30 glorieuses. Une croissance forte, respectueuse de notre environnement avec une nécessité d’utiliser encore plus d’énergie au niveau mondial si on veut que les pays notamment l’Afrique se développent pour avoir un niveau de vie décent. Il faut pour ce faire utiliser de l’énergie décarbonnée y compris et surtout l’énergie nucléaire avec une perspective immense de positif, la fusion nucléaire. Cette croissance, les fruits doivent en être partagés, c’est donc bien vers une sociale démocratie ou il faut aller.

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