Revoyez notre #VisioTdP sur la santé, la prévention et la qualité de vie avec les Pr. Philippe Colombat, François Carré & Nathalie Latour, directrice générale de la Fédération de l’Addiction. Animation par Fabienne Mignot et Muriel Vergès-Caullet, déléguées régionales #TdP, respectivement en Bretagne et Bourgogne-Franche-Comté.





Si la France a développé un système de santé et de protection sociale très avancé, il convient d’admettre que celui-ci n’apparait plus comme tel ces dernières années. Déserts médicaux, fermeture des hôpitaux et des maternités de proximité, moyens des hôpitaux en personnel et en matériel, … sont des sujets qui reviennent trop fréquemment dans l’actualité. La santé fut d’ailleurs une question majeure du Grand Débat, suite au mouvement des “gilets jaunes”. Depuis plus d’un an maintenant, la crise sanitaire de la Covid-19 a révélé à tous les fragilités de notre système mais aussi sa capacité de réaction.

Au-delà des polémiques, cette dramatique crise sanitaire doit nous interpeller sur le rôle que nous pouvons avoir, et sur nos responsabilités en matière de santé, que nous soyons professionnels de santé, praticiens ou administratifs, mais aussi élus ou simples citoyens. 

A la veille des élections régionales, les différentes vagues de sondages OpinionWay pour les Echos, confirme que les Français mettent la “santé publique” au 4ème rang des enjeux des élections régionales (34%). 

Nous avons souhaité, avec ce webinaire et nos trois intervenants experts, explorer les questions de santé à travers les questions de la prévention :

  • Préserver sa qualité de vie au travail tout au long de sa vie (Pr Philippe Colombat) ;
  • Plus d’excuses, bougeons pour notre santé ! (Pr François Carré) ;
  • Prévention des addictions, présentation du programme “Unplugged” (Nathalie Latour).

Intervention du Pr Philippe Colombat, professeur en hématologie, Président de l’Association AQUAVIES :

Préserver sa qualité de vie au travail (QVT) tout au long de sa vie

La QVT est un « large champ (…), englobant (…) la santé physique de la personne, son état psychologique, son niveau d’indépendance, ses relations sociales, ses croyances personnelles et sa relation avec les spécificités de son environnement. » (OMS 1994)

La QVT est une perception donc elle est par nature très variable d’un individu à l’autre et très dépendante de facteurs personnels, d’une part et environnementaux , d’autre part.

Facteurs environnementaux de l’épuisement professionnel : type de travail, charge de travail, organisation du travail, relations interpersonnelles au sein de l’équipe, management . « La QVT dépend essentiellement du management de proximité »

Prévenir la souffrance au travail des soignants est essentiel car cela a un impact direct sur la qualité des soins et le relationnel avec les patients :

  • Prévention individuelle : « prendre soin de soi » (équilibre vie perso/vie pro)
  • Prévention collective : créer des espaces d’échanges et « travailler sur le travail réel »

« Manager en accord avec les valeurs défendues »

Impact positif, prouvé scientifiquement, de la Démarche Participativeâ sur :

  • la qualité de vie au travail
  • la satisfaction au travail
  • l’engagement au travail

Conclusion : La qualité de vie au travail doit être prise en compte car les retours positifs sont directs vers les équipes comme vers les patients.

  • En milieu de travail, tous les acteurs doivent être sensibilisés à la prévention de l’épuisement professionnel
  • Il est primordial de former les dirigeants et managers au management bienveillant

Ce qui a été présenté vers les soignants est facilement transposable dans des situations de travail diverses : collectivités, groupes d’élus mais aussi associations, animations de collectifs… Les politiques publiques doivent pouvoir inscrire cet objectif.

Intervention du Pr François Carré, professeur Émérite Université Rennes 1 INSERM U 1099

Plus d’excuse ! Bougeons pour notre santé !

L’activité physique se définit par tout mouvement lié à une contraction musculaire = BOUGER

Prévention primaire = activité physique à tout âge :

  • Prévient toute maladie chronique de 20-30%
  • Meilleure qualité de vie
  • Retarde la dépendance

Préventions secondaire et tertiaire = activité physique adaptée :

  • Thérapeutique non médicamenteuse validée HAS
  • Meilleure qualité de vie
  • Baisse complications et mortalité de 20 à 35 %
  • Baisse récidives cancers 30-50%
  • Pas d’effet secondaire
  • Bénéfices /cout positif (économie de santé de + de 300€/an/pers, étude 2015 Godwill Management)

« Il existe beaucoup plus de preuves des bénéfices de l’activité physique sur la santé que pour n’importe quel médicament »

« Le rapport coût/bénéfice de l’activité physique est toujours positif »

Conclusion : la sédentarité est une bombe à retardement pour nos jeunes (baisse de la capacité physique des collégiens de 25% entre 1971 et 2011). Bouger est indispensable.

  • A l’école, à la maison, au travail, à tout âge de la vie et quel que soit l’état de santé, l’activité physique doit reprendre sa place dans le quotidien de chacun
  • « Le mode de vie le plus dangereux est de rester trop assis et de bouger insuffisamment » Per-Olaf Ästrand, 1983.
  • La prévention par l’activité physique est une priorité de santé publique : elle concerne tous les secteurs, l’ensemble des élus doit s’en saisir.

Intervention de Mme Nathalie Latour, Déléguée générale de Fédération Addiction :

Présentation du programme de prévention Unplugged

Programme de prévention des conduites addictives en milieu scolaire, destiné aux adolescents de 11 à 14 ans (plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022). Il vise le développement des « Compétences Psychosociales » et met particulièrement l’accent sur l’alcool, le tabac, le cannabis et les écrans.

Pour réduire la consommation de substances psychoactives, retarder les 1ères expérimentations.

Structure du programme :

  • 12 séances d’une heure
  • Délivrées en classe en co-animation (enseignant volontaire+spécialiste)
  • Méthodes interactives (jeux de rôle, discussions et activités collectives…)

Résultats (https://www.santepubliquefrance.fr/docs/resultats-de-l-evaluation-du-programme-unplugged-dans-le-loiret ):

Les usages de SPA (substances psycho-actives), comme l’expérimentation des SPA, sont en baisse significative chez les élèves ayant bénéficié du programme Unplugged (en rouge) comparativement aux élèves n’en ayant pas bénéficié (en bleu), avec un impact supérieur chez les collégiens sur lesquels pèsent plusieurs facteurs de risque. 

Déploiement :

Le programme Unplugged permet de toucher chaque année 185 établissements, 412 classes ce qui représente 10 300 élèves.

Ex Bretagne, pour l’année 2020/2021 (1ere année de déploiement) : 8 structures – 15 professionnels formés – une soixantaine de membres de la communauté éducative formés

12 collèges – 30 classes (soit environ 900 élèves touchés cette année).  

Bourgogne France Comté

6 structures – 21 professionnels formés – une cinquantaine de membres de la communauté éducative formés –

12 collèges – 37 classes (soit environ 1165 élèves touchés)

Conclusion : le programme Unplugged, dont les effets préventifs sont prouvés auprès des 11-14 ans, doit retenir l’attention de l’ensemble de l’ensemble des élus mobilisés dans la lutte contre les addictions et la prévention. Son déploiement au sein de nos territoires doit être accéléré et pour cela, il faut revoir les circuits de conventionnement pour introduire une simplification. 

Alors que nous constatons de plus en plus de souffrances psychologiques chez les jeunes, accentuées dramatiquement avec la crise de la Covid19, tous les programmes qui peuvent permettre de mieux former des équipes d’accompagnants doivent être favorisés. C’est le cas de ce programme Unplugged mais aussi ceux qui peuvent permettre de mettre nos jeunes en situation de mobilité active car ils sont sources de renforcement de leurs compétences psychologiques.

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