L’égalité des chances doit être le second pilier de la défense de la République.

Au moment où s’engage sa discussion à l’Assemblée nationale, Territoires de Progrès renouvelle son soutien au projet de loi « confortant le respect des principes républicains  », avec, en mémoire, l’assassinat barbare de Samuel Paty et le massacre de centaines de nos concitoyens dans des lieux symbolisant la liberté d’expression et de conscience qui fonde notre démocratie.

Face à la menace djihadiste, il ne suffit plus d’exprimer des émotions publiques, d’enchainer les hommages et les décorations posthumes : la République est en état de légitime défense de ses citoyens et de ses principes.

Mais précisément parce que ce texte identifie et nomme la menace, on doit veiller à ce qu’il ne prête à aucun amalgame.  

C’est un texte de défense républicaine, qui signifie que la France ne renoncera jamais à son modèle de démocratie sociale, libre et laïque, issu de la grande Histoire de luttes politiques et sociales à portée universelle.

A ce titre, le Parlement doit veiller à ce que les dispositions du texte ne soient pas détournables de son objectif et des strictes nécessités de défense de la République et de ses valeurs.

La discussion de ce projet de loi doit aussi réaffirmer clairement que la France considère tous ses citoyens sur un pied d’égalité, quelle que soit leur confession. Le sentiment d’appartenance indissoluble à la Nation française transcende croyances et religions.

Cette loi est nécessaire pour colmater les lacunes de notre droit dans lesquelles s’engouffre aujourd’hui la stratégie de noyautage et d’appels aux meurtres de l’islamisme politique, mais elle doit s’accompagner par ailleurs de la mise en œuvre de la promesse républicaine de dignité et d’égalité des chances formulée par le Président de la République dans son discours des Mureaux le 2 octobre 2020 :

> Les obligations de mixité sociale des politiques de l’habitat doivent être renforcées et la politique de peuplement des collectivités locales évaluée et sanctionnée par un mécanisme de bonus malus des dotations de l’Etat ;

> Une attention forte doit être portée à la mixité sociale scolaire, sujet de ségrégation et de refus du vivre ensemble auquel nous devons nous attaquer avec des solutions innovantes ;

> La politique de dédoublement des classes doit être amplifiée et systématisée dans les quartiers et les territoires à handicap éducatif, et doit se poursuivre avec diligence dans le secondaire et les lycées ;

> Le tissu des centres sociaux, des associations sportives et culturelles, des clubs de prévention de la délinquance, des polices de proximité, doit être renforcé, coordonné et soutenu ;

> Des alternatives à la prison, à dessein d’entraide et de responsabilité citoyenne, doivent être mises en place pour certains actes de délinquance ;

> L’éducation populaire doit réinvestir les territoires fragiles et y proposer à la fois des activités de rattrapage scolaire et éducatif, de loisirs, de socialisation et de découverte avec l’objectif de promouvoir l’ouverture intellectuelle, professionnelle, culturelle et géographique des populations résidentes ;

> Les jeunes de 18 à 24 ans doivent pouvoir accéder à une aide financière, à un accompagnement individualisé de leurs projets, et profiter de mentorats exemplaires de réussites républicaines et d’émancipation des femmes. La pérennité de l’ambitieux plan “1 jeune, 1 solution” doit être envisagé.

Si les politiques de rénovation urbaine conduites par l’ANRU et les communes ont incontestablement contribué à améliorer le cadre de vie de nos quartiers d’habitat social, la promotion de l’égalité des chances doit s’y concrétiser par un réinvestissement éducatif et culturel massif, et devenir l’axe central d’une grande politique de ré-humanisation et de re-socialisation de nos territoires fragiles.

Territoires de Progrès en appelle notamment à revisiter et accélérer les dispositifs prometteurs tels que le mentorat, les cités éducatives, le soutien numérique… afin que la défense de l’idéal républicain repose sur ses deux piliers, celui du respect de l’autorité publique et celui de l’égalité des chances.

2 réponses
  1. Henry
    Henry dit :

    L’ascenseur social est une des chances principale de toute société pour aller de l’avant, et oser un monde meilleur en mobilisant au mieux tous les talents disponibles, où qu’ils soient, d’où qu’ils viennent.
    Le communautarisme, et son stade avancé, le séparatisme, proliferent sur toute faiblesse ou panne de l’ascenseur social, qui leur est totalement incompatible.
    La repression permet de diminuer les symptômes, mais ne soigne pas la maladie. Il faut aller à ses racines, à ses causes, pour guérir. Ça sera difficile, mais faire superficiellement aura des conséquences bien plus difficiles.
    Donc oui, ressortir le rapport Borloo (reactualisé, amelioré) est plus que raisonnable pour accompagner la loi de défense républicaine.

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