Samedi 19 septembre, le mouvement Territoires de Progrès tiendra sa réunion de rentrée à Paris en vue de son premier Congrès statutaire à la fin de l’année, si les conditions sanitaires le permettent.

Parrainé par deux ministres du gouvernement issus du Parti socialiste, Jean-Yves Le Drian et Olivier Dussopt, Territoires de Progrès vise à rassembler l’électorat de gauche et de centre gauche qui a largement contribué à l’élection d’Emmanuel Macron en 2017.

Si depuis lors, et en particulier depuis le tournant des manifestations contre la réforme des retraites, confirmé par les élections municipales, la gauche institutionnelle, ses partis et ses grands élus se sont cristallisés dans l’opposition au prix d’un verdissement réducteur et campent sur leurs positions en s’efforçant de «cornériser» le président de la République à droite, cette autre gauche sociale-démocrate et progressive n’a pas disparu.

Si elle aspire à se distinguer de LaREM et à revendiquer son identité, elle doit sa quasi-disparition des radars médiatiques à son inorganisation et à une loyauté excessivement silencieuse, au point que les tensions idéologiques internes à LaREM n’ont d’autre exutoire que de s’exprimer malencontreusement au sein de ses groupes parlementaires.

Pourtant cet électorat social-démocrate n’est pas plus séduit qu’hier par les perspectives de mariage des carpes et des lapins qui agitent actuellement la gauche entre un Parti socialiste réduit à ses positions locales et plus indécis que jamais sur sa ligne politique, des Insoumis populistes et communautaristes notoirement europhobes et des Verts français infiltrés par une extrême gauche sectaire adepte d’une décroissance expiatrice, annonciatrice de déclassement national et de drames sociaux.

C’est à cette gauche sociale-réformiste, porteuse d’une écologie réformiste plutôt que de rupture, libérée de ses tabous et de ses dénis idéologiques, héritière d’une culture de responsabilité et de gouvernement, que Territoires de Progrès veut offrir un port d’attache indépendant et distinct de LaREM.

L’enjeu n’est pas médiocre pour l’avenir de la gauche de gouvernement française et dépasse les positionnements tactiques ou opportunistes du moment.

Le président de la République semble avoir compris que sa fulgurante ascension politique de 2017 étayée par un parti unique composite, a épuisé ses charmes et qu’il lui faut envisager désormais de sceller des accords de coalition plus larges, sur la base d’un programme de gouvernement concerté.

Mais pour le moment, la coalition qu’il semble dessiner ressemble trop à une scissiparité à somme nulle des ailes droites de LaREM et à un dopage artificiel du Modem pour qu’elle ne s’expose pas à une hasardeuse déperdition d’un électorat de gauche originel, encore substantiel mais en mal de reconnaissance.

Pourtant les défis intérieurs et extérieurs à relever par le pays supposent plus que jamais un dépassement des postures et des radicalités factices entre républicains modérés de gauche et de droite dont les dernières alternances présidentielles ont suffisamment relevé les convergences gouvernementales sous le poids des contraintes.

Ce qui nous anime et nous préoccupe, c’est la crise profonde de la démocratie représentative. C’est l’audience croissante de nationalismes populistes adeptes de politiques de repli au moment où les enjeux économiques, sécuritaires, écologiques et par conséquent sociaux dépassent les frontières nationales. Ce sont les crispations identitaires, les communautarismes, les séparatismes et les corporatismes qui utilisent sans vergogne la puissance manipulatrice des réseaux sociaux et des émotions populaires, et menacent la cohésion nationale.

Au regard de ces évolutions délétères, les clivages politiques essentiels se déplacent sur la question cruciale de la pérennité de notre modèle de République démocratique et d’Etat de droit réformiste, fondés sur la liberté d’expression, la pensée rationnelle et les acquis des «Lumières ».

Ils appellent une alliance de toutes les bonnes volontés de gauche et de droite qui se retrouvent dans cet enjeu de société primordial plutôt que le retour de postures du siècle passé et d’anathèmes factices, sans impliquer pour autant la dilution et l’indistinction de leurs valeurs et aspirations fondamentales.

Ce que le Conseil National de la Résistance avait su construire entre gauche et droite après-guerre doit être possible aujourd’hui pour le bien du pays.

Territoires de Progrès considère que la gauche ne peut faire plus longtemps l’économie d’une introspection collective sur les causes de son naufrage de 2017 et d’une refondation de sa ligne politique au regard des formidables changements géopolitiques, technologiques, écologiques, sociétaux qui affectent nos sociétés contemporaines et leurs modes de vie.

C’est cette contribution politique et programmatique d’une gauche de convictions, qui veut privilégier l’adhésion à un projet sur les opportunismes tactiques, qui sera à l’ordre du jour de notre journée d’échanges du 19 septembre à travers les lignes politiques directrices que Territoires de Progrès rendra publiques dans la perspective de son Congrès constitutif. 

Par Gilles Savary, délégué général Territoires de Progrès | 16 septembre 2020

4 réponses
  1. Baldet Jacques
    Baldet Jacques dit :

    Magnifique déclaration de Gille Savary qui formule avec une grande intelligence politique dans un langage percutant les thèmes qui vont animé notre engagement national.

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    • Territoires de progrès
      Territoires de progrès dit :

      Bonjour, les inscriptions sont closes depuis plusieurs semaines. A suivre vers 14h en Facebook Live sur notre page ! Merci 🙂

      Répondre

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